In­ter­view de Jean-Claude Cou­tausse, le Pho­to­graphe de l’Ely­sée

Fes­ti­val Pho­to­gra­phique au Mu­sée Paul Du­puy

Le Petit Journal - L'hebdo du Pays Toulousain - - Toulouse -

Ren­contre avec Jean-Claude Cou­tausse au Mu­sée Paul Du­puis, dans l’écrin du fes­ti­val pho­to­gra­phique.

Le Pe­tit Jour­nal. Com­ment fait-on pour vo­ler une pho­to lors­qu’il y a un mur de pa­pa­raz­zis de­vant vous ?

Jean-Claude Cou­tausse. Les Pa­pa­raz­zis on les voit peu, ils sont plu­tôt sur les ve­dettes de ci­né­ma ou les chan­teurs. Les col­lègues pho­to­graphes au­près des­quels je tra­vaille sont as­sez nom­breux. Il est vrai que par­fois on or­ga­nise des es­pèces de meutes qui ont l’air d’être des mê­lées. Il faut sa­voir que tout est co­di­fié. Tout le monde se res­pecte beau­coup.

LPJ. Quelle est votre meilleure pho­to ?

JCC. Je m’ap­plique sur­tout à faire les meilleures pho­tos pos­sible à chaque fois en fai­sant du pho­to­jour­na­lisme. On ne tra­vaille pas pour des concours pho­tos. J’es­saye d’écrire la po­li­tique au jour le jour et en ayant un re­gard juste, comme un jour­na­liste écrit ses ar­ticles. C’est-à-dire qu’ il est im­por­tant de gar­der un re­gard juste pour réus­sir la meilleure pho­to.

LPJ. Est-ce qu’on au­rait pas ten­dance à of­frir à “press-book” aux po­li­tiques? Ce­la doit être frus­trant de faire au­tant de belles pho­tos avec seule­ment une de pu­blié ?

JCC. Je suis les hommes po­li­tiques de­puis long­temps. Je ne leur dois rien. Sauf lors­qu’un po­li­tique me dit, “j’ai vu cette image dans Le Monde, est-ce que je peux vous l’ache­ter”. En gé­né­ral, j’ai tou­jours of­fert de bon coeur ces images, d’ailleurs c’est ce qui m’est ar­ri­vé avec le couple Va­lé­rie Trier­wei­ler et Fran­çois Hol­lande qui vou­lait se pro­cu­rer l’ image qui im­mor­ta­lise la vic­toire de Fran­çois Hol­lande à Tulle. Cette image est res­tée pen­dant long­temps sur la che­mi­née du Pré­sident.

LPJ. Quel est le com­pli­ment que vous ai­mez en­tendre lorsque vous avez réus­si une pho­to ?

JCC. Si on me dit, cette image est belle, ça me touche pas for­cé­ment. La beau­té des images c’est sim­ple­ment une écri­ture, une ma­nière d’ ap­pe­ler les lec­teurs pour qu’ils viennent re­gar­der l’image. La jus­tesse est quelque chose de per­son­nel. La pho­to­gra­phie de presse c’est sim­ple­ment le point de vue d’un au­teur.

LPJ. Quelles sont les re­cettes pour réus­sir une pho­to po­li­tique ?

JCC. (Rire) Tra­vailler pour un grand jour­nal. Avoir un bon car­net d’adresses, ce qui per­met de s’ap­pro­cher de plus en plus près des po­li­tiques. Le car­net d’adresses, ça per­met de se faire ai­der par les conseillers en com­mu­ni­ca­tion. Tra­vailler pour un grand jour­nal, pour que per­sonne ne puisse ve­nir vous mettre la pres­sion. On ne dis­cute ja­mais le tra­vail de pho­to­graphes qui tra­vaillent pour Li­bé­ra­tion, le Monde ou le Fi­ga­ro. Alors que les autres pho­to­graphes, ceux qui tra­vaillent pour des agences et qui doivent vendre leurs pho­tos, sur eux on peut mettre une pres­sion qui est as­sez in­con­for­table.

LPJ. Quelle est la bonne heure pour faire une bonne pho­to ?

JCC. Il y a sur­tout les oc­ca­sions, les op­por­tu­ni­tés, c’est aus­si ce genre d’op­por­tu­ni­tés que l’on court. Soit un ren­dez-vous avec un po­li­tique, soit un évè­ne­ment, soit le pas­sage d’un po­li­tique dans la cour de l’Ély­sée ou de Ma­ti­gnon. Il faut tou­jours être dis­po­nible.

LPJ. Faut-il se le­ver tôt le ma­tin ?

JCC. Pas for­cé­ment, sur­tout si l’on s’est cou­ché tard la veille. On peut ter­mi­ner des mee­tings très tard. On tra­vaille sur les pho­tos la nuit, les choi­sir et les trans­mettre à son jour­nal. Moi je tra­vaille pour un jour­nal du ma­tin, ça veut dire qu’il est mis en page le ma­tin.

LPJ. Quels sont vos ou­tils pré­fé­rés?

JCC. Je tra­vaille avec des Ca­non DX5D mac3. Je pré­fère les fo­cales fixes comme le 50 et le 35, en po­li­tique aus­si des longues fo­cales le 300 2.8 et le 70-200. Il faut l’ ou­til qui s’adapte à la si­tua­tion. Je ne suis pas un fé­ti­chiste de ma­té­riel au point d’être amou­reux de mes ca­mé­ras. C’est sim­ple­ment un ou­til qui per­met de trans­mettre les émo­tions que je res­sens et d’écrire quelques choses qui peut être le plus juste pour le lec­teur.

LPJ. C’est va­lo­ri­sant pour vous d’être l’in­vi­té du fes­ti­val MAP ?

JCC. C’est à la fois va­lo­ri­sant et sym­pa­thique. C’est une très belle ma­ni­fes­ta­tion. Je dé­couvre Tou­louse, c’est une ville ab­so­lu­ment mer­veilleuse et ma­gni­fique. Un grand mer­ci a Pierre Gar­rigues, Di­rec­teur du Fes­ti­val et à Ul­rich Le­beuf, Di­rec­teur ar­tis­tique du fes­ti­val.

Jean-Claude Cou­tausse, le Pho­to­graphe de l’Ely­sée

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