Hen­ry Stoltz ne lâche pas le mi­cro mais quitte l’an­tenne

L’ani­ma­teur Hen­ry Stoltz quit­te­ra l’an­tenne de France Bleu Creuse à la fin du mois de dé­cembre

Le Populaire du Centre (Creuse) - - La Une - Séverine Per­rier

Il a com­men­cé sa car­rière der­rière le mi­cro de Ra­dio la Creuse. Il la ter­mine der­rière ce­lui de France Bleu Creuse. Mais pour ses au­di­teurs, il est et se­ra tou­jours Ri­ton.

Il va quit­ter l’an­tenne à la fin du mois de dé­cembre mais sa voix, elle, ne va pas battre en re­traite : Hen­ry Stoltz, que les au­di­teurs ap­pellent Ri­ton, a com­men­cé sa car­rière à Ra­dio la Creuse. Il l’achève à France Bleu Creuse. Entre­temps, et même avant et en­core après, il a don­né de la voix der­rière bien d’autres mi­cros. « À 14 ans, j’ai dit que je vou­lais être ani­ma­teur ra­dio ou chan­teur. Et j’ai tou­jours fait les deux. » Une vo­ca­tion qui ne tombe pas du ciel : « À l’école pri­maire dé­jà, je fai­sais par­tie de la cho­rale. Mais sur­tout, ado, j’étais bran­ché sur les ra­dios an­glaises où je pou­vais écou­ter toutes les nou­veau­tés avant qu’elles ar­rivent en France. »

« La musique m’a tou­jours rat­tra­pé »

À 65 ans, Hen­ry a un de­mi­siècle de ra­dio sur son CV. « J’ai com­men­cé très jeune sur des ra­dios pi­rates en Ita­lie. J’ai été pro­gram­ma­teur à Sud Ra­dio, je fai­sais les tour­nées d’été. J’ai fait aus­si quelques ra­dios pri­vées, de l’ani­ma­tion dans les su­per­mar­chés. » En 1983, il est à Nice. Prêt à bos­ser sur Ra­dio Nice Côte d’Azur… sauf que fi­na­le­ment on lui pré­fé­re­ra une voix fé­mi­nine. « Mais un des gars m’a dit : “Je crois qu’en Creuse, ils cherchent du monde. Ils ont mon­té Ra­dio la Creuse l’an der­nier.” J’avais de la fa­mille en Auvergne alors je suis ve­nu. » Der­rière le mi­cro de la sta­tion lo­cale, c’est sa voix d’ani­ma­teur qu’il met en avant. Mais la voix du chan­teur ne se met pas pour au­tant en sour­dine. « Quand je suis ar­ri­vé ici, j’ai bien vou­lu mettre mes chan­sons entre pa­ren­thèses mais très vite on a créé Les Wis­ti­ti avec d’autres ani­ma­teurs : il y avait Ch­ris­telle, ma chef d’équipe. La musique m’a tou­jours rat­tra­pé. » Cô­té ra­dio, l’ani­ma­teur s’en donne aus­si à coeur joie. « C’était une autre époque. J’ai com­men­cé à faire des in­ter­views. J’ai fait La course au sac, c’était un peu La chasse au tré­sor ver­sion creu­soise. Quelques an­nées plus tard, j’ai fait Le Défi .À l’époque, j’ai fait aus­si Oh l’amour, avec des pe­tites nou­velles, des pe­tites in­fos co­quines, des lettres d’amour de l’his­toire de France, des in­ter­views de ve­dettes, des mi­cros­trot­toirs. On était des in­ter­mit­tents du spec­tacle : à chaque changement de grilles, on nous de­man­dait des idées mais on pou­vait aus­si être vi­ré du jour au len­de­main. » En 1990, il re­joint l’an­ tenne cler­mon­toise. Une autre belle époque pour le ro­ckeur fan de sports qui dé­couvre alors l’ac­cor­déon. « Tous les di­manches soirs, je re­ce­vais Phi­lippe Saint­An­dré avec l’équipe de l’ASM à la ra­dio. Quand j’étais à Cler­mont, j’ai com­men­cé aus­si à com­po­ser des chan­sons pour les ac­cor­déo­nistes. En 1995, j’ai eu le prix Se­gu­rel pour la chan­son Le tilleul de mon vil­lage. Sport et ac­cor­déon : les deux ma­melles de l’Auvergne. Au­tant dire que j’étais le pape là­bas ! ».

« On est connu mais comme un voi­sin »

Le pape, il l’est aus­si chaque an­née au fes­ti­val de l’ac­cor­déon de Tulle, ces fa­meuses Nuits de Nacre qui lui ont per­mis de « ren­con­trer et d’in­ter­vie­wer les plus grands ». Pas de quoi ce­pen­dant lui don­ner la grosse tête. À son re­tour sur l’an­tenne creu­soise en 2000, il est tou­jours « Ri­ton » pour ses au­di­teurs. Les grilles ont chan­gé. Mon­sieur VSD (parce qu’il tra­vaille sou­vent le week­end) s’in­té­resse au­jourd’hui à l’en­vi­ron­ne­ment. « Je fais tou­jours des sor­ties comme la fête de la ci­trouille, le mar­ché de Noël à Cha­brières… Je vais tou­jours à la ren­contre des gens. C’est ce qui me plaît le plus. Pour faire ce mé­tier, il faut ai­mer les gens. » Tous les gens : d’ailleurs, il a le même plai­sir à in­ter­vie­wer ceux qui sont aus­si ses au­di­teurs, qu’il en a eu à in­ter­vie­wer « Joe Das­sin et Céline Dion à ses dé­buts ». « On n’est pas des stars ici, on est des co­pains. On est connu mais comme un voi­sin. » Un voi­sin qui se­ra tou­jours dans le coin. « Après Noël, je pars en va­cances et j’en­chaîne sur la re­traite. Mais j’ai ma mai­son en Creuse. » Et un mi­cro de chan­teur qu’il n’est pas près de lâ­cher.

BRU­NO BARLIER

VOIX. Après plus de trente ans de ra­dio, Hen­ry quitte le mi­cro d’ani­ma­teur. Mais conti­nue­ra à don­ner de la voix der­rière le mi­cro de chan­teur.

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