Trois com­bats à me­ner

Le Petit Journal - L'hebdo local du Lot - - La Une - Marc Pru­gniaud

Les maires ont été in­vi­tés à adop­ter plu­sieurs me­sures pour la pro­tec­tion des ci­toyens dans le cadre de l’Etat d’ur­gence.

Les maires ont été in­vi­tés à adop­ter plu­sieurs me­sures pour la pro­tec­tion des ci­toyens dans le cadre de l’Etat d’ur­gence

Ca­the­rine Fer­rier Pré­fète du Lot a convié maires et grands élus à l’Es­pace Va­len­tré la se­maine der­nière « A la de­mande du Pré­sident de la Ré­pu­blique et du Mi­nistre de l’in­té­rieur pour leur par­ler des me­sures prises ici, et se­lon les me­naces… » qui pèsent sur la France in­for­mait-elle à la presse fraî­che­ment ren­trée de l’es­pace Va­len­tré. Etaient pré­sents Gé­rard Mi­quel sé­na­teur, le Co­lo­nel Pa­layer com­man­dant du Grou­pe­ment de Gen­dar­me­rie du Lot, la com­mis­saire de Po­lice Vé­ro­nique Ja­cob, le Co­lo­nel de la DMD Mr Za­vras, le Co­lo­nel des pom­piers Ber­nard Ta­chet des Combes, le DDT, la DDCSPP, l’ins­pec­teur d’aca­dé­mie Mr Le­cuivre, les Sous-Pré­fets…

« J’ai réuni les maires, sur de­mande du Pré­sident de la ré­pu­blique et du Mi­nistre de l’in­té­rieur pour leur par­ler des me­sures prises ici, se­lon les me­naces et pour ré­pondre à leurs ques­tions » a avan­cé la Pré­fète lors de sa ren­contre avec la presse. « Trois exi­gences d’ac­tions, (Trois com­bats) » concernent les élus « pour pro­té­ger nos conci­toyens, nos va­leurs et conti­nuer de vivre. Sur ces trois axes j’ai dit ce que nous fai­sions (l’Etat) et ce qu’ils doivent faire » pour­sui­vait Ca­the­rine Fer­rier.

La pro­tec­tion des ci­toyens et l’Etat d’ur­gence…

Les pré­fets peuvent li­mi­ter les dé­pla­ce­ments, or­don­ner des ré­qui­si­tions ad­mi­nis­tra­tives et si la loi est vo­tée, les Pré­fets pour­ront dis­soudre cer­taines as­so­cia­tions. « Outre les per­qui­si­tions on peut aus­si sai­sir des biens… Un pro­jet de loi sur le ré­gime d’as­si­gna­tion à ré­si­dence va être élar­gi. Ce ré­gime se­ra dé­ci­dé par le Mi- nistre de l’In­té­rieur et no­ti­fié par le Pré­fet. La per­qui­si­tion se fe­ra avec un OPJ et en­suite la pro­cé­dure ju­di­ciaire pour­sui­vra son cours. Il pour­ra être ré­per­to­rié sur in­for­ma­tique ce qui est sai­si dans le cadre d’une per­qui­si­tion « Nous sommes dans un cadre de mo­der­ni­sa­tion mais le ju­di­ciaire reste là » Ca­the­rine Fer­rier in­for­mait éga­le­ment : « J’ai an­nu­lé cer­tains ras­sem­ble­ments et j’ai in­for­mé les élus de la per­qui­si­tion ad­mi­nis­tra­tive que j’ai si­gné… je leur ai dit qu’il fal­lait pen­ser à ce qui nous ras­semble en pen­sant aux fon­da­men­taux. Dans la stra­té­gie de l’en­ne­mi, il y a la division sou­hai­té et le doute et les maires ont un rôle de dé­fense des va­leurs. Res­ter la France c’est aus­si conti­nuer d’ac­cueillir les ré­fu­giés. En­fin la France doit conti­nuer de vivre. On ré­pond à la ter­reur par le sang-froid et nous de­vons pour­suivre nos po­li­tiques d’em­plois, d’éco­no­mie etc… Les maires en sont ga­rants. On ne cède pas au doute en res­tant unis et forts en­semble » avan­çait Ca­the­rine Fer­rier. Lors de cette ren­contre, les consignes Vi­gi­pi­rate ont été rap­pe­lées. Un état-ma­jor de sécurité se réunit toutes les 48h. Il est co­pré­si­dé par la Pré­fète du Lot et le Pro­cu­reur pour, entre autres, éva­luer ou non le main­tien ou non de cer­taines ma­ni­fes­ta­tions. Une éva­lua­tion des risques dans le Lot se­ra fré­quente… A la ques­tion sur la dis­tri­bu­tion ou non d’armes aux po­lices mu­ni­ci­pales, la Pré­fète ré­pon­dait : « Le pa­tron de la po­lice mu­ni­ci­pale c’est le maire… au­cun ne m’a trans­mis cette de­mande ». Vis-àvis des cibles po­ten­tielles de DAESH dans le Lot, dé­jà en plan Vi­gi­pi­rate, les res­pon­sables de grandes sur­faces ont dé­jà pris des me­sures de sécurité. « La cible au­jourd’hui est DAESH qui re­crute dans nos dé­par­te­ments… Oui des lo­tois sont par­tis re­joindre l’ar­mée de DAESH… En Syrie ou en Bel­gique… Il faut être vi­gi­lant ici aux si­gnaux fa­vo­rables en­voyés par l’une ou l’autre per­sonne mi­li­tant en fa­veur de DAESH… Nous sommes une base de re­pli et lo­gis­tique po­ten­tielle. Ce qui peut être vi­sé dans le Lot est ce qui sym­bo­lise l’Etat, cer­taines en­tre­prises, … ou des sites sen­sibles ». Lors de cette ren­contre avec les élus, « Pour les ma­ni­fes­ta­tions dans les pe­tites com­munes : La vie conti­nue mais dès lors, il faut contac­ter la Gen­dar­me­rie ou la Po­lice… Les élus doivent ap­por­ter des pré­ci­sions sur Vi­gi­pi­rate (Contrôle des en­trées…) ». Lors de cette ren­contre à l’Es­pace Va­len­tré, les maires ont eu des mes­sages d’union et de ras­sem­ble­ment… La Mar­seillaise fut chan­tée. Les élec­tions ré­gio­nales sont main­te­nues.

