Le col­lec­tif "Alerte thy­roïde" se mo­bi­lise !

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Le chan­ge­ment de for­mule d’un mé­di­ca­ment contre l’hy­po­thy­roï­die a dé­clen­ché la co­lère des uti­li­sa­teurs, qui lui re­prochent des ef­fets se­con­daires. Dans le Gers, une uti­li­sa­trice a son­né l’alarme, ré­cla­mant le re­tour à l’an­cien pro­duit. Isa­belle Paing prend du Lé­vo­thy­rox pour des pro­blèmes de thy­roïde de­puis 1998. Avec l’ar­ri­vée de la nou­velle for­mule de ce mé­di­ca­ment, au prin­temps 2017, elle com­mence à éprou­ver de mul­tiples pro­blèmes : épui­se­ment, prise de poids, pro­blème car­diaque… Entre mars et sep­tembre, son mé­de­cin tente d’ajus­ter le trai­te­ment sans suc­cès. Les ef­fets se­con­daires em­pirent. Mi-sep­tembre, c’est le ras-le-bol. «J’ai dé­po­sé plainte contre le la­bo­ra­toire Merck, pour mise en dan­ger d’au­trui par manque d’in­for­ma­tion et non-as­sis­tance à per­sonne en dan­ger, entre autres», ra­conte Isa­belle Paing, de­ve­nue la dé­lé­guée ger­soise du col­lec­tif “Alerte thy­roïde”créée par l’avo­cate ni­çoise Col­lin Chau­ley, el­le­même uti­li­sa­trice du Lé­vo­thy­rox. «Le la­bo­ra­toire Merck est en abus de po­si­tion do­mi­nante, il a main­te­nu l’an­cienne for­mule ailleurs en Eu­rope mais pas en France, les ma­lades fran­çais n’ont pas le choix. Se­lon moi, la for­mule est dans le do­maine pu­blic et le Mi­nis­tère de la San­té pour­rait en de­man­der la fa­bri­ca­tion par le la­bo­ra­toire pu­blic fran­çais!»

De nom­breux ma­lades se sont joints à sa plainte ini­tiale.

Comme Tho­mas, un Ger­sois né sans thy­roïde, et qui prend du Lé­vo­thy­rox de­puis 33 ans. «Au dé­but, j’ai pen­sé que les dou­leurs étaient dues au rug­by, mais quand la trêve es­ti­vale est ar­ri­vée, les dou­leurs ont per­sis­té…» Mi­graines atroces, ner­vo­si­té, fa­tigue in­tense. «Mon mé­de­cin m’a d’abord ri au nez, avant de fi­nir par contac­ter mon en­do­cri­no­logue. On a es­sayé d’autres mé­di­ca­ments, mais les do­sages sont trop com­pli­qués». Lui aus­si se sent floué. Mais il pour­suit son trai­te­ment, car l’ar­rê­ter au­rait de graves consé­quences.

Le Mi­nis­tère de la San­té a ten­té de cal­mer les es­prits.

Dans un mes­sage aux phar­ma­ciens, ce sa­me­di, l’Agence na­tio­nale de sé­cu­ri­té du mé­di­ca­ment (ANSM), an­non­çait que l’an­cienne for­mule du Lé­vo­thy­rox se­rait dis­po­nible de­puis ce lun­di 2 oc­tobre «sur pré­sen­ta­tion d’une or­don­nance pos­té­rieure au 14 sep­tembre» et men­tion­nant «spé­ci­fi­que­ment la spé­cia­li­té Eu­thy­rox», équi­va­lente à l’an­cienne for­mule du Lé­vo­thy­rox. Mais en quan­ti­tés li­mi­tées... Plus d’in­fos sur Aler­te­thy­roïde.fr ou au 05.62.64.32.30.

Isa­belle Paing, dé­lé­guée ger­soise du col­lec­tif “Alerte thy­roïde”

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