Un nou­veau conte­nant pour l’éle­vage du vin

Bio­py­thos, une start­up li­mou­geaude a mis au point un oeuf et une jarre en cé­ra­mique

Le Populaire du Centre (Creuse) - - Les mercredis de l'economie - Anne-So­phie Pé­de­gert Twit­ter/Fa­ce­book : asp87000

La jeune en­tre­prise li­mou­geaude Bio­py­thos a fait évo­luer la jarre cé­ra­mique connue de­puis les Ro­mains pour fa­ci­li­ter l’éle­vage du vin, en créant des conte­nants en cé­ra­mique.

À25 ans, Mi­chaël Les­vigne se re­trouve à la tête d’une jeune en­tre­prise, un peu mal­gré lui. « Fin 2015, je ve­nais de ter­mi­ner mes études à l’ENSCI (*) à Li­moges, quand des “an­ciens” m’ont pro­po­sé de tra­vailler sur un pro­jet in­no­vant, ra­conte­t­il. Ils avaient en ef­fet ren­con­tré un com­mer­cial qui était à la re­cherche de conte­nant en cé­ra­mique pour l’éle­vage du vin en France. Le pro­jet m’a sé­duit. Je me suis lan­cé. »

Deux ans de re­cherche à l’in­cu­ba­teur

Pen­dant deux ans, hé­ber­gé par l’in­cu­ba­teur de l’AVRUL (Agence pour la Va­lo­ri­sa­tion de la Re­cherche Uni­ver­si­taire du Li­mou­sin) à Li­moges, le jeune homme va tra­vailler sur la mise au point tech­nique de ces conte­nants en cé­ra­mique. L’idée ? Créer un pro­duit com­plé­men­taire aux fûts de chêne et aux cuves in­ox, tra­di­tion­nel­le­ment uti­li­sés par les vi­ti­cul­teurs. « Il existe aus­si des pro­duits en terre cuite, es­sen­tiel­le­ment fa­bri­qués en Ita­lie, mais de fa­çon très ar­ti­sa­nale, sou­ligne Mi­chaël Les­vigne. Es­thé­ti­que­ment, c’est très jo­li, mais tech­ni­que­ment, c’est li­mi­té. Il y a no­tam­ment des pro­blé­ma­tiques de casse et de fis­sures. Ré­sul­tat : les ca­dences de fa­bri­ca­tion sont faibles et la de­mande gran­dis­sante ne peut pas être sa­tis­faite. Avec nos conte­nants en cé­ra­mique, nous pour­rons pro­po­ser une fa­bri­ca­tion se­mi­in­dus­trielle, ce qui per­met­tra de ré­soudre ces pro­blèmes et de faire bais­ser les coûts. »

Mise au point des pro­to­types ter­mi­née

Après deux ans de dé­ve­lop­pe­ment, deux sortes de pro­duits ont été mises au point. Un “oeuf” en cé­ra­mique, (un mètre de hau­teur, 700 cm de dia­mètre, 225 litres) et une jarre, plus grande d’une conte­nance de 500 litres. Les pro­to­types ont été réa­li­sés à Li­moges, par l’en­tre­prise Por­ce­laine Pierre Ar­quié. « Nous avions des contraintes fortes, ex­plique Mi­chaël Les­vigne. Il fal­lait que ces conte­nants pré­servent la neu­tra­li­té gus­ta­tive. Le conte­nant de­vait aus­si pré­sen­ter une lé­gère po­ro­ si­té qui per­mette une oxy­gé­na­tion lente mais ré­gu­lière du vin. L’ob­jec­tif étant de mettre en avant le cé­page, le ter­roir et le sa­voir­faire du vi­ti­cul­teur. L’as­pect de­si­gn était aus­si im­por­tant. L’idée, c’est pro­po­ser une al­ter­na­tive aux vi­ti­cul­teurs, pour qu’ils se di­ver­si­fient et in­novent, dans le cadre, par exemple du dé­ve­lop­pe­ment de l’oe­no­tou­risme. » D’ici la fin de l’an­née, Mi­chaël Les­vigne va pro­cé­der aux der­niers tests au­près de quelques vi­ti­cul­teurs. C’est en­suite l’en­tre­prise qui fa­bri­que­ra les conte­nants.

Une pro­duc­tion lo­cale

Pour ce­la, Bio­py­thos va s’ins­tal­ler à Bon­nac­la­Cote, en Haute­Vienne, dans des lo­caux « grands et en bon état ». « Nous fe­rons tout de A à Z, as­sure le jeune pa­tron. Les ma­chines vont ar­ri­ver. Nous avons ache­té des cuves et des pompes d’oc­ca­sion et des sé­choirs et des fours neuf. Nous al­lons em­bau­cher une per­sonne pour com­men­cer, pour la fa­bri­ca­tion. L’ob­jec­tif est de mon­ter en puis­sance pro­gres­si­ve­ment. Nous sommes par­tis sur une base de 80 pièces ven­dues sur la pre­mière an­née, en 2018. »

Un mar­ché ou­vert L’en­tre­prise va com­men­cer par se dé­ve­lop­per sur le mar­ché fran­çais, qui est le pre­mier mar­ché mon­dial, et sur toutes les sortes de vins. En at­ten­dant, Mi­chaël Les­vigne va pour­suivre ses tra­vaux de R& D pour di­ver­si­fier la gamme de ses pro­duits en tailles, formes et ma­tières dif­fé­rentes. Ob­jec­tif : s’im­plan­ter sur d’autres mar­chés, comme les spi­ri­tueux (Co­gnac…), la bière ou en­core les huiles.

(*) ENSCI : École Na­tio­nale Su­pé­rieure de Cé­ra­mique In­dus­trielle.

PHO­TO THO­MAS JOUHANNAUD

MI­CHAËL LES­VIGNE. Son en­tre­prise, Bio­py­thos a mis au point une jarre en cé­ra­mique de 500 litres.

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