De Gué­ret à la grande ré­gion, le par­cours du sang

Le Populaire du Centre (Creuse) - - La Une - Textes et pho­tos : Olivier Chap­pe­ron

L’Éta­blis­se­ment fran­çais du sang a lan­cé voi­là quelques se­maines un ap­pel aux dons, alors que les stocks étaient en baisse. Qu’il soit pré­le­vé à Gué­ret ou Pau, le sang en­gage en­suite un long par­cours où la tra­ça­bi­li­té est une ob­ses­sion.

En 2017, 307.000 dons de sang, de pla­quettes ou de plas­ma ont été en­re­gis­trés en Nou­vele­Aqui­taine, à tra­vers les dif­fé­rentes an­tennes de l’Éta­blis­se­ment fran­çais du sang (EFS). Un chiffre stable au fil des ans et qui cache une réa­li­té im­pla­cable : les stocks se tendent ré­gu­liè­re­ment, comme ce fut le cas en ce dé­but d’été, alors que les be­soins des trans­fu­sions ne flé­chissent, elles, ja­mais.

Mais que de­vient le sang des 5 % de Li­mou­sins qui font preuve de cette so­li­da­ri­té né­ces­saire ? De­puis 2000, les EFS du Li­mou­sin et de l’Aqui­taine sont unis dans le trai­te­ment et la

dis­tri­bu­tion. Dans le cadre de la créa­tion de la Nou­velle­Aqui­taine, ceux de Poi­tou­Cha­rentes ont re­joint Bor­deaux au 1er jan­vier 2018.

C’est là, à la Mai­son du don, à l’hô­pi­tal Pel­le­grin, que toutes les poches de sang, de plas­ma et de pla­quettes pré­le­vées dans l’Aqui­taine et le Li­mou­sin ar­rivent en fin de jour­née. C’est éga­le­ment là qu’elles sont pré­pa­rées (ana­lyses, trai­te­ment des glo­bules rouges, du plas­ma et des pla­quettes), qu’elles sont sto­ckées et ren­voyés vers les sites de dé­li­vrance.

« L’étape de Bor­deaux est in­dis­pen­sable dans le dis­po­si­tif, ex­plique le Dr Meu­nier, mé­de­cin à la Mai­son du don à Bor­deaux. Nos ha­bi­tudes ont été un peu bou­le­ver­sées

avec l’ar­ri­vée des EFS de Poi­tou­Cha­rentes, rat­ta­chés au­pa­ra­vant à la ré­gion Centre, car nous n’avions pas for­cé­ment les mêmes pro­cé­dures. Mais nous avons tra­vaillé afin d’har­mo­ni­ser tout ce­la ». Poi­tiers a tou­te­fois gar­dé un pla­teau tech­nique.

De toute fa­çon, l’ob­jec­tif est le même pour tous, ex­plique le Dr Fa­bien Las­sur­guere, en charge des pré­lè­ve­ments pour l’EFS. « Notre stra­té­gie ré­gio­nale est éta­blie en fonc­tion des ob­jec­tifs na­tio­naux : l’au­to­suf­fi­sance san­guine des éta­blis­se­ments de santé fran­çais. Les pé­nu­ries n’existent pas et ne peuvent pas exis­ter même s’il sur­vient des mo­ments de ten­sion et donc des mes­sages d’alerte. Mais il faut sa­voir que 50.000 pa­tients ont be­soin chaque an­née de pro­duits san­guins dans la ré­gion et que 100.000 autres vont re­ce­voir des dé­ri­vés des pro­duits li­quides ou dé­ri­vés du sang ».

Sans comp­ter que le sang don­né en Nou­vel­leA­qui­taine, « un acte de so­li­da­ri­té, de ci­toyen­ne­té »,

comme le mar­tèle le Dr Meu­nier, ali­mente éga­le­ment les autres ré­gions et no­tam­ment la ré­gion pa­ri­sienne.

40 % des dons dis­tri­bués à Bor­deaux

40 % des poches col­lec­tées dans la ré­gion vont être dé­li­vrées aux hô­pi­taux de Bor­deaux et de sa mé­tro­pole, après être pas­sées par le ser­vice dé­li­

vrance im­plan­té à la Mai­son du don, l’un des plus im­por­tants de France. Là, 50.000 pro­duits san­guins sont dis­pen­sés chaque an­née par une cin­quan­taine de tech­ni­ciens et de bio­lo­gistes qui as­surent ce ser­vice 7 jours sur 7 et 24 heures sur 24.

De la col­lecte à la dé­li­vrance et même aux dé­chets, un même leit­mo­tiv anime les équipes : la tra­

ça­bi­li­té. Ano­nymes, les dons n’en sont pas moins sui­vis dans la moindre étape afin de connaître l’ori­gine, la qua­li­té, la chaîne de conser­va­tion, la bonne des­ti­na­tion ou en­core la com­pa­ti­bi­li­té avec la pres­crip­tion.

Le ha­sard n’a pas sa place. Plus de deux cents per­sonnes y veillent au quo­ti­dien dans toute la ré­gion.

COL­LECTE. La Mai­son du Don à Bor­deaux ac­cueille un site de col­lecte où passent plu­sieurs di­zaines de don­neurs chaque jour. Les poches de sang sont trai­tées dans les sous-sols du bâ­ti­ment alors qu’un fla­con est en­voyé à An­gers (Maine-et-Loire) afin d’être ana­ly­sé. Sans ré­sul­tat po­si­tif de ce la­bo­ra­toire, la poche ne pour­ra être éti­que­tée et dis­tri­buée en vue de trans­fu­sion.

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