Da­nielle a lu « Mille six cents ventres » de Luc LANG

Chro­nique lit­té­raire

Le Petit Journal - L'hebdo local de l'Aude - - LIMOUXIN ET HAUTE VALLÉE -

Da­nielle a lu « Mille six cents ventres » de Luc LANG (Edit. Le Grand livre du Mois)

Hen­ry est chef cui­si­nier à la pri­son de Stran­ge­ways. Au­tant dire qu’il en est le roi, tant sa place y est im­por­tante et son pou­voir sur l’état des boyaux des pri­son­niers presque illi­mi­té.

L’éla­bo­ra­tion de ses me­nus, le choix des ali­ments et des condi­ments, leur fraî­cheur, réelle ou re­la­tive, tout a une in­fluence non né­gli­geable sur la di­ges­tion, l’éli­mi­na­tion, l’humeur des « dam­nés », mais aus­si sur l’état de la plom­be­rie pro­pre­ment dite, et donc l’odeur am­biante.

Hen­ry joue à sa guise, et se­lon sa propre humeur, toutes sortes de par­ti­tions jus­qu’à pro­vo­quer l’émeute dont il est le seul à connaître la vé­ri­table ori­gine.

Quand l’émeute tourne à la ré­volte to­tale, le per­son­nel pé­ni­ten­tiaire est mis à l’abri, mais Hen­ry ha­bite une pe­tite mai­son avec vue im­pre­nable sur la pri­son. Il ob­serve les évé­ne­ments avec as­si­dui­té, à dis­tance. Il loue aux cu­rieux des chaises dans son jar­din fleuri. Il passe même à la té­lé. Sa pe­tite af­faire est fruc­tueuse. Hen­ry ju­bile…

Hen­ry est aus­si ac­cro aux femmes et elles le lui rendent bien. Les épouses se suc­cèdent. Les siennes et celles des autres. Beau­coup dis­pa­raissent su­bi­te­ment sans être ja­mais re­trou­vées, ni vi­vantes, ni mortes.

Hen­ry se sent tout-puis­sant dans la pri­son, dans sa rue, dans sa ville, voire au-de­là. Ce genre de sen­ti­ment le mè­ne­ra à sa perte.

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