La dé­rive bud­gé­taire n’en fi­nit pas de se payer

Jeu­di soir, réunion de ren­trée du con­seil com­mu­nau­taire à Saint­Marc­à­Fron­gier

Le Populaire du Centre (Creuse) - - La Une - P Sé­ve­rine Per­rier

Si le pire a été évi­té, le mieux n’est pas en­core pour de­main : la Com-com doit faire des choix. Parce qu’elle n’a plus le choix jus­te­ment. Parce que les pots cas­sés ne sont pas en­core tous payés. as sûr que si tous les contri­buables de Creuse Grand Sud, pour ne pas dire tous les ha­bi­tants, avaient as­sis­té au con­seil com­mu­nau­taire jeu­di soir, ils en se­raient res­sor­tis pleins de confiance en l’ave­nir. Les len­de­mains qui chantent, c’est pas pour de­main. Le col­lec­tif des contri­buables (*) le sa­vait dé­jà, tous les ha­bi­tants vont le voir au quo­ti­dien. Les pots cas­sés sont loin d’être tous payés, les sa­cri­fices, tout le monde de­vra en faire et même si l’ombre de l’ex­pré­sident plane en­core ­ nom­mé­ment au fil du con­seil ou en fi­li­grane dans tous les es­prits ­ c’est à la nou­velle équipe de re­dres­ser la barre. « On peut en­core avoir des sur­prises ? » « Oui » À la barre de cette tra­ver­sée qui s’an­nonce longue et mo­rose, un ca­pi­taine à la confiance re­nou­ve­lée (lire par ailleurs). Mais les marges de ma­noeuvre sont res­treintes. Qua­si in­exis­tantes. « Je fais un bou­lot de chien de­puis un an, a lan­cé Jean­Luc Léger. Je veux bien conti­nuer mais pas à n’im­porte quelle condi­tion. On n’a pas fait tout le tra­vail et j’ai ma part de res­pon­sa­bi­li­té. J’ai peut­être pour­sui­vi un peu trop long­temps la chi­mère de l’avance rem­bour­sable. Au­jourd’hui, il faut al­ler au fond des choses : une Com­com, ce n’est pas à la carte. Vous avez fait le choix en juillet de ne pas re­ver­ser tout le FPIC à la Com­com. C’est un choix que je re­grette mais c’est la dé­mo­cra­tie. On ne veut pas non plus aug­men­ter les im­pôts. Du coup, se pose le pro­blème des dé­penses. Il fau­dra les di­mi­nuer en­core plus. Al­ler en­core plus loin dans nos choix, des choix né­ces­sai­re­ment dou­lou­ reux ». Oui, l’iceberg a été évi­té de jus­tesse mais la Com­com n’a pas en­core sor­ti la tête de l’eau. Non, « tous les restes à réa­li­ser ne sont pas payés à ce jour. Au­jourd’hui, on n’est pas en ca­pa­ci­té de payer toutes les dé­penses. Et peut­être al­lons­nous en­core dé­ga­ger un dé­fi­cit mais on sait où on en est », a ex­pli­qué l’agent en charge de faire le point sur la si­tua­tion fi­nan­cière. « On peut en­core avoir des sur­prises ? » s’est in­quié­té De­nis Priou­ret. « Oui, a ré­pon­du Jean­Luc Léger. On a éclu­sé les fac­tures 2016 mais cer­taines ar­rivent en­core. On a fait du che­min mais il en reste en­core ». Un che­min for­cé­ment se­mé de sa­cri­fices. Passe en­core sur la vente des bi­joux de fa­mille (gares de Fel­le­tin et d’Au­bus­son, ap­par­te­ment, ferme de La­chaud, bâ­ti­ment de la Pe­tite vi­tesse…) aux­quels pas grand monde n’est at­ta­ché. Ça passe moins bien quand il s’agit de tailler dans ce qui fait bien sou­vent la vie d’une pe­tite com­mune : les as­so­cia­tions. Qui de­vront, elles, se ser­rer sa­cré­ment la cein­ture cô­té sub­ven­tions.

« Des choix à faire »

Mais « il y a des choix à faire » quand on n’a plus le choix jus­te­ment. En at­ten­dant de cou­ler des jours plus tran­quilles ? Car le ca­pi­taine veut voir au long cours. Cap d’abord sur mars pro­chain pour « pré­sen­ter un bud­get le plus sin­cère pos­sible ». Puis sur la mise en route d’un « vrai pro­jet de ter­ri­toire. Qu’on n’ait plus seule­ment la lor­gnette fi­nan­cière en tête. Qu’est­ce qu’on veut pour ce ter­ri­toire ? Bien sûr, c’est la crise mais on a une obli­ga­tion vis­àvis des ha­bi­tants : celle d’avoir un pro­jet com­mun. »

(*) Pré­sents lors de la séance de jeu­di, ils ont dis­tri­bué un tract à tous les élus, ré­ca­pi­tu­lant leur réunion de la se­maine der­nière. Ils ont éga­le­ment bran­di quelques pancartes : « Pas ques­tion de payer l’ad­di­tion », « Non à l’ex­plo­sion de nos im­pôts lo­caux »…

PHO­TOS MA­THIEU TIJERAS

POTS CAS­SÉS. Dans le pu­blic, des ha­bi­tants ont fait sa­voir qu’ils ne vou­laient pas payer les dé­rives bud­gé­taires de la com­mu­nau­té de com­munes.

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