Dé­prime

Le Petit Journal - L'hebdo local de l'Aveyron - - ACTUALITÉS -

À tous les âges de la vie, il y a des ac­ci­dents qui nous fra­gi­lisent et où la dé­pres­sion guette. Une ma­la­die grave, un deuil, une rup­ture. Mais il ar­rive que cer­tains états dé­pres­sifs s’ins­tallent à pe­tit bruit, sans rai­son ap­pa­rente. Avec deux pé­riodes cri­tiques, à la fois op­po­sées et proches. L’ado­les­cence et la fin de l’âge adulte. Deux époques où le corps se trans­forme et où on doit s’adap­ter avec plus ou moins de bon­heur. Notre re­gard change - et aus­si ce­lui des autres - sur nous­même. Et la ré­vé­la­tion peut être bru­tale et mal ac­cep­tée. Mon amie Ma­thilde en a fait la dou­lou­reuse ex­pé­rience. Res­pon­sable d’une as­so­cia­tion, elle ex­pé­die un vo­lu­mi­neux cour­rier plu­sieurs fois par se­maine et maî­trise par­fai­te­ment le fonc­tion­ne­ment pas tou­jours évident des au­to­mates pour l’af­fran­chis­se­ment. Au mo­ment où elle al­lait pro­cé­der comme d’ha­bi­tude, une toute jeune fille s’est pré­ci­pi­tée vers elle en criant : « Ma­mie, ma­mie. Je vais vous ai­der ». Comme elle ré­pon­dait qu’elle ne lui avait rien de­man­dé, l’autre a ré­pon­du: « Mais à votre âge !». «Je vous en sou­haite au­tant quand vous l’au­rez mon âge. Si vous y par­ve­nez !». Un autre ami, grand spor­tif et thé­ra­peute éclai­ré, s’est vu pro­po­ser une place as­sise dans le train par un jeune em­pres­sé. Lui non plus n’a pas ap­pré­cié et a ou­blié d’être po­li.

Par rap­port aux sui­cides chez les ado­les­cents ils sont cinq fois plus nom­breux entre soixante et soixante quinze ans et dix fois plus, après quatre vingt cinq ans.

Soit on ac­cepte cette évo­lu­tion na­tu­relle du phy­sio­lo­gique en pre­nant soin de sa san­té et de son hy­giène de vie pour ra­len­tir le pro­ces­sus et ra­jou­ter du temps au temps, soit on la re­fuse et c’est la fuite en avant avec des par­te­naires plus jeunes et des ac­ti­vi­tés épui­santes dont il fau­dra payer le prix.

Lorsque c’est un proche qui semble se ren­fer­mer sur lui et perdre le goût de ce qu’il ai­mait jusque-là, il faut de­ve­nir vi­gi­lant. L’en­cou­ra­ger à consul­ter, ex­pri­mer son in­quié­tude et le ras­su­rer sur notre at­ta­che­ment, ne pas don­ner de con­seils mais faire preuve d’in­dul­gence et d’écoute, par­ta­ger des bons mo­ments, se sou­ve­nir et ex­pli­quer qu’il s’agit d’une ma­la­die dont on gué­rit.

Ac­com­pa­gnant ou soi-même dé­pres­sif, on peut trou­ver de l’aide au­près d’as­so­cia­tions : www.so­sa­mi­tié.com, www.france-de­pres­sion.com. Et en cas d’ur­gence ap­pe­ler le 15 (ligne fixe) ou le 112 (por­table). Spé­ci­fique pour les agri­cul­teurs Agri’écoute, 24 heures sur 24, au 09 69 39 29 19.

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