Un ate­lier pour ap­prendre le bon­heur

Florence La­ri­vière a ou­vert son ate­lier de pé­da­go­gie po­si­tive dans la Grande rue à Guéret

Le Populaire du Centre (Creuse) - - La Une - Séverine Per­rier

Non, le bon­heur n’est pas tou­jours simple comme un coup de fil. Mais si vous pous­sez la porte de l’ate­lier de Florence La­ri­vière, vous pour­riez bien avoir le Dé­clic.

Elle a en­sei­gné les maths mais sa ma­tière pré­fé­rée, c’est bien le bon­heur. Le sien, sans doute, ce­lui des autres, d’abord. Florence La­ri­vière semble être née avec le sou­rire ac­cro­ché aux lèvres. Pas feint, le sou­rire. Vrai. Elle a en­sei­gné les maths aux pe­tits comme aux grands, entre Gre­ta et col­lège, ly­cée et re­Gre­ta. A bien failli perdre son sou­rire dans les cou­loirs de l’Éducation na­tio­nale pas vrai­ment faite pour elle. Le sys­tème, c’est pas son truc : « L’élève doit tou­jours de­vi­ner ce que le prof at­tend. Moi, je veux juste ai­der l’élève à an­ti­ci­per ce que chaque pro­fes­seur peut at­tendre dans sa ma­tière. » Mais pas ques­tion pour au­tant de rac­cro­cher sa vo­ca­tion en même temps que le ta­blier : ap­prendre, ça s’ap­prend. Ap­prendre, c’est sans doute ce qui lui donne le sou­rire. Alors ap­prendre à ap­prendre…

« Un truc à faire en de­hors du sys­tème »

C’est au col­lège de Bour­ga­neuf où elle est as­sis­tante pé­da­go­gique pen­dant trois ans qu’elle a le dé­clic : « Je fai­sais de l’aide aux de­voirs pour toutes les classes. Et je me suis dit qu’il y avait vrai­ment un truc à faire en de­hors du sys­tème. » Un pre­mier dé­clic qui la conduit d’abord à la Fa­brique à bon­heur – ça ne s’in­vente pas – à Pa­ris où elle se forme à la pé­da­go­gie po­si­tive pour se créer son Dé­clic à elle, le nom de l’ate­lier qu’elle ouvre dé­but oc­tobre à Guéret. « Mon ac­ti­vi­té s’ar­ti­cule au­tour de deux axes : de la pé­da­go­gie po­si­tive pour ap­prendre à s’or­ga­ni­ser et de l’en­traî­ne­ment cé­ré­bral par les jeux et les ac­ti­vi­tés de loi­sirs. » (Lire par ailleurs). Du­rant les va­cances de Tous­ saint, elle a or­ga­ni­sé un pre­mier stage réunis­sant des per­sonnes aux pro­fils très dif­fé­rents. « J’ai uti­li­sé le mind map­ping : un ou­til gra­phique qui per­met d’or­ga­ni­ser ses idées, de les clas­ser, de les struc­tu­rer pour avoir une vue d’en­semble très claire sur le su­jet qui nous pré­oc­cupe. Il y avait par exemple une ma­man qui avait un pro­jet pro­fes­sion­nel à mettre en place, une jeune étu­diante en li­cence qui coin­çait sur un cours… » À grands ren­forts, de des­sins, de mots – pas de phrases – et de cou­leurs, en as­so­ciant ré­flexion et plai­sir, tout s’éclair­cit, se struc­ture. « En don­nant le plus d’ou­ver­tures pos­sibles pour que cha­cun trouve ses propres ou­tils, trouve le truc qui marche pour lui. Parce qu’on n’a pas tous les mêmes in­tel­li­gences. »

« Elle a ga­gné en as­su­rance, elle est plus à l’aise »

Éline peut en té­moi­gner. Cette jeune élève de 3e connaît Florence de­puis plu­sieurs an­nées. Ce soir­là, dans le pe­tit ate­lier Dé­clic, c’est théo­rème de Py­tha­gore et ré­ci­proque de Tha­lès au me­nu. Presque sans pro­blème. « Ça fait long­temps qu’on se connaît, sou­rit Florence. Quand Éline est ar­ri­vée en 6e, elle était un peu per­due. Ses pa­rents m’ont de­man­dé de l’aide. Je l’ai ac­com­pa­gnée pour les maths et un peu pour toutes les ma­tières d’ailleurs. Il fal­lait qu’elle soit un peu mieux or­ga­ni­sée dans son tra­vail. Au dé­but, elle avait be­soin de moi toutes les se­maines. Au­jourd’hui, c’est dif­fé­rent : elle a en­core un peu be­soin en maths mais elle a ga­gné en as­su­rance, elle est plus à l’aise. »

PHOTO MA­THIEU TIJERAS

DÉ­CLIC. Au-de­là du simple sou­tien, Florence donne d’abord les clés pour mieux s’or­ga­ni­ser. Dans ses de­voirs, oui, mais pas seule­ment.

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