L'heure juste

Le Petit Journal - L'hebdo local de l'Aude - - LE POINT FORT -

Ma grand mère, très à che­val sur l'exac­ti­tude, pro­fé­rait ré­gu­liè­re­ment : «Avant l'heure ce n'est pas l'heure. Après l'heure ce n'est plus l'heure. A l'heure c'est l'heure ! Ses cer­ti­tudes n'ont pas été ébran­lées car elle nous a quit­tés avant que le Pré­sident Gis­card d'es­taing dé­cide, en 1976, de dif­fé­ren­cier heure d'été et heure d'hi­ver pour éco­no­mi­ser l'éner­gie. Alors, deux fois par an, la plu­part d'entre nous se trouvent de­vant le casse-tête de sa­voir s'il faut avan­cer ou re­tar­der les pen­dules d'une heure. Et de se sou­ve­nir de la bonne se­maine.

Peut-être pour­rons nous bien­tôt nous épar­gner ces ques­tions, puisque les dé­pu­tés eu­ro­péens viennent d'adop­ter une ré­so­lu­tion pour mettre fin au chan­ge­ment d'heure. Le texte doit main­te­nant être sou­mis à la Com­mis­sion eu­ro­péenne et aux di­ri­geants des États membres. Cette pro­po­si­tion n'est pas pour au­tant va­li­dée et les ef­fets n'en se­ront pas im­mé­diats. Des études ont été réa­li­sées pour jus­ti­fier le bien­fon­dé de cette an­nu­la­tion. In­ter­ro­gés sur le bio­rythme hu­main, les ré­cents Prix No­bel de mé­de­cine notent que 20?% des per­sonnes connaî­traient des pro­blèmes de san­té «pour syn­chro­ni­ser» le chan­ge­ment d'heure, les en­fants et les per­sonnes âgées étant par­ti­cu­liè­re­ment concer­nés. En termes de sé­cu­ri­té rou­tière, le pas­sage à l'heure d'hi­ver au­rait aus­si un im­pact avec une hausse du nombre d'ac­ci­dents. D'autres rap­ports mé­di­caux sou­lignent un lien entre chan­ge­ment d'heure, consom­ma­tion de som­ni­fères et sui­cides. C'est pour cette rai­son, que la Rus­sie a aban­don­né le pas­sage à l'heure d'été en 2011. L'im­pact lié au chan­ge­ment d'heure se­rait plus né­faste qu'un dé­ca­lage ho­raire clas­sique ré­sul­tant d'un voyage entre plu­sieurs fu­seaux. En outre, le nombre d'in­farc­tus aug­men­te­rait de 5% la se­maine sui­vante. Les spé­cia­listes mettent éga­le­ment en garde contre le syn­drome de dé­pres­sion au­tom­nale, ob­ser­vé à cette pé­riode, ain­si que des troubles (som­meil, ap­pé­tit, in­fec­tion vi­rale) pou­vant af­fec­ter les pe­tits en­fants et les bé­bés. Pour le Dr Marc Sch­wob, «le chan­ge­ment d'heure est une aber­ra­tion».

D'autre part, nom­breux sont les ob­ser­va­teurs qui ont af­fir­mé que ces mo­di­fi­ca­tions bis­an­nuelles n'ap­por­taient au­cun bé­né­fice en ma­tière d'éco­no­mies d'éner­gie. Ne s'agis­sait-il pas d'une de ces ini­tia­tives à grand spec­tacle dont nos po­li­tiques ont le se­cret, pour nous faire croire qu'ils se pré­oc­cupent de notre bien-être et agissent dans notre in­té­rêt ?

2018 se­ra peut-être la der­nière an­née de ces chan­ge­ments. Ré­jouis­sons-nous en. Sans ou­blier, dans la nuit du sa­me­di 24 mars 2018 au di­manche 25 mars 2018, d'avan­cer nos hor­loges d'une heure et de les re­cu­ler d'au­tant dans la nuit du sa­me­di 27 oc­tobre 2018 au di­manche 28 oc­tobre 2018.

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