Que fait­on à Dun avant le Cri­té­rium ?

Le Populaire du Centre (Creuse) - - La Une - Ro­main Con­ver­sin Pho­tos : Alex Over­ton

UNE JOUR­NÉE À… Ce soir, le cri­té­rium in­ter­na­tio­nal de Dun­le­Pa­les­tel lan­ce­ra les hé­ros de la pe­tite reine, dont Ju­lian Ala­phil­lipe, au mi­lieu d’un pu­blic en­thou­siaste.

SOI­RÉE EN SELLE. Avant la noc­turne, nous vous in­vi­tons à pas­ser une jour­née dans une ville sur­pre­nante, pleine de jar­dins se­crets et de tables gé­né­reuses.

Il n’y a pas que le cyclisme pour faire par­ler de Dun­lePa­les­tel. On le sait peut­être moins mais la com­mune a tout pour bien oc­cu­per une jour­née avant de se dé­dier au vé­lo en soi­rée. Sui­vez le guide, mais at­ten­tion, il ne faut pas traî­ner parce que le pe­lo­ton file à toute vi­tesse et que pour réus­sir une échap­pée à Dun, il faut bien te­nir le rythme.

Pour vi­si­ter Dun­le­Pa­les­tel et ses à­cô­tés, nous avons eu la chance d’être ac­com­pa­gné par un guide par­ti­cu­lier qui connaît la com­mune comme sa poche. Laurent Daul­ny, le maire. Af­fable et sou­riant, il nous em­mène dans une bou­tique de vê­te­ment un peu par­ti­cu­lière place de la poste : « Gi­sèle » te­nue par Na­dia Se­gelle. « J’ai choi­si ce nom pour rendre hom­mage à ma ma­man dé­funte. » Il y a des vê­te­ments toutes les tailles, de toutes les cou­leurs… « Je veux pro­po­ser de tout pour par­ve­nir à tou­cher une clien­tèle mixte. De la jeune fille qui cherche un top simple, à la dame qui veut des vê­te­ments de marque. » Il y en a pour tous les goûts et toutes les bourses. Sur­tout que la plu­part des ar­ticles ven­dus par Na­dia sont des se­condes mains « avec le concept du qua­si­neuf. Mais ce­la ré­duit de 30 % le prix

de l’ar­ticle ».

Après le chi­nage de vê­te­ments, nous nous di­ri­geons vers l’Es­pace 48. Un nom obs­cur à la de­van­ture qui ne paie pas de mine sur l’ave­nue Ben­ja­min­Bord. L’es­pace pro­pose une fonc­tion chambre d’hôte avec un jar­din qui rap­pelle la Mé­di­ter­ra­née. En plein centre du bourg. C’est une des spé­ci­fi­ci­tés que l’on a dé­cou­verte à Dun. De nom­breuses pro­prié­tés du centre sont do­tées d’un jar­din, don­nant l’im­pres­sion de s’éva­der en étant à seule­ment 10 mètres de la rue prin­ci­pale… La pro­prié­taire de l’Es­pace 48, Yas­mine, aux lu­nettes cer­clées et au sou­rire conta­gieux, a éga­le­ment ins­tal­lé une ga­le­rie d’art ou­verte à tous. Jus­qu’au 15 août, quatre ar­tistes sont en exposition. Entre ta­bleaux pas­tel, pho­to­gra­phies, sculp­tures en terre cuite et bi­joux. « Il y a tou­jours quelque chose dans cette ga­le­rie », nous souffle Yas­mine, le re­gard ma­li­cieux. D’ailleurs, à par­tir d’au­jourd’hui, elle af­fiche une exposition de bro­de­rie en point de Bayeux dans la salle de ré­cep­tion.

Pour fi­nir la ma­ti­née, cap sur l’Apollo, ins­tal­lé un peu plus haut en di­rec­tion de l’est sur la même ave­nue Ben­ja­min Bord. On en pro­fite pour pas­ser de­vant le Mo­nu­ment aux morts. Ce der­nier fait aus­si of­fice de bous­sole puisque le sol­dat re­pré­sen­té lance une gre­nade en di­rec­tion de l’est. L’Apollo se voit de loin. Sa face rouge co­rail laisse ima­gi­ner les an­nées d’his­

toire de cet an­cien cinéma construit après­guerre. Il a été ré­no­vé en 2017 pour en faire une salle po­ly­va­lente. Tout en gar­dant son es­thé­tique d’époque sin­gu­lière. Les deux lam­pa­daires ju­chés sur la fa­çade sont les mêmes qu’à la construc­tion. Et à l’in­té­rieur, on re­trouve, dans une vi­trine, la boule à fa­cettes d’époque soi­gneu­se­ment conser­vée.