Les fiches « S »

Après les at­ten­tats de Char­lie heb­do, la fiche S, qui ne ré­sume pas tous les pro­blèmes, n’est qu’une fiche de ren­sei­gne­ment… C’est un ou­til. De­puis juillet, les Pré­fets réunissent tous les ser­vices de sécurité. Lors des échanges entre ser­vices de l’Etat, les in­for­ma­tions sont to­ta­le­ment dé­cloi­son­nées. Lorsque les in­di­ca­teurs conver­geant sont éta­blis une fiche S est éta­blie, et par rap­pro­che­ment, la per­sonne est fi­chée…

Un mes­sage de dé­fense pour la paix avec en­ga­ge­ment

Com­ment une na­tion peut-elle se dé­fendre ef­fi­ca­ce­ment pour ob­te­nir la paix en des temps comme au­jourd’hui sans ses élus et des conci­toyens conscients de leur nou­vel en­vi­ron­ne­ment ? Avec des me­naces sans fron­tières, des pôles de puis­sances et d’in­fluences qui s’en­tre­choquent loin de nos com­pré­hen­sions, -de nos va­leurs-, par une vio­lence sans égal de­puis 70 ans sur nos terres, bom­bar­dés par les flashs mé­dia­tiques stres­sants, sans re­pères tra­di­tion­nels pour cer­tains, face au com­mu­nau­ta­rismes mon­tants pour d’autres, il nous faut tous nous re­plier vite vers les pi­liers fon­da­teurs de notre Na­tion sans tom­ber dans le na­tio­na­lisme. Le terme de paix au­jourd’hui nous im­pose une dé­fense plus que mi­li­taire car elle passe aus­si par l’en­ga­ge­ment de nous tous. Pour­sui­vons l’idée que notre so­cié­té as­pire au pro­grès et au dé­ve­lop­pe­ment par l’épa­nouis­se­ment de l’hu­main avec élan, car seul l’Etat ne suf­fit plus à rem­plir ces mis­sions. Que les élus pensent à l’ac­cès aux ri­chesses pour le plus grand nombre en nous liant même en pé­riode dif­fi­cile aux ac­tions d’un Etat qui doit re­de­ve­nir pro­vi­dence au seul point de ré­in­ven­ter une Na­tion apte à maî­tri­ser des fon­de­ments po­li­tiques, cultu­rels, re­li­gieux éco­no­miques au­jourd’hui bou­le­ver­sés. Après les at­taques contre Char­lie Heb­do, des mil­lions de Fran­çais ont dé­mon­tré leur es­prit de dé­fense par une flamme quelque peu af­fai­blie par tant d’an­nées de paix sur notre sol mais ra­vi­vée par l’ad­ver­si­té. Il faut au­jourd’hui qu’elle nous éclaire et rayonne fiè­re­ment par et pour un consen­sus ci­toyen ap­pré­hen­dant mieux notre monde et la com­plexi­té de ses en­jeux. Le meilleur mes­sage de dé­fense de la France ré­si­de­ra par la pro­mo­tion de nos va­leurs in­di­vi­duelles et leur mise en com­mun sans les­quelles notre so­cié­té ne peut faire pro­gres­ser la paix : Elles sont «Cou­rage, ré­si­lience, sens du bien com­mun, ca­pa­ci­té d’en­ga­ge­ment et to­lé­rance».

Un mes­sage de pro­tec­tion de nos va­leurs ré­pu­bli­caines a été lan­cé aux élus du Lot….

Les maires ont le de­voir de « ras­sem­bler et d’être les ga­rants de nos fon­da­men­taux », comme les ser­vi­teurs de l’Etat

Plus de 250 élus étaient pré­sents

La Pré­fète du Lot a rap­pe­lé les trois « exi­gences d’ac­tions » aux élus du Lot

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