Le sta­tion­ne­ment payant a vi­dé le par­king du Champ de Juillet à Li­moges

Le par­king est payant de­puis un an. Avec quels ef­fets ? Pa­role à la ville et aux usa­gers

Le Populaire du Centre (Haute-Vienne) - - La Une - Julien Bi­gay @Ju­lienBi­gay

C’EST VOTRE CHOIX. Nou­velle ru­brique : chaque semaine nous trai­tons un su­jet choi­si par les lec­teurs sur notre site le­po­pu­laire.fr.

Cette nou­velle ru­brique, « C’est votre choix », traite d’un su­jet que vous, lec­teurs, avez choi­si. Pre­mier su­jet plé­bis­ci­té, le sta­tion­ne­ment au Champde-Juillet, payant de­puis un an.

Le temps où l’au­to­mo­bi­liste li­mou­geaud ar­pen­tait le par­king du Champ­deJuillet à la re­cherche d’une place est ré­vo­lu. Sans grande sur­prise, la dé­ci­sion de la Ville, il y a un an, de rendre le sta­tion­ne­ment payant sur cet espace a eu un ef­fet qua­si im­mé­diat : ce grand par­king est au­jourd’hui peu uti­li­sé. « Main­te­nant, on a de la place pour se ga­rer ! », s’es­claffe Pa­trice. Si cer­tains, comme Es­telle, se sont « mis au bus », car « l’em­ployeur rem­bourse 50 % du prix de l’abon­ne­ment », nombre d’an­ciens usa­gers du par­king sont par­tis à la chasse aux places gra­tuites. Quitte à s’en créer, comme en face du four des Cas­seaux, au­tour de la rue Du­ruy, qui ac­cueille de­puis un an plus de 200 voi­tures. Comme en té­moigne To­ny : « Je me gare aux Cas­seaux comme tout le monde… c’est “sym­pa” cette jungle or­ga­ni­sée là­bas. » Que ces au­to­mo­bi­listes­là se ras­surent, la Ville n’a pas l’in­ten­tion d’al­ler ré­gle­men­ter le sta­tion­ne­ment sur cet espace. Pour le reste, Ch­ris­tian Uh­len, ad­joint au maire en charge du dos­sier, dé­fend sans ré­serve le choix d’étendre le nombre de places payantes dans Li­moges. « Avec les 1.900 places payantes ajou­tées en oc­tobre 2016, nous sommes à 5.500 places dans la ville, soit lar­ge­ment dans la moyenne des villes com­pa­rables en France : 8.200 à Cler­montFer­rand, 10.900 au Havre, 5.700 à Nan­cy, 5.500 à Saint­Etienne ou 4.750 à An­gers. » La ques­tion, in­siste l’élu, « est celle des près de 500 voi­tures “ven­touses”, qui em­pêchent les rive­ rains de se ga­rer près de chez eux ». Il s’agit se­lon lui de « chan­ger ses ha­bi­tudes », à l’ins­tar de Pierre qui juge que « se ga­rer plus loin et mar­cher 15 mi­nutes, ça marche aus­si ».

« Pen­sez au smi­card, 40 € c’est énorme »

Alors oui, le par­king du Champ­de­Juillet, et ses abords im­mé­diats, ont été presque vi­dés : « On es­time que ces places sont oc­cu­pées à 25 % de leur ca­pa­ci­té, mais on ob­serve que les usa­gers, quitte à payer, se sont rap­pro­chés, par exemple de là où ils travaillent, avec des rues ad­ja­centes bien plus oc­cu­pées ». Une si­tua­tion tran­si­toire ? Car la Ville dit voir plus loin : « Des places de sta­tion­ne­ment payant vont être sup­pri­mées dans le cadre du ré­amé­na­ge­ment de la place de la Ré­pu­blique et de l’ex­ten­sion du sec­teur pié­ton­nier, nous avons donc “en ré­serve” ce par­king du Champ­de­Juillet, et ce­lui de Jour­dan, peu uti­li­sé ». Plu­sieurs au­to­mo­bi­listes, comme Jé­ré­my, sug­gèrent « l’idée d’un ta­rif tra­vailleur », si­mi­laire au ta­rif ré­sident » car, com­plète An­drée, « payer un par­king pour du shop­ping ou une ba­lade… nor­mal. Mais pen­sez au sa­la­rié smi­card, 40 € c’est énorme ». Que pense l’élu ? « Nous pro­po­sons pour ceux qui travaillent à Li­moges un abon­ne­ment de 40 €, qui peut être dé­duc­tible des im­pôts. Soit deux eu­ros par jour, c’est moins que dans d’autres villes com­pa­rables à Li­moges. » Et Ch­ris­tian Uh­len de sou­li­gner « le suc­cès des ti­ckets de 30 mi­nutes gra­tuites » mais aus­si, face au dis­cours “ce­la nuit aux com­merces de centre­ville car le sta­tion­ne­ment est gra­tuit dans les zones com­mer­ciales”, que « les par­kings Jour­dan, Hô­tel­de­Ville et Chur­chill offrent deux heures gra­tuites les sa­me­dis, et très peu de gens les uti­lisent. » Non, la Ville de Li­moges ne re­vien­dra pas sur sa po­li­tique de sta­tion­ne­ment payant. Au grand dam de ceux qui, comme Jérôme, ha­bitent Fey­tiat et travaillent près du Champ­deJuillet. « En bus, il me fau­drait 1 heure le ma­tin et 1 heure le soir, alors qu’en voi­ture c’est 20 mi­nutes. À mon grand déses­poir, le choix est vite fait, c’est 40 eu­ros tous les mois juste pour al­ler bos­ser. »

« Une ques­tion d’ha­bi­tude, de train de vie »

Mais cette po­li­tique glo­bale qui vise aus­si à fa­vo­ri­ser le trans­port en com­mun en sa­tis­fait d’autres – « de­man­dez aux ri­ve­rains de l’ave­nue du Mi­di », cite Ch­ris­tian Uh­len – qui y voient le sens de l’his­toire. Ain­si, se­lon Es­te­ban, « la voi­ture est un fac­teur qui va être éli­mi­né des centres villes, qu’on le veuille ou non. Nous sommes dans la même pers­pec­tive qu’au mo­ment du tri de nos déchets : ça nous fai­sait tous [mal] de se dire qu’il fal­lait trier, et on se di­sait que l’on ne le fe­rait pas. Tout est une ques­tion d’ha­bi­tude, de train de vie. Re­gar­dez des villes dy­na­miques comme Bor­deaux ou Strasbourg : la voi­ture a été sup­pri­mée des ac­cès (et donc pas d’ex­ten­sions de par­king) et les centres se sont adap­tés à ce nou­veau sys­tème de consom­ma­tion ur­bain. »

Un par­king « en ré­serve » en vue du ré­amé­na­ge­ment de la place de la Ré­pu­blique

PHO­TO STÉ­PHANE LEFÈVRE

TOU­JOURS DE LA PLACE. Le par­king du Champ-de-Juillet reste sou­vent aux trois quarts vide.

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