Cam­pe­ments sau­vages : « On fait quoi ? »

• Les maires se jugent dé­pour­vus face aux cam­pe­ments sau­vages sur leurs com­munes. Se­lon eux, la si­tua­tion peut même des­ser­vir les pro­jets de construc­tion d’aires de grand pas­sage.

Le Petit Journal - L'hebdo local de l'Aveyron - - LA UNE -

« On est fran­che­ment ex­cé­dé. » Pour ce maire la ré­cente ins­tal­la­tion, illé­gale, de gens du voyage sur un ter­rain de la com­mune est l’acte de trop. Une di­zaine de ca­ra­vanes a pris place sur un ter­rain dans la zone d’ac­ti­vi­té. « Ils viennent ré­gu­liè­re­ment ici donc on a dé­jà agi. L’agri­cul­teur avait dé­chau­mé (en par­tie dé­fri­ché ndlr) son ter­rain. La borne eau a été sup­pri­mée et ErDf ré­flé­chit à en­fouir la grille de ré­par­ti­tion sur la­quelle ils se branchent à chaque fois. Mais ça ne les dis­suade pas. » La com­mu­nau­té de com­munes est pour­tant en règle, avec son aire pro­vi­soire de grand pas­sage ins­tal­lée sur la com­mune. « ils m’ont dit qu’elle était pleine de pous­sière », pour­suit le maire.

Une de­mande d’ex­pul­sion est ra­pi­de­ment en­voyée à la pré­fec­ture : un ar­rê­té est va­li­dé par le pré­fet et les ca­ra­vanes pré­fèrent quit­ter le ter­rain deux jours plus tard… pour al­ler s’ins­tal­ler avec d’autres dans une com­mune voi­sine (ils ont de­puis été à nou­veau ex­pul­sés). « Cinq jours, c’est le mi­ni­mum pour ob­te­nir l’éva­cua­tion, pré­cise le maire. Mais je pense qu’il fau­drait une ex­pul­sion ma­nu mi­li­ta­ri dès que la col­lec­ti­vi­té est en règle avec la loi. Il ne s’agit pas de re­mettre en cause leur mode de vie mais, comme tout le monde, ils ont des droits et des de­voirs.» L’édile craint sur­tout de se re­trou­ver en porte-à-faux visà-vis de la po­pu­la­tion . «On m’a ap­pe­lé en me di-sant “vous ne faites rien, vous êtes in­ca­pables”. Alors qu’on fait tout ce qui est en notre pou­voir . Quand on me parle de l’uti­li­sa­tion de l’eau, de l’élec­tri­ci­té sur ces ins­tal­la­tions illé­gales, je n’ai rien à ré­pondre aux ha­bi­tants. » Dif­fi­cile aus­si, se­lon lui, d’ap­puyer le pro­jet d’aire de grand pas­sage dé­fi­ni­tive, exi­gée par la loi et pré­vue pour 2018. « Comment convaincre la po­pu­la­tion de la faire alors qu’ils s’ins­tallent à cô­té quand il y en a une pro­vi­soire, s’in­ter­roge-t-il. Ça donne des ar­gu­ments aux op­po­sants. On est dé­jà coin­cé entre la loi et une po­pu­la­tion qui est contre le pro­jet. Si on était plus sou­te­nu en cas d’oc­cu­pa­tion illé­gale, ce se­rait cer­tai­ne­ment plus fa­cile. »

Au-de­là des risques en­cou­rus et des dé­gâts ma­té­riels, c'est le pré­ju­dice 'es­thé­tique' que mettent en avant les ri­ve­rains et les col­lec­ti­vi­tés dans des zones sou­vent tou­ris­tiques.

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