Trop loin, manque d’herbe et d’ombre

Le Petit Journal - L'hebdo local de l'Aveyron - - ACTUALITÉS -

Des gens du voyage qui, avec leurs ca­ra­vanes, en­va­hissent des stades ou des parcs pu­blics, dans les grandes villes, dans les pe­tits vil­lages : c’est de­ve­nu un spec­tacle trop sou­vent à l’af­fiche. Ils ont pour­tant à leur dis­po­si­tion des aires d’ac­cueil of­fi­cielles. Mais les condi­tions d’ad­mis­sion «dé­cou­ragent » cer­tains no­mades, pas très en­chan­tés par les nom­breuses ré­gle­men­ta­tions af­fé­rentes.

Ain­si si on consulte le rè­gle­ment in­té­rieur d’une aire d’ac­cueil, on peut se faire une idée. Il y est pré­ci­sé que l’ac­cès n’est pas gra­tuit, que le ta­rif est de trois eu­ros la nui­tée par em­pla­ce­ment, aux­quels s’ajoute la consom­ma­tion réelle des fluides (eau et élec­tri­ci­té). Mais sur­tout, pour être ad­mis, il faut four­nir «un li­vret de cir­cu­la­tion en règle, la carte grise et l’as­su­rance du vé­hi­cule, une pièce d’iden­ti­té, une cau­tion de 100 eu­ros et une avance sur les nui­tées et les fluides de 35 eu­ros. »

Ce rè­gle­ment n’a rien d’ex­cep­tion- nel. Il est en vi­gueur dans toutes les aires d’ac­cueil.

De plus, ces aires de "grand pas­sage" amé­na­gées spé­cia­le­ment pour les gens du voyage ne suf­fisent pas. Ces aires sont dé­ser­tées, trop éloi­gnées et pas as­sez amé­na­gées en es­paces verts. Ils re­prochent aux mu­ni­ci­pa­li­tés d’avoir construit "des par­kings" et ré­clament de l’herbe sous leurs pieds pour faire jouer les en­fants pieds nus.

D’une ma­nière gé­né­rale, ils consi­dèrent que les aires d’ac­cueil sont, se­lon eux, trop éloi­gnées de la ville, pas as­sez om­bra­gées et dé­pour­vues d’herbe et pour cer­taines ils les consi­dèrent im­pra­ti­cables, boueuses et pous­sié­reuses.

D’autres dé­noncent des aires «ghet­to» : «On met les gens semble et dé­brouillez-vous !»

Une ques­tion se pose néan­moins : la plu­part du temps, ce sont les pe­tites com­munes qui sont ci­blées par les gens du voyage. Pour­quoi ? Parce que les com­munes de moins de 5000 ha­bi­tants n’ont au­cune obli­ga­tion lé­gale d’amé­na­ger une aire d’ac­cueil. Ils se trouvent ain­si dans une illé­ga­li­té toute re­la­tive puisque la com­mune n’a pas de so­lu­tion al­ter­na­tive à leur pro­po­ser.

Ils uti­lisent ain­si les pro­cé­dures ju­di­ciaires en choi­sis­sant de pré­fé­rence les com­mu­nau­tés de com­munes qui ne sont pas aux normes. Car là, seul le juge peut se pro­non­cer sur le ré­fé­ré dé­po­sé par les maires, et obli­ger les gens du voyage à par­tir. Ce­la prend un peu plus de temps.

Il se pose aus­si un der­nier pro­blème mais pas des moindre, ces aires sont par­fois sous di­men­sion­nées et ne peuvent pas ac­cueillir les mis­sions évan­gé­listes qui re­groupent sou­vent plus de 200 vé­hi­cules.

Les aires d’ac­cueil mises en place par les mai­ries ne sont pas prises d’as­saut

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.