« Les En­fants de la Creuse » en­ten­dus

Le Populaire du Centre (Haute-Vienne) - - Limousin -

Un mois après la ve­nue à Gué­ret de la Com­mis­sion d’in­for­ma­tion et de re­cherche his­to­rique des en­fants de la Creuse, la mi­nistre des Outre-Mer a an­non­cé hier que les an­ciens en­fants réunion­nais vic­times de mi­gra­tions for­cées vers la mé­tro­pole, or­ga­ni­sées par l’Etat entre 1963 et 1982, vont pou­voir bé­né­fi­cier d’aides au fi­nan­ce­ment de billets d’avion vers La Réunion et de nui­tées d’hé­ber­ge­ment, ain­si que d’une cel­lule psy­cho­lo­gique.

Lors d’un point d’étape de la com­mis­sion d’ex­perts char­gée de faire la lu­mière sur la mi­gra­tion for­cée de ceux qu’on ap­pelle sou­vent « les En­fants de la Creuse », la mi­nistre des Outre­Mer, Eri­cka Ba­reigts, a dé­ci­dé « de ré­pondre po­si­ti­ve­ment à quelques pro­po­si­tions » de la com­mis­sion, qui ren­dra son rap­port dé­fi­ni­tif au pre­mier tri­mestre 2018.

Des aides « dès le mois qui vient »

Elle a an­non­cé la créa­tion d’une « bourse de mo­bi­li­té », gé­rée par l’Union dé­par­te­men­tale des as­so­cia­tions fa­mi­liales (UDAF) de La Réunion, pour que ces « ex­en­fants trans­plan­tés » puissent être ai­dés pour l’achat de billets d’avion (jusqu’à 90 % du billet) pour re­tour­ner sur leur « lieu d’ori­gine » que cer­tains n’ont par­fois ja­mais re­vu, « à rai­son d’une fois tous les trois ans », afin de « pou­voir in­ter­ro­ger, se res­sour­cer, ren­con­trer leurs proches », et « re­cons­ti­tuer son his­toire per­son­nelle », a dit la mi­nistre. Cette an­nonce était très at­ten­due par les as­so­cia­tions re­pré­sen­tant ces « ex­mi­neurs trans­plan­tés ». Ils bé­né­fi­cie­ront égale­ ment d’aides au fi­nan­ce­ment de trois nui­tées sur place (jusqu’à 95 %). Ces aides in­ter­vien­dront « dès le mois qui vient », a pré­ci­sé la mi­nistre, sous ré­serve que les per­sonnes soient iden­ti­fiées comme fai­sant par­tie des 2.150 « ex­mi­neurs trans­plan­tés » re­cen­sés par la com­mis­sion d’ex­perts pré­si­dée par le so­cio­logue Phi­lippe Vi­tale. La com­mis­sion est en train d’éta­blir la base de don­nées per­met­tant d’iden­ti­fier ces ex­en­fants, dont cer­tains ont de­puis chan­gé de noms (adop­tion, ma­riage, etc.). Au­tour de 1.900 per­sonnes ont dé­jà été iden­ti­fiées. Un sou­tien psy­cho­lo­gique et un ac­com­pa­gne­ment dans leurs dé­marches ju­ri­diques leur se­ront éga­le­ment ap­por­tés, a ajou­té la mi­nistre, qui va si­gner une conven­tion de par­te­na­riat avec l’Ins­ti­tut na­tio­nal d’aide aux vic­times et de mé­dia­tion (Ina­vem). Les « En­fants de la Creuse » est le nom don­né à ces en­fants réunion­nais qui, sui­vis par les ser­vices so­ciaux, ont été contraints, entre 1963 et 1982, à une mi­gra­tion for­cée vers 75 dé­par­te­ments de l’Hexa­gone tou­chés par l’exode ru­ral, no­tam­ment dans la Creuse, où ils ont été pla­cés en foyers, familles d’ac­cueil ou familles adop­tives, au mo­tif de ré­soudre les pro­blèmes de dé­mo­gra­phie ga­lo­pante et de grande pau­vre­té que connais­sait alors La Réunion. Ces en­fants n’ont par­fois ja­mais re­mis les pieds à la Réunion, ont per­du tout con­tact avec leurs familles et ne connaissent pas leur his­toire.

PHO­TO MI­NIS­TÈRE DES OUTRE-MER

AN­NONCE. Éri­ka Ba­reigts, en com­pa­gnie de Phi­lippe Vi­tale, qui pré­side la com­mis­sion d’in­for­ma­tion et de re­cherche his­to­rique des en­fants de la Creuse.

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