Les start-up, gad­get ou vrai mo­dèle?

«On n’est pas des ma­chines», de Co­rinne An­drieu, coach pro­fes­sion­nelle

Le Petit Journal - L'hebdo local de l'Aveyron - - LE POINT FORT - AC12

Em­ma­nuel Ma­cron veut faire de la France une na­tion de start-ups, il a an­non­cé la créa­tion d’un fonds de 10 mil­liards d’eu­ros pour l’in­no­va­tion. Il a inau­gu­ré il y a quelques jours le plus grand in­cu­ba­teur de start up du monde, à Pa­ris.

Un jeune en­tre­pre­neur dans le vent ne crée pas une en­tre­prise : il lance une « start-up ». Nuance. L’es­prit du temps dis­tingue dé­sor­mais la tra­di­tion­nelle créa­tion d’en­tre­prise, celle qui re­lève de l’éco­no­mie clas­sique , et le lan­ce­ment d’une star­tup (en fran­çais « jeune pousse ») qui s’ins­crit, lui, dans le souffle de la ré­vo­lu­tion tech­no­lo­gique. En sub­sti­tuant un terme à l’autre, la rhé­to­rique ma­na­gé­riale op­pose à l’en­tre­prise d’hier celle qui inau­gure une re­la­tion ra­di­ca­le­ment nou­velle tant en­vers notre pas­sé que notre fu­tur.

Le rap­port au pas­sé tout d’abord. Dans l’ima­gi­naire, une start-up est fon­dée par des en­tre­pre­neurs jeunes et au­da­cieux dans le but de dé­ve­lop­per un pro­jet en rup­ture avec ce qui se fai­sait jusque-là. Elle se dé­ploie prin­ci­pa­le­ment par l’usage sys­té­ma­tique d’une tech­no­lo­gie no­va­trice : le nu­mé­rique .

Le sé­same d’une start-up

est la « dis­rup­tion », terme in­ven­té par le pu­bli­ci­taire Jean- Ma­rie Dru ( New : 15 ap­proches dis­rup­tives de l’ in

no­va­tion , Pear­son, 2016). Est « dis­rup­tive » une in­no­va­tion qui rompt avec la ma­nière de pro­duire – même quand c’est pour pro­duire la même chose. La ré­vo­lu­tion éco­no­mique est donc dans la ma­nière de faire.

De­vant as­so­cier des com­pé­tences rares et des tech­no­lo­gies maî­tri­sées par un pe­tit nombre d’ ex­perts pas­sion­nés, la gouvernance idéale d’une start-up est dé­con­trac­tée, peu hié­rar­chique, ou­verte sur le monde et fon­dée sans com­plexe sur l’in­té­rêt pri­vé de ceux qui contri­buent au lan­ce­ment des pro­jets . La loi Ma­cron de 2015 avait d’ailleurs al­lé­gé la fis­ca­li­té pour l’at­tri­bu­tion d’ac­tions aux sa­la­riés de ces jeunes en­tre­prises.

Le rap­port des start-up au fu­tur est tout aus­si in­édit. A la dif­fé­rence des en­tre­prises tra­di­tion­nelles, elles ne sont pas créées dans l’in­ten­tion de du­rer. Si cer­taines y par­viennent comme Fa­ce­book ou Google, beau­coup d’en­tre­pre­neurs rêvent de vendre leur start-up dès que se pré­sente une op­por­tu­ni­té de réa­li­ser...

les start-up, gad­get ou vrai mo­dèle ?

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.