Crise agri­cole : Lorsque l’As­sem­blée Na­tio­nale re­jette les so­lu­tions du Sé­nat

3 sé­na­teurs, Unis pour agir

Le Petit Journal - L'hebdo du Pays Toulousain - - Département -

« Afin de faire face à la crise agri­cole, les Sé­na­teurs ont ap­por­té ra­pi­de­ment une ré­ponse concrète par la ré­dac­tion d’une Pro­po­si­tion de loi « en fa­veur de la com­pé­ti­ti­vi­té de l’agriculture et de la fi­lière agroalimentaire ». Celle-ci a mal­heu­reu­se­ment été re­je­tée par l’As­sem­blée Na­tio­nale ! Une at­ti­tude qui re­lève de l’in­com­pré­hen­sion ! En ef­fet, nous sa­vons tous que l’agriculture fran­çaise su­bit une crise in­édite qui touche l’en­semble des fi­lières : pro­duits lai­tiers, viande, cé­réales, vo­lailles… : 25000 ex­ploi­ta­tions agri­coles proches du dé­pôt de bi­lan, se­lon le mi­nis­tère de l’agriculture (près de 40.000 se­lon les syn­di­cats) ; 40% des ex­ploi­ta­tions por­cines en si­tua­tion très dif­fi­cile ; 80.000 em­plois di­rects et près de 900.000 em­plois in­di­rects me­na­cés ; -33 % pour les ex­ploi­ta­tions por­cines entre 2013 et 2014, -17 % pour les éle­vages bo­vins al­lai­tants. Face à cette si­tua­tion, avec nos col­lègues sé­na­teurs LR et UDI-UC, nous avons dé­po­sé une pro­po­si­tion de loi pour­sui­vant 3 ob­jec­tifs prin­ci­paux : amé­lio­rer la trans­pa­rence et le par­tage de la va­leur ajou­tée ; fa­ci­li­ter l’in­ves­tis­se­ment et la ges­tion des risques fi­nan­ciers ; al­lé­ger les charges et sim­pli­fier les normes. Conscients des dif- fi­cul­tés ren­con­trées par l’en­semble des fi­lières qui re­pré­sentent à ce jour 500.000 ex­ploi­ta­tions en France (contre 665.000 en 2000) et comptent 966.000 ac­tifs per­ma­nent s nous avons sou­hai­té ap­por­ter des ré­pon se s concrètes à des si­tua­tions de plus en plus pré­oc­cu­pantes et alar­mantes. Des mil­liers d’agri­cul­teurs, éle­veurs, pay­sans, mal­gré un tra­vail contrai­gnant, 7/7 jours, ne par­viennent plus à se dé­ga­ger un re­ve­nu pour vivre à mi­ni­ma. Ils ren­contrent tous d’im­por­tantes dif­fi­cul­tés de tré­so­re­rie. Les dé­pu­tés ont mal­heu­reu­se­ment choi­si de re­je­ter le texte de la Pro­po­si­tion de loi et ain­si de ne pas don­ner au monde agri­cole les moyens d’af­fron­ter cette si­tua­tion et de pro­po­ser des so­lu­tions du­rables. Nous ne pou­vons que le re­gret­ter ! Cette po­si­tion se fait au dé­tri­ment de notre agriculture qui de­meure, et doit le res­ter, un fleu­ron de notre éco­no­mie et la ga­rante de notre qua­li­té de vie. Au­jourd’hui il est né­ces­saire que le gou­ver­ne­ment prenne la me­sure des crises struc­tu­relles, conjonc­tu­relles et sa­ni­taires su­bies par notre agriculture. Au-de­là des me­sures tem­po­raires de baisse des charges, des plans d’ur­gences à ré­pé­ti­tion, qui ne sont en dé­fi­ni­tive que « cau­tères sur jambe de bois » de vé­ri­tables me­sures doivent être mises en oeuvre afin que la fi­lière agri­cole puisse vivre dé­cem­ment de son tra­vail et af­fronte du­ra­ble­ment la concur­rence mon­diale. Le gou­ver­ne­ment doit im­pé­ra­ti­ve­ment pe­ser dans les dé­ci­sions européennes et im­pul­ser le sau­ve­tage de notre agriculture. Il en va de sa sur­vie dans un monde en constante mu­ta­tion !» 3 sé­na­teurs, Unis pour agir : Alain Cha­tillon, Bri­gitte Mi­cou­leau et Pierre Mé­de­vielle

Blo­cage par les agri­cul­teurs du centre com­mer­cial Leclerc de Roques sur Ga­ronne le mer­cre­di 17 fé­vrier 2016

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