Sa­crée Ma­thilde !

Le Petit Journal - L'hebdo local du Gers - - ACTUALITÉS -

Chaque se­maine Ma­thilde passe un mo­ment au­près de Si­mone. C’est la ma­man d’une amie dis­pa­rue trop tôt, il y a deux ans main­te­nant. Ma­thilde ap­pré­cie beau­coup les échanges avec cette femme éton­nante, à pré­sent seule au monde. Cette fois, Si­mone n’était pas en grande forme. Ce qui se com­prend car elle vient de vivre un nou­veau deuil. Voi­là, à peu près, ce qu’a été leur con­ver­sa­tion, comme nous l’a ra­con­tée Ma­thilde.

Si­mone : Est-ce que ça se pas­se­ra fa­ci­le­ment ou bien, au contraire, est-ce que ce se­ra dif­fi­cile ? Ma­thilde : De quoi par­lez-vous ? S : Eh ! De la mort, par­di ! M : Quelle mort ? S : La mienne ! M : Bon. Ce n’est pas pour tout de suite, si ? Je connais quel­qu’un qui, de­puis qua­rante ans, n’a ja­mais ces­sé de par­ler de sa mort. Il a pas­sé toutes ces an­nées à ne pen­ser qu’à ça et à trem­bler de peur. Estce que ça ne suf­fit pas d’y pen­ser juste avant que ça ar­rive ? Nous sa­vons tous que nous al­lons mou­rir. C’est peut-être la seule vé­ri­table éga­li­té entre nous tous. L’in­jus­tice c’est qu’il y en a qui souffrent énor­mé­ment et d’autres pas du tout. Il me semble qu’il vau­drait mieux mettre toutes ses af­faires en ordre et en­suite ne plus y pen­ser pour prendre le temps de vivre, sim­ple­ment. S : Et est-ce qu’il y a quelque chose après ou pas ? M : Peu im­porte. On le sau­ra le mo­ment ve­nu. Pour­quoi s’en sou­cier avant ? Moi, chaque se­maine je me fais plai­sir en vous ren­dant vi­site. Tant que nous sommes là toutes les deux, je m’at­tache à ne pas ra­ter notre ren­dez-vous. Par pur plai­sir égoïste. A chaque mo­ment il faut es­sayer de vivre une joie, un partage. Ne pas perdre son temps à se déses­pé­rer ou à être désa­gréable avec les autres. Les mé­chants, il faut les lais­ser et ne s’oc­cu­per que des autres. On est riche de ce qu’on donne. Pour moi l’ami­tié est le plus grand des trésors. Et ceux qu’on aime et qui partent de­viennent nos anges gar­diens. On sent par­fois leur pré­sence bien­veillante et ça aide à conti­nuer son che­min.

S : Je ne sais pas si vous avez rai­son mais j’ai en­vie de vous croire.

M : Faites donc !

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