Le fit-ping : nou­velle com­bi­nai­son spor­tive pas que pour les filles

Faire du Fit­ping, une ac­ti­vi­té pro­po­sée par les AEL Gué­ret tennis de table

Le Populaire du Centre (Creuse) - - La Une -

Im­pro­bable mé­lange de fit­ness et de tennis de table, le fit-ping a l’ob­jec­tif af­fi­ché de sé­duire la gent fé­mi­nine qui vou­drait faire du fit­ness ou du ping-pong, sans rou­tine ni com­pé­ti­tion.

EJu­lie Ho Hoa n en­ten­dant « fit­ping » on a d’abord de­man­dé de ré­pé­ter et puis on a sou­ri en cher­chant ce que pou­vait ca­cher cette mys­té­rieuse contrac­tion. Il de­vait y avoir un peu de fit­ness et un peu de ping­pong là­des­sous. Tout juste ! « Le fit­ping, c’est sur­tout lu­dique, c’est faire des exer­cices de fit­ness sans s’en rendre compte, en mu­sique, avec une ra­quette et une balle de tennis de table », ré­sume Jean­Marc Es­calle, pré­sident des AEL Gué­ret tennis de table.

Un mé­lange de fit­ness et de ping-pong

Ini­tiée par la Fé­dé­ra­tion fran­çaise de tennis de table, la dis­ci­pline a fait son ap­pa­ri­tion en Creuse l’an der­nier. Son ob­jec­tif : « At­ti­rer un pu­blic fé­mi­nin dans nos salles », ex­plique JeanMarc Es­calle. Au­tour de la table, le tennis de table ras­semble seule­ment 20 % de femmes au na­tio­nal, avec le fit­ping, on grimpe à 25 % en Creuse. « On a com­men­cé l’an­née der­nière pour tes­ter. On a eu sept ins­crites et on a vou­lu re­com­men­cer cette an­née pour re­don­ner un peu de dy­na­misme au club », ex­plique le pré­sident. Pas be­soin d’avoir le re­vers de Ka­li­ni­kos Krean­ga, pas be­soin, même, de sa­voir ma­nier une ra­quette, pas de com­pé­ti­tion, on ne compte pas les points, on compte plu­tôt les fous rires et les ca­lo­ries brû­lées ! An­gé­lique Bus­son­nais et Be­noît Bris­saud, édu­ca­teurs spor­tifs Ufo­lep, as­surent le cours qui com­mence, na­tu­rel­le­ment, par un échauf­fe­ment. On a pous­sé les tables et en cercle, sur Rol­ling in the deep d’Adèle, on s’échauffe. Bras sur les cô­tés, bras en haut, en bas, on en­chaîne les po­si­tions de squats, de fentes et d’éti­re­ments et pe­tit à pe­tit, on fait ac­cé­lé­rer le coeur. « On tire bien sur la jambe, on tire sur le bras », ra­quette à la main. An­gé­lique montre l’exemple et jette un coup d’oeil sur le po­si­tion­ne­ment de cha­cun. « On va faire comme si on jouait un coup droit, on monte bien der­rière. » Nous voi­là en­suite des­cen­dant sur la cuisse, « on em­mène la ra­quette der­rière, comme si on jouait un re­vers ». Les muscles com­mencent à chauf­fer. « On va jouer la balle en bas main­te­nant. » Pour l’ins­tant, pas de balle mi­nus­cule après la­quelle cou­rir, on maî­trise en­core. Une fois bien échauf­fés de haut en bas et de droite à gauche, les choses plus sé­rieuses com­mencent… au­tour de la table. C’est par­ti pour le car­dio. On s’es­saie au ta­lon­fesse en ren­voyant la balle, au pas chas­sé jambes flé­chies en en­chaî­nant un re­vers et deux rebonds… « En fait, on ne se rend pas compte qu’on fait du car­dio, ex­plique An­gé­lique. Ce qui est bien dans le fit­ping, c’est qu’on fait un peu de tout : on fait au­tant de co­or­di­na­tion que d’équi­libre, au­tant de jeu que de fit­ness, on es­saie de faire tra­vailler tout, tou­jours de ma­nière lu­dique et en al­ter­nant. Par­fois on com­mence sur la table, d’autres fois sans la table, avec juste la ra­quette, il nous est ar­ri­vé d’uti­li­ser des chaises, un bal­lon de swiss­ball… C’est aus­si ce qui plait, rien n’est fer­mé, ni fi­gé. » Au­tour des tables fleu­rissent les cer­ceaux et les mi­ni­haies, on pressent la mon­tée en in­ten­si­té. Mon­tée de ge­noux, en avant, à re­cu­lons, échange de balle, on saute, on court ; on flé­ chit, on re­com­mence avec le pal­pi­tant qui dé­colle. « On pense à ré­cu­pé­rer, on souffle bien quand on est à la table », rap­pelle Brice. Le pré­sident des AEL nous avait pré­ve­nus : « Ça en­tre­tient tout du doigt de pied au che­veu, c’est très com­plet ». On confirme ! À cô­té de nous, Ch­ris­telle est sé­duite : « Je cher­chais à faire du fit­ness et j’ai en­ten­du par­ler du fit­ping au fo­rum des as­so­cia­tions à Gué­ret. Je me suis dit pour­quoi pas es­sayer et ça me plaît. Je pen­sais que c’était beau­coup plus axé sur le ping­pong, on en fait un peu mais c’est un très bon com­pro­mis. » Élise aus­si, pour qui c’est la pre­mière séance, a dit oui à cet im­pro­bable ma­riage du squat et du re­vers. Entre deux exer­cices, le temps de re­prendre son souffle, elle avoue que « c’est su­per­spor­tif, je suis sur­prise, c’est in­tense, c’est vrai­ment un mix in­té­res­sant ! ».

Tra­vailler souffle, muscles et co­or­di­na­tion

Un mé­lange sur­pre­nant qui se ré­vèle très com­plé­men­taire : « En fit­ness, on trans­pire un peu, en ping­pong, on bouge quand même un peu mais c’est moins fa­ti­gant, sou­rit notre édu­ca­teur spor­tif. Dans le fit­ping, il y a tout ce que l’on de­mande dans le tennis de table et dans le fit­ness. » Et comme tout est à in­ven­ter dans ces nou­velles dis­ci­plines qui ont l’am­bi­tion de faire faire du sport au­tre­ment, An­gé­lique et Be­noît s’en sont don­né à coeur joie. « On pense nos rou­tines à deux et on a fa­bri­qué notre fit­ping à nous, ex­plique Be­noît. On a vou­lu éva­cuer le cô­té tech­nique du tennis de table, on mixe le phy­sique, la pré­ci­sion, la co­or­di­na­tion et toutes les se­maines, on change un peu. » Pour l’ins­tant, les dames ont été les plus aven­tu­rières pour se frot­ter à la dis­ci­pline, « mais les mes­sieurs en au­raient bien be­soin », rap­pelle An­gé­lique.

« Ça en­tre­tient tout du doigt de pied au che­veu, c’est très com­plet »

PHO­TOS BRU­NO BARLIER

IN­TENSE. An­gé­lique Bus­son­nais (en haut à gauche) a construit ses rou­tines en mixant mou­ve­ments de fit­ness et mou­ve­ments de tennis de table : de quoi faire du car­dio sans même vous en rendre compte.

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