Ci­né­phi­lie creu­soise à ta­rif très po­pu­laire

Le Populaire du Centre (Creuse) - - La Une - Vir­gi­nie Mayet vir­gi­nie.mayet@cen­tr­te­france.com

D’après la der­nière étude du Centre na­tio­nal du ci­né­ma, la Creuse est l’un des dé­par­te­ments où le ti­cket de ci­né­ma est le moins cher. Les Creu­sois res­tent at­ta­chés à leurs pe­tits ci­né­mas de proxi­mi­té comme ce­lui d’Evaux où l’on peut boire un verre.

Avec 5,15 € en moyenne la place de ci­né­ma en 2016, la Creuse est l’un des dé­par­te­ments les moins chers de l’Hexa­gone. Ch­ris­tophe Bré­chard, di­rec­teur du ci­né­ma de Gué­ret nous livre son ana­lyse. Comment ex­pli­quez-vous que la Creuse soit aus­si bien pla­cée ? Il faut re­la­ti­vi­ser cette moyenne dans le sens où cer­tains gros groupes, en ag­glo­mé­ra­tion, pra­tiquent des ta­rifs très bas avec des sortes d’abon­ne­ments. Dans les ci­né­mas as­so­cia­tifs comme le nôtre, de proxi­mi­té, on pri­vi­lé­gie un ta­rif as­sez bas toute l’an­née plu­tôt qu’une carte illi­mi­tée. C’est le choix de la ro­ta­tion du pu­blic. De toute fa­çon quand on re­garde tous les chiffres on voit bien que quand on glisse vers la ru­ra­li­té, les ta­rifs baissent. Ils sont en adé­qua­tion avec nos modes de vie. Ce choix semble ef­fi­cace puisque vos chiffres sont bons ? Oui nous avons pro­gres­sé en 2016 et ce se­ra en­core mieux pour 2017. Nous n’avons pas tou­ché nos ta­rifs de­puis cinq ans. On ne gagne pas beau­coup d’ar­gent mais en même temps ce n’est pas le but car nous sommes une pe­tite struc­ture as­so­cia­tive. De même on a fait le choix de main­te­nir le ta­rif ré­duit qui avait été ins­tau­ré pour les ado­les­cents de moins de 14 ans à 4 € car je crois que ce­la fa­ci­lite l’ac­cès. Les Creu­sois se­raient très friands de films fran­çais, et qui plus est de co­mé­die. Ce genre ar­rive aus­si en tête dans l’en­quête que vous avez réa­li­sée au­près de votre pu­blic. Pour­quoi se­lon vous ? De­puis la crise, et 2008, on note que le ci­né­ma est une va­leur de re­pli. De re­fuge. C’était éga­le­ment le cas lors de crises plus an­ciennes, comme dans les an­nées 1970. Il s’agit à la fois d’un acte so­cial et cultu­rel. En ef­fet, au­de­là de l’acte cultu­rel, sor­tir est un acte de so­cia­bi­li­sa­tion. La co­mé­die est en plus l’oc­ca­sion de se dé­tendre en fa­mille, de se prendre une pause de deux heures. Un autre fac­teur peut en­trer en ligne de compte : même s’il existe une offre al­ter­na­tive et cultu­relle en Creuse, elle peut être moins com­plète ici sur­tout dans le do­maine du di­ver­tis­se­ment. N’y a-t-il pas plus de co­mé­dies éga­le­ment ? Si, aus­si. L’offre est plus im­por­tante de­puis 7,8 ans. Ce qui ne veut pas for­cé­ment dire qu’elle est de qua­li­té. L’écri­ture du ci­né­ma est en baisse en gé­né­ral. Tou­jours es­til que le ci­né­ma ne s’est ja­mais aus­si bien por­té mais la mor­pho­lo­gie des en­trées a chan­gé. On n’a plus beau­coup de salles pleines à part avec des films comme les Ch’tis ou In­tou­chable mais plu­tôt une fré­quen­ta­tion constante qui a ten­dance à aug­men­ter. Qu’est-ce qui a le mieux mar­ché au Sé­né­chal ? Les car­tons : la co­mé­die fran­çaise et le jeune pu­blic. En pre­mière po­si­tion on a : Moi, moche et méchant, avec qua­si à éga­li­té Raide dingue. Puis Fast and Fu­rious en troi­sième po­si­tion. Nous avons éga­le­ment un pu­blic pour les films d’art et es­sais, moins nom­breux mais fi­dèle.

PHOTO : BRU­NO BARLIER

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