UNE MARCHE DE 540 KM !

Pa­trick Mau­rin re­çu par le mi­nistre...

Le Petit Journal - L'hebdo du Lot-et-Garonne - - LA UNE -

Pa­trick Mau­rin a quit­té Mar­mande le 23 sep­tembre. Il est par­ti avec sa canne, son ano­rak rouge et son blue jean… Il est par­ti pour ef­fec­tuer une longue marche de 540 km qui s’est ache­vée à Sainte-Anne d’Au­ray… Son but ?

Pa­trick Mau­rin a quit­té Mar­mande le 23 sep­tembre. Il est par­ti avec sa canne, son ano­rak rouge et son blue jean… Il est par­ti pour ef­fec­tuer une longue marche de 540 km qui s’est ache­vée à Sainte Anne d’Au­ray… Son but ? Al­ler au de­vant des agri­cul­teurs, dis­cu­ter avec eux , comprendre leurs pro­blèmes, ren­con­trer les fa­milles de ceux qui se sont sui­ci­dés… Pa­trick Mau­rin en­ten­dait par cette dé­marche faire prendre conscience aux gens que les agri­cul­teurs n’ont pas une vie facile et que cer­tains es­timent qu’il vaut mieux se sui­ci­der plu­tôt que de conti­nuer à vivre en se dé­bat­tant dans des pro­blèmes in­sur­mon­tables… Un agri­cul­teur se sui­cide tous les deux jours. Les 2/3 des agri­cul­teurs qui se sui­cident ont entre 45 et 65 ans.

LES MÉ­DIAS S’IN­TÉ­RESSENT À CETTE DÉ­MARCHE

Les mé­dias se sont faits l’écho de cette marche … Plus Pa­trick Mau­rin ar­ri­vait près de sa des­ti­na­tion, plus les mé­dias na­tio­naux s’in­té­res­saient à lui, lui de­man­daient de s’ex­pri­mer, de por­ter té­moi­gnage de ce qu’il avait dé­cou­vert tout au long de son pé­riple. Il est ren­tré à Mar­mande, mais il conti­nuait à don­ner des in­ter­views. La preuve : le 23 oc­tobre il doit être in­ter­viewé par Marc Oli­vier Fo­giel.

LA JOUR­NÉE DU 23 OC­TOBRE

Le mar­man­dais est dans le train. Il va à Pa­ris. Il doit pas­ser sur RTL, pre­mière ra­dio de France. Marc-Oli­vier Fo­giel veut l’in­ter­vie­wer en di­rect…. Le por­table sonne. Oli­vier Da­mai­sin, le dé­pu­té vil­le­neu­vois, lui de­mande ce qu’il fait, où il est. En ap­pre­nant que Pa­trick roule vers la ca­pi­tale, il lui pro­pose d’or­ga­ni­ser une ren­contre avec le nou­veau mi­nistre de l’agri­cul­ture Di­dier Guillaume. Le mar­man­dais est bien sûr d’ac­cord. Mais au fond de lui, il ne croit pas trop que cette ren­contre au­ra lieu… Moins de cinq mi­nutes après avoir rac­cro­ché, le té­lé­phone sonne à nou­veau, c’est le ca­bi­net du mi­nistre qui lui pro­pose de ve­nir rue de Va­rennes à 14 h….

Inu­tile de dire la sur­prise du lot-et-ga­ron­nais… Il ac­cepte bien sûr… Une fois qu’il a rac­cro­ché il va se po­ser le pro­blème sui­vant « Je ne suis pas ha­billé pour al­ler ren­con­trer un mi­nistre, que va-t-il pen­ser ? » C’est vrai. Pa­trick voyage en te­nue dé­con­trac­tée : blue jean, par­ka rouge… A 14 heures il ar­rive au mi­nis­tère. Il est re­çu par le mi­nistre pen­dant une de­mi-heure. « J’ai ren­con­tré un homme qui m’a écou­té avec beau­coup d’at­ten­tion, qui m’a po­sé de nom­breuses ques­tions. Il n’est pas agri­cul­teur, c’est vrai mais… dans sa fa­mille on en compte plu­sieurs gé­né­ra­tions. Le ren­dez-vous a été trop court. Je lui ai par­lé du sui­cide des pay­sans, de leur vie. J’es­père lui avoir ap­por­té des in­for­ma­tions utiles qui lui per­met­tront d’ai­der ces hommes qui n’ont plus le cou­rage d’exis­ter ! ».

Pa­trick Mau­rin dis­cute avec le mi­nistre Di­dier Guillaume

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