Aux ori­gines du lo­ge­ment ou­vrier

Le Populaire du Centre (Haute-Vienne) - - Limoges - Jean-Fran­çois Julien

Construite en 1929 sur des plans de Ro­ger Gon­thier, la ci­té des Cou­tures est de­ve­nue un site his­to­rique. De plus en plus de vi­si­teurs s’y re­trouvent pour connaître son his­toire.

Jusqu’aux der­nières Jour­nées du pa­tri­moine, per­sonne ne me­su­rait l’in­té­rêt que portent les Li­mou­geauds à ce quar­tier des Cou­tures. Ce jour­là plu­sieurs cen­taines de per­sonnes se sont re­trou­vées pour suivre les com­men­taires de Mar­tine Be­du et Jo­na­than Coif­fard de Li­moges Ha­bi­tat, qui ont pas­sion­né l’au­di­toire. Et de­puis, ils doivent faire face à de nom­breuses de­mandes. Hier, les adhé­rents de Loi­sirs et Tou­risme se sont re­trou­vés de­vant l’agence « Eu­rope Tour Li­mou­sin », pour per­cer les se­crets de ce quar­tier po­pu­laire né de l’ima­gi­na­tion de Gon­thier. En 1919, Léon Be­toulle, maire de Li­moges, éta­blit un plan vi­sant à l’as­sai­nis­se­ment du centre­ville et des lo­ge­ments. Les gens quittent la cam­pagne pour tra­vailler en ville dans la por­ce­laine, la chaus­sure, etc.

Un équi­pe­ment par­fait

Des pri­vés, comme Ha­vi­land ou la so­cié­té co­opé­ra­tive « l’Étoile », pro­posent les pre­miers lo­ge­ments bon mar­ché. En avril 1920, la ville fonde l’an­cêtre de Li­moges Ha­bi­tat et lance un im­mense pro­gramme de construc­tion. Ar­chi­tecte, ins­pec­teur du bâ­ti­ment sur la ligne Pa­ris ­ Or­léans, Ro­ger Gon­thier, qui vient de ter­mi­ner la gare des Bé­né­dic­tins, est sol­li­ci­té pour réa­li­ser le pro­jet des Cou­tures. Cette pro­po­si­tion met en co­lère les ar­chi­tectes li­mou­geauds qui s’es­timent aus­si com­pé­ tents que leur col­lègue pa­ri­sien. Léon Be­toulle de­mande à Ro­ger Gon­thier de me­ner à bien la mis­sion qu’il lui a confiée. Plus de trente im­meubles de cinq étages, s’élèvent sur ces ter­rains qui fa­ci­li­taient au dé­part l’ac­cès entre la gare et les bords de Vienne. 540 lo­ge­ments de type 2, 3, et 4 sont pro­ po­sés. Ces der­niers peuvent ac­cueillir une fa­mille de six ou sept per­sonnes. Équi­pés, ils re­çoivent l’eau, l’élec­tri­ci­té, ont le tout à l’égout, pos­sèdent de très beaux par­quets, des pla­cards… Ro­ger Gon­thier vou­lait même ajou­ter des che­mi­nées en marbre. Mais il au­rait dé­pas­sé le bud­get. Pour ré­duire les coûts, il choi­sit la brique. Il opte pour les tons rouges, ocres, mar­rons. Sur les fa­çades le style art dé­co s’im­pose.

Une terre de cul­ture

Des mo­tifs évoquent des cor­beilles de fleurs. L’ar­chi­tecte sou­haite le confort des ha­bi­tants et soigne leur en­vi­ron­ne­ment. Aus­si il n’y a pas d’es­ta­mi­nets dans le quar­tier. Il y avait en re­vanche des épi­ce­ries, une phar­ma­cie, un ba­zar, des bou­tiques de vê­te­ments… Avant­hier, les membres Loi­sirs et Tou­risme ont ap­pris beau­coup de chose sur cette ci­té qui doit son nom à « cul­ture ». Car avant que les im­meubles se dressent, les ma­raî­chers fai­saient pous­ser sur ces terres les lé­gumes et les fruits.

VI­SITE. Mar­tine Be­du et Jo­na­than Coif­fard de Li­moges ha­bi­tat four­nissent des ex­pli­ca­tions.

AR­CHIVES BRI­GITTE AZZOPARD

LES COU­TURES. trente. Une ci­té ou­vrière, née à l’orée des an­nées

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