Un pa­tron py­ro­mane met le feu à l’en­tre­prise de son concur­rent

Le Petit Journal - du Tarn-et-Garonne - - FAITS & GESTES -

Dans la nuit du sa­me­di 8 au di­manche 9 sep­tembre, un violent in­cen­die se dé­clare vers 4 h du ma­tin dans un en­tre­pôt d’au­ze­ville abri­tant deux en­tre­prises.

Le feu est fi­na­le­ment éteint grâce à la mo­bi­li­sa­tion d’une cin­quan­taine de pom­piers, 12 vé­hi­cules et 5 lances à eau. La piste cri­mi­nelle est im­mé­dia­te­ment en­vi­sa­gée par la bri­gade de Ville­franche-du-lau­ra­gais dé­pê­chée sur place.

Le bâ­ti­ment hé­ber­geait les deux en­tre­prises Bio­trade, spé­cia­li­sée dans les pro­duits et le ma­té­riel pour les sta­tions d’épu­ra­tion, et Bio­sen­tec qui fa­brique et com­mer­cia­lise des ré­ac­tifs et des au­to­mates d’ana­lyse pour l’agroa­li­men­taire, l’eau et le mé­di­cal. Des ha­bi­tants de Ra­mon­ville ra­content avoir été ré­veillés par les ex­plo­sions à plu­sieurs ki­lo­mètres du si­nistre. Fi­na­le­ment ce se­ra grâce à deux échelles au­to­ma­tiques, des lances à eau et une cin­quan­taine de pom­piers mo­bi­li­sés que le SDIS est par­ve­nu à éteindre l’in­cen­die. La struc­ture mé­tal­lique du bâ­ti­ment s’est fi­na­le­ment ef­fon­drée et les 1500 m2 de bâ­ti­ment sont en­tiè­re­ment dé­truits.

Quelques mi­nutes après le dé­but de l’in­cen­die, un in­di­vi­du de 64 ans est in­ter­pel­lé par les gen­darmes, alors qu’il s’ap­prête à re­mon­ter dans sa voi­ture aux plaques d’im­ma­tri­cu­la­tion ma­quillées. Il est im­mé­dia­te­ment pla­cé en garde à vue et une en­quête est ou­verte par le par­quet. Très ra­pi­de­ment, le sus­pect re­con­nait être l’au­teur de l’in­cen­die. Ju­gé en com­pa­ru­tion im­mé­diate ce mar­di 11 sep­tembre, Pa­trick P. avoue «Je suis tout à fait conscient de mes actes, je suis prêt à en as­su­mer les consé­quences, je re­grette pro­fon­dé­ment ce que j’ai fait, je ne pen­sais pas que mon acte en­gen­dre­rait ces dé­gâts». «Les dom­mages sont très lourds, entre 8 et 10 mil­lions d’eu­ros» es­time Jean-pierre Gra­sa, gé­rant de Bio­trade et Bio­sen­tec, les deux en­tre­prises si­nis­trées.

De fait les en­tre­prises ne sont pas seule­ment concur­rentes mais un li­tige com­mer­cial les op­pose. «J’ai conscience qu’une vie de tra­vail réus­sie va me ser­vir à in­dem­ni­ser le pré­ju­dice ma­té­riel» an­nonce le pré­ve­nu dans le box. En at­ten­dant son pro­cès qui de­vrait se dé­rou­ler le 10 oc­tobre, le chef d’en­tre­prise a été pla­cé en dé­ten­tion : son avo­cate an­nonce vou­loir faire ap­pel de cette dé­ci­sion. En­fin, Pa­trick P. de­vrait faire l’ob­jet d’une ex­per­tise psy­chia­trique.

L’en­quête en cours de­vrait éga­le­ment dé­ter­mi­ner com­ment il a réel­le­ment mis le feu: alors que l’en­tre­pre­neur nan­tais dit avoir uti­li­sé de l’al­cool à brû­ler, des sacs conte­nant de l’es­sence de té­ré­ben­thine ont été re­trou­vés sur place.

(© Sdis31/ga­briel Sfi­lio)

Deux en­tre­prises si­nis­trées, 26 sa­la­riés au chô­mage tech­nique

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