12 heures

Le ventre gar­gouille, il est temps de se res­tau­rer dans l’une des adresses in­con­tour­nables de Dun­le­Pa­les­tel : l’hô­tel Jo­ly. D’abord en ter­rasse pour se ra­fraî­chir à l’ombre, un lé­ger vent frais nous ca­resse le mu­seau. Puis dans la salle, gar­dée dans le jus de cet hô­tel­res­tau­rant ou­vert de­puis 1906.

14 heures

Après un bon mor­ceau de viande li­mou­sine, nous voi­là ra­gaillar­dis pour re­prendre la route sur l’ave­nue du Ber­ry et se di­ri­ger vers le Ha­ras de Dun­lePa­les­tel, te­nu par Ka­tell Lu­cas. La pé­tillante femme blonde a re­pris les lo­caux il y a deux ans à peine. Elle y élève et en­traîne plu­sieurs pur­sang an­glais et arabe en com­pa­gnie de son com­pa­gnon et de son fils. Elle or­ga­nise chaque mois une jour­née portes­ou­vertes pour faire dé­cou­vrir ses équi­dés. Plu­sieurs che­vaux pas­sés par son ha­ras ont été cham­pions du monde en concours de beau­té ou en course. Des bêtes ma­gni­fiques, es­thé­ti­que­ment soi­gnées et af­fû­tées phy­si­que­ment. À proxi­mi­té du ha­ras, se trouve le cam­ping mu­ni­ci­pal, gé­ré par un couple de Hol­lan­dais de­puis l’an­née pas­sée. Il af­fiche au­jourd’hui qua­si­ment com­plet et fait ve­nir de nom­breux clients hol­lan­dais, al­le­mands ou an­glais dans la com­mune creu­soise.

16 heures

La cha­leur vrai­ment étouf­fante nous pousse à par­tir en re­cherche d’un nou­veau ra­fraî­chis­se­ment de re­tour dans le centre. La bou­tique « Art et Thé Vous » est le lieu idéal. Te­nu par la jo­viale Ch­ris­telle Kay­ser. L’en­trée du sa­lon est en fait une bou­tique des pro­duits créés par Ch­ris­telle, ar­ti­sane. Dans l’ar­rière, un lieu pour s’ins­tal­ler de­dans, ou en ter­rasse (en­core un jar­din hors du com­mun en plein centre). Ch­ris­telle pro­pose du thé, du ca­fé mais aus­si des glaces en par­te­na­riat avec un ar­ti­san de Clion (Indre). Sans ou­blier ses cock­tails frais ­ et sans al­cool. La dé­co­ra­tion industrielle amé­ri­caine donne l’im­pres­sion d’être outre­At­lan­tique. Dé­ci­dé­ment, à Dun, on voyage à chaque coin de rue.

17 heures

Pour tuer les deux heures res­tantes avant le cri­té­rium de ce soir, di­ri­gez­vous vers la rue du La­voir. Il fait en­core chaud et le la­voir de Dun est grand, très grand, un vrai point de fraî­cheur. Ré­no­vé en 2005, il a tout de même gar­dé son fa­meux toit et ses puits de lu­mière. Lorsque nous y pas­sons, il est « pris d’as­saut » par une fa­mille en re­trou­vailles. Neuf en­fants, vingt­deux pe­tits en­fants, ve­nus de toute la France qui sont re­trou­vés à Dun pour les vacances. Tout le monde pro­fite de l’eau du la­voir et des deux fon­taines (car­rée et tri­lo­bet) pour se mettre au frais, les pieds dans l’eau.

19 heures

Re­tour au centre pour le dé­but du cri­té­rium. Le dé­part de la gent­le­man est don­né à 19 heures avant que les cou­reurs pro­fes­sion­nels ne se lancent dans la par­tie. On va es­sayer de se ris­quer à un pe­tit pro­nos­tic en nom­mant Ju­lian Ala­phi­lippe, vain­queur. Com­ment en pour­rait­il être au­tre­ment tant le cou­reur de Mont­lu­çon em­pile les vic­toires cette sai­son ?

PHOTO D’ILLUSTRATION

PAUSE. Le la­voir est de­ve­nu un lieu pour se ra­fraî­chir en pé­riode de grandes cha­leurs. Et pour dor­mir un peu aus­si.

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