Drame fa­mi­lial à Ba­gnères de Bi­gorre

Grandes Af­faires Cri­mi­nelles par Maître Jean Fran­çois Four­cade dit Cou­dache

Le Petit Journal - L’hebdo des Hautes-Pyrénées - - Haut Adour - AMM

Bien qu’il eût dé­mon­tré que Jean-Ma­rie La­faille avait bien pré­mé­di­té son acte, l’ho­no­rable ma­gis­trat re­con­nais­sait im­pli­ci­te­ment que ce­lui-ci bé­né­fi­ciait de quelques cir­cons­tances at­té­nuantes puis­qu’il ne re­quer­rait pas contre lui la peine de mort. Le pré­sident don­nait alors la pa­role à Maître Rousse, l’avo­cat de Jean-Ma­rie La­faille. L’avo­cat ba­gné­rais, ha­bi­tuel­le­ment pa­tient et calme, avait ma­ni­fes­té, de­puis le dé­but du pro­cès, un cour­roux qu’il avait du mal à dis­si­mu­ler ; en cause, la cam­pagne de presse me­née contre son client, l’af­fi­chage sau­vage de tracts à Ba­gnères, les me­naces dont il avait été le des­ti­na­taire à la gare, ain­si que les ma­ni­fes­ta­tions bruyantes de l’au­di­toire qui avait pris fait et cause pour la mal­heu­reuse vic­time Ferdinand. Aus­si, avant d’abor­der les faits pro­pre­ment dits et d’ex­pli­quer les mo­tifs qui avaient pous­sé son client à com­mettre son crime, l’avo­cat dé­plo­ra, en termes émus, la mort de Ferdinand, mais, en même temps, il sup­plia le ju­ry de ne pas écou­ter les in­fluences ni les im­pul­sions ve­nues de l’ex­té­rieur, ni les ma­ni­fes­ta­tions de la foule et du pu­blic pré­sent dans la salle d’au­dience. « Vous n’écou­te­rez, dit-il, que votre conscience, et je vous ad­jure, je vous sup­plie de ju­ger cet homme qui est de­vant vous, en hommes de coeur, en hommes probes et libres, n’écou­tant, d’où qu’elles puissent ve­nir, ni la haine, ni la crainte » Il dé­pei­gnit en­suite son client comme un homme tra­vailleur, achar­né, cou­ra­geux, hon­nête, n’ayant ja­mais – quoi qu’on en dise – en­cou­ru le moindre re­proche pour quoi que ce soit. Il ajou­ta que l’ac­cu­sé avait vu ba­fouer et ri­di­cu­li­ser sa puis­sance pa­ter­nelle par un fils dont la conduite le frois­sait. « Il était l’ob­jet de me­naces conti­nuelles de la part de ce fils ré­vol­té. Aus­si a-t-il agi sous l’in­fluence d’une vo­lon­té su­pé­rieure à la sienne qui a ar­mé son bras.

Le Tri­bu­nal de Grande Ins­tance de Tarbes

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.