L’ar­ri­vée mas­sive des pla­tanes

Le Petit Journal - L'hebdo du Pays Toulousain - - DÉPARTEMENT -

Pour le ca­nal du Mi­di, la nou­veau­té, au cours du XIX° siècle fut sans au­cun doute la part de plus en plus im­por­tante des pla­tanes dans les re­boi­se­ments. Même si di­vers es­sais furent faits dès 1764 avec des pla­tanes d’Orient et d’Oc­ci­dent, ils n’avaient pas trop réus­si. En 1781 on ne comp­tait que 240 pla­tanes, tous à Tou­louse !

Après ces dé­buts dif­fi­ciles le pla­tane com­men­ça à don­ner de bons ré­sul­tats, for­mant des su­jets de belle ve­nue et four­nis­sant du bois de chauffe en quan­ti­té im­por­tante. Les 30 000 arbres furent dé­pas­sés dès 1817 et, en 1858, même si les ormes res­taient les plus nom­breux (25 %), les pla­tanes (18 %) de­van­çaient les frênes (14 %) et les peu­pliers (12 %). Les arbres, en­core jeunes (rares étaient alors ceux de plus de 50 ans) per­met­taient de conci­lier plan­ta­tions et cultures di­verses qui ne souf­fraient pas de leur ombre. A cer­tains en­droits où souf­flaient des vents vio­lents des cy­près furent plan­tés en haie pour pro­té­ger la na­vi­ga­tion. Comme quoi les plan­ta­tions étaient aus­si utiles aux ba­te­liers !

Du­rant les 40 ans de ges­tion de la Com­pa­gnie des che­mins de fer du Mi­di, ce mode de mise en va­leur des rives fut main­te­nu. Un exemple de l’im­por­tance de ces plan­ta­tions est don­né par une cir­cu­laire d’Ur­bain Mar­guès, in­gé­nieur en chef des ca­naux, le 11 fé­vrier 1865, de­man­dant qu’on ne coupe pas d’arbres sans son au­to­ri­sa­tion pour pro­té­ger « le plus bel or­ne­ment du ca­nal ». Mais la ma­la­die tou­cha les ormes (sco­lytes, che­nilles, gra­phiose) et ils furent rem­pla­cés prin­ci­pa­le­ment par des pla­tanes en rai­son de leur fa­ci­li­té d’adap­ta­tion, la pos­si­bi­li­té de faire ve­nir des plants par bou­tu­rage dans les pé­pi­nières du ca­nal et son faible coût de re­vient. Ce fut l’arbre fa­vo­ri des in­gé­nieurs pour le renouvellement des plan­ta­tions entre 1850 et 1885 lui don­nant le pre­mier rang à la fin du XIX° siècle. C’est d’ailleurs la même pé­riode qui vit se mul­ti­plier les pla­tanes non seule­ment le long des ca­naux mais tout au long des routes prin­ci­pales puis se­con­daires. Le pla­tane était à la mode, son règne al­lait com­men­cer au dé­but du XX° siècle !

Le long des routes aus­si, le pla­tane reste roi (ave­nue des pla­tanes à Gra­gnague)

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