Un peu de Li­moges en chan­son

Le Populaire du Centre (Haute-Vienne) - - Limoges - Jean-Fran­çois Julien

Au­teur d’une cin­quan­taine de tubes, Franck Com­bès, plus connu sous le nom de Frank Tho­mas, a étu­dié les arts dé­co­ra­tifs à Li­moges. Cet ar­tiste, dé­cé­dé le 20 jan­vier, avait écrit pour Joe Das­sin, Claude Fran­çois et nombre d’autres ve­dettes.

Né en 1936 à Montpellier, dé­cé­dé le 20 jan­vier à l’âge de 80 ans, Franck Com­bès, plus connu sous le nom de Frank Tho­mas, fut élève à l’école des Beaux­arts de Li­moges. Il fut même, à l’âge de 14 ans, dé­co­ra­teur sur por­ce­laine. Au­tant dire qu’il connais­sait les pin­ceaux de poil de martre. Il s’est ser­vi de cet ou­til, uti­li­sé dans les ma­nu­fac­tures li­mou­geaudes, pour peindre « des ri­deaux bleus aux fe­nêtres des yeux de celle qui avait dans son porte­mon­naie, se­lon Michel Jo­nasz, l’île au tré­sor et des pièces d’un franc usées ».

Une longue col­la­bo­ra­tion avec Gé­rard Ber­li­ner

Au­teur d’une cin­quan­taine de tubes, dont Le lun­di au so­leil, il a fait bé­né­fi­cier de ses ta­lents d’au­teur tous les grands noms de la chan­son fran­çaise. Si Bé­caud, Pol­na­reff, Mike Brant, Sa­cha Dis­tel, Mar­cel Amont, Syl­vie Var­tan, Michel Jo­nasz, entre autres, ont été soi­gnés, c’est Joe Das­sin qui fut le plus gâ­té. Il lui a si­gné près d’une di­zaine de tubes. Et à Gé­rard Ber­li­ner il a of­fert Louise, une chan­son réa­liste qui dé­peint avec force et puis­sance la vie d’« une femme sans fian­cé » dans un village de l’Al­lier.

Ex­hu­mé par Di­dier Bar­be­li­vien

Lorsque Frank Tho­mas s’est ins­tal­lé à Li­moges vers 1950, les cendres du village mar­tyr d’Ora­dour­sur­Glane étaient à peine re­froi­dies. Et dans la ci­té por­ce­lai­nière, le drame était tou­jours pré­sent. Cet évé­ne­ment l’a pro­fon­dé­ment mar­qué. Il a donc com­po­sé pour Ber­li­ner, Les amants d’Oradour .Ce titre s’ins­crit dans la li­gnée de Louise. Le chan­teur est mal­heu­reu­se­ment dé­cé­dé trop tôt pour avoir le temps de la dé­fendre. C’est Di­dier Bar­li­vien qui l’a sor­tie de l’ou­bli. Sé­duit par cette très belle chan­son, le chan­teur a choi­si de l’ins­crire sur son nou­vel al­bum Amours de moi. Dans ce texte, Frank Tho­mas met en scène un couple qui, ve­nu de Li­moges et de pas­sage à Oradour, se re­trouve em­por­té par l’ou­ra­gan de la bar­ba­rie na­zie. « C’est vrai­ment écrit comme un film. Franck Tho­mas est un or­fèvre. Dans ses textes, il crée le dé­cor. C’est une his­toire dans l’his­toire. Celle du mas­sacre d’Oradour­sur­Glane et celle de ces deux per­son­nages qui n’au­raient ja­mais dû être là », confie Di­dier Bar­be­li­vien.

Un titre bâ­ti à la ma­nière d’un film

MONTPELLIER DO­CU­MENT ISA­BELLE BRIS ET STÉ­PHANE TAPONNIER FRANCE 3

FRANK THO­MAS. L’au­teur de Dites-moi, a ex­pli­qué que le pin­ceau de martre lui a été ins­pi­ré par son pas­sé de dé­co­ra­teur en por­ce­laine à Li­moges.

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