« Il y avait une de­mande pour un fes­ti­val de ci­né­ma en Creuse »

Le Populaire du Centre (Creuse) - - Le fait du Jour -

An­nie Miller, di­rec­trice ar­tis­tique et co­fon­da­trice avec son ma­ri Claude Miller du fes­ti­val Ci­né des villes, Ci­né des champs, re­vient sur leur choix de la Creuse et évoque le fes­ti­val à ve­nir.

Pour­quoi avoir choi­si un ci­né­ma ru­ral pour créer votre fes­ti­val ?

Parce que nous avons adop­té la Creuse il y a qua­rante ans et le fait est qu’il y avait une de­mande. Il y avait un manque d’ani­ma­tions au­tour du ci­né­ma. Nous avons com­men­cé par un ate­lier d’écri­ture avec des pro­jec­tions de films en pa­ral­lèle et les spec­ta­teurs sont ve­nus nom­breux. Le fes­ti­val s’est im­po­sé na­tu­rel­le­ment.

Comment ex­pli­quez-vous le suc­cès de votre fes­ti­val et l’at­trait des Creu­sois pour le ci­né­ma ?

Le ci­né­ma est un art po­pu­laire. On voit que les gens aiment sor­tir et Bour­ga­neuf est le plus beau ci­né­ma que je connaisse. C’est quand même un châ­teau mé­dié­val ! Je suis cer­taine que Claude se­rait heu­reux de sa­voir que le ci­né­ma porte son nom. Je pense qu’il faut ap­por­ter aux gens des choses riches. Des films qui en­ri­chissent. Je crois que les gens sont plus exigeants que ce que l’on croit. Il ne faut pas pen­ser à leur place.

Quel est votre ob­jec­tif avec ce fes­ti­val et l’as­so­cia­tion La­vaud Sou­branne ?

De­puis le dé­part, le but est l’échange et la trans­mis­sion de sa­voir­faire. Il faut mon­trer aux jeunes, que même dans une ré­gion ru­rale, si on a la pas­sion, on peut faire du ci­né­ma. C’est ce que l’on fait lors de nos in­ter­ven­tions avec des tech­ni­ciens au­dio­vi­suels en mi­lieu sco­laire. À ce pro­pos, les élèves de la sec­tion Segpa du col­lège de Bour­ga­neuf pré­sen­te­ront ven­dre­di une scène de l’Avare re­vue, cor­ri­gée et réa­li­sée.

Avez-vous un coup de coeur à nous pré­sen­ter ?

Il n’y a pas de thèmes, juste des amou­reux du ci­né­ma. Je ne fais ve­nir que des gens pas­sion­nés. Et je n’ai eu que des coups de coeur. Le film de Van Leeuw, Une fa­mille sy­rienne, va sans doute faire po­lé­mique car il montre des choses as­sez dures à re­gar­der mais c’est le parti pris du réalisateur. Et je crois que le ci­né­ma doit aus­si mon­trer la réa­li­té, y com­pris nos dé­fauts.

IN­TER­VIEW. An­nie Miller. PHOTO D’AR­CHIVES

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