Re­tour sur l’ac­tion « Moi(s) je m’ins­talle en Oc­ci­ta­nie »

Le Petit Journal - L'hebdo local du Gers - - LE POINT FORT - AL

Jeu­di 28 sep­tembre , les res­pon­sables ins­tal­la­tion JA32 se sont re­trou­vés chez Be­noît Dupuy, jeune ins­tal­lé de­puis jan­vier 2017 à Bru­gnens en grandes cultures et ma­raî­chage bio en agro­fo­res­te­rie. L ’ob­jec­tif de ce por­trait de jeune agri­cul­teur ayant mis les pra­tiques agroé­co­lo­giques au coeur de son pro­jet d’ins­tal­la­tion est de mon­trer aux po­ten­tiels por­teurs de pro­jets en agri­cul­ture que l’agri­cul­ture est un sec­teur por­teur et en évo­lu­tion per­ma­nente. Ci-des­sous le por­tait d’une ins­tal­la­tion réus­sie qui montre que l’on peut s’ins­tal­ler en di­ver­si­fiant son sys­tème, en met­tant des pra­tiques agroé­co­lo­giques au coeur de son pro­jet et en sor­tant des sen­tiers bat­tus par ses pa­rents ! Be­noît nous ex­plique l’ori­gine de ses mo­ti­va­tions, de ses choix et com­ment s’est dé­rou­lé sa pre­mière an­née en tant qu’agri­cul­teur.

• Be­noît com­ment t’es ve­nu le pro­jet de d’ins­tal­ler en ma­raî­chage bio et en agro­fo­res­te­rie ? « J’ai tou­jours eu la vocation pour l’agri­cul­ture même si des profs ont par­fois ten­té de m’en dis­sua­der étant don­né que « j’avais des bonnes notes » ! J’ai fait un BEP puis BAC Pro et en­fin BTS ACSE, mes pa­rents sont cé­réa­liers et l’idée du ma­raî­chage m’est ve­nue il y a deux an en tom­bant sur une vi­déo qui par­lait de vie du sol no­tam­ment et j’ai eu en­vie de faire mes propres es­sais ! ».

• Tes pa­rents sont donc agriculteurs, en grandes cultures en conven­tion­nel : com­ment ont-ils ac­cueilli ton pro­jet ? « Plu­tôt bien ! Je conserve l’ac­ti­vi­té grandes cultures qui fait par­tie in­té­grante de mon pro­jet d’ins­tal­la­tion. Le ma­raî­chage est un ate­lier en plus qui me per­met un com­plé­ment de re­ve­nu. C’est vrai que les premiers temps quand mes pa­rents al­laient sur ma par­celle de ma­raî­chage - qui est un brin en­her­bée- ils étaient sep­tiques ! Ça va mieux main­te­nant qu’ils ont vu ma pro­duc­tion sur l’été ! ».

• En par­lant de ta pro­duc­tion tu peux m’en dire plus? «Ma par­celle de ma­raî­chage fait 1.5 hec­tare et est en bio de­puis 8 ans car elle ap­par­te­nait au voi­sin qui était conver­ti de­puis long­temps. J’y ai plan­té 700 arbres avec l’ap­pui de « Arbres et Pay­sages 32 ». J’ai été parmi les lau­réats d’un con­cours na­tio­nal ce qui m’a per­mis d’en fi­nan­cer une bonne par­tie. Les arbres au coeur de la par­celle sont des frui­tiers : pê­chers, ce­ri­siers, pom­miers etc.. Puis viennent les frênes et les saules et en­fin toute la par­celle est bor­dée par une haie coupe-vent. L’ob­jec­tif c’est vrai­ment de ra­me­ner de la bio­di­ver­si­té sur la par­celle et pour la vente des fruits on ver­ra plus tard ! En­suite pour ce 1er été j’ai plan­té 5000 pieds de cour­gettes de dif­fé­rentes variétés, 600 pieds d’aubergines et 400 pieds de to­mates avec quelques tests de sa­lades et de choux mais en plus pe­tites quan­ti­tés… et je m’ap­prête à mettre en place les oi­gnons. »

• Com­ment écoules-tu ta pro­duc­tion ? « Mon ob­jec­tif est vé­ri­ta­ble­ment la vente di­recte, j’ai pu pro­po­ser 11 pa­niers cette an­née via des connais­sances et des voi­sins en­suite je com­mer­cia­lise aux res­tau­rants, dans les Bio­coops et cer­taines grandes sur­faces du coin et à la co­opé­ra­tive Bio Pays Lan­dais qui achète une par­tie de ma pro­duc­tion en de­mi-gros. La de­mande est ex­po­nen­tielle et c’est une chance d’être dans ce cas de fi­gure ! Je vais aus­si sû­re­ment tra­vailler avec la pla­te­forme Ter­ra Al­ter à Mar­ciac qui col­lecte et com­mer­cia­lise des lé­gumes bio et lo­caux. J’ai aus­si une page fa­ce­book pour la com­mu­ni­ca­tion : Les Jar­dins de l’Au­roue.»

• Ques­tion re­ve­nu et temps de tra­vail, ça donne quoi ? «Mon ob­jec­tif pour le ma­raî­chage est à 500€/mois et j’y suis donc je suis content ! Cô­té temps de tra­vail je vais amé­lio­rer mon or­ga­ni­sa­tion pour ga­gner du temps, ce n’est que la pre­mière an­née de pro­duc­tion, c’était le test!».

• Re­ve­nons un peu en ar­rière : com­ment s’est pas­sé ton ins­tal­la­tion ? Tu as eu de gros in­ves­tis­se­ments ? «J’ai choi­si de m’ins­tal­ler avec le dis­po­si­tif Do­ta­tion Jeune Agriculteurs, la «DJA» car cette aide re­pré­sente une somme d’ar­gent consi­dé­rable qui m’a per­mis de mettre le pied à l’étrier. Mes prin­ci­paux in­ves­tis­se­ments ré­si­daient dans l’achat de la par­celle, du mo­to­cul­teur, du ma­té­riel d’ir­ri­ga­tion et des arbres… En plus de l’aide fi­nan­cière, l’ac­com­pa­gne­ment in­hé­rent à la DJA que j’ai réa­li­sé avec la Chambre d’Agri­cul­ture du Gers est une réelle ga­ran­tie du suc­cès de mon ins­tal­la­tion. Les conseillers pensent tou­jours à des ques­tions ou des sub­ti­li­tés aux­quelles on n’avait pas pen­sé, ils mettent sou­vent le doigt là où ça fait mal d’ailleurs, mais quand on se pré­sente de­vant les banques pour leur pré­sen­ter notre plan de fi­nan­ce­ment, le dos­sier est bé­ton et le ban­quier ras­su­ré !».

• Et la suite pour toi Be­noît? «Je veux conti­nuer de per­fec­tion­ner mon sys­tème et d’amé­lio­rer à la fois les ré­sul­tats tech­niques et l’as­pect en­vi­ron­ne­men­tal de ma pro­duc­tion. J’y ré­flé­chi aus­si pour les cé­réales. Je vais tes­ter des cou­verts avec des mé­teils, j’aime échan­ger et tes­ter de nou­velles tech­niques. L’agro­fo­res­te­rie, le ma­raî­chage en bio avec des tech­niques ins­pi­rées de la permaculture ça va plus loin que de simples pra­tiques c’est un peu une phi­lo­so­phie de vie… Je veux al­ler vers de l’au­to­no­mie, ne plus être dé­pen­dant des intrants no­tam­ment ! ».

Sur la pro­prié­té de Be­noît Dupuy à Bru­gnens.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.