La Haute-Vienne ré­clame 5 mil­lions d’eu­ros à l’Etat

La Haute­Vienne avait avan­cé cinq mil­lions d’eu­ros pour ob­te­nir son ac­cès à la grande vi­tesse…

Le Populaire du Centre (Haute-Vienne) - - La Une - Flo­rence Cla­vaud-Pa­rant

Le pré­sident du Conseil départemental exige le rem­bour­se­ment de la par­ti­ci­pa­tion haut-vien­noise à la ligne Tours-Bor­deaux. Et se dit prêt à es­ter en jus­tice. Les der­nières dé­cla­ra­tions du Pré­sident de la Ré­pu­blique vous ont donc convain­cu que l’Etat avait bel et bien une dette à l’égard de la Haute-Vienne ?

Em­ma­nuel Ma­cron a dit stop aux pro­jets LGV. C’est la pre­mière fois qu’un Pré­sident de la Ré­pu­blique af­fiche une po­si­tion aus­si claire et tran­chée. Soit. J’ai le droit de ne pas être de son avis sur le fond, mais si l’on suit son rai­son­ne­ment, alors c’est évident : l’État et RFF doivent nous rem­bour­ser dans les meilleurs dé­lais les 5 mil­lions d’eu­ros que le dé­par­te­ment de la Haute­Vienne, qui pen­sait à l’époque ob­te­nir ain­si son ti­cket d’en­trée dans la pers­pec­tive du fu­tur bar­reau Li­mo­gesPoi­tiers, avait payé pour Tours­Bor­deaux.

Vous êtes prêt à es­ter en jus­tice ?

Oui. J’ai dé­jà de­man­dé une conci­lia­tion à l’amiable. Je n’ai eu au­cune ré­ponse. Nous avons donc fait ap­pel à un ca­bi­net d’avocat, et nous sommes en train de consti­tuer un doss­sier en vue d’une ac­tion en jus­tice.

Quid des autres col­lec­ti­vi­tés li­mou­sines (*) ?

Il n’y a pour l’ins­tant pas de dé­marche com­mune. Cette dé­marche est la mienne. J’irai jus­qu’au bout. Mais ce n’est pas pour ce­la que j’en­terre l’idée de la LGV…

Vous croyez en­core au pro­jet LGV Li­moges-Poi­tiers, quitte à vous sen­tir un peu seul ?

Oui. Le ter­ri­toire en a im­pé­ra­ti­ve­ment be­soin. Au­jourd’hui, on met da­van­tage de temps pour al­ler à Pa­ris qu’il y a trente ans. Ce n’est pas nor­mal. Si l’État ac­cep­tait de re­prendre la dis­cus­sion, alors dans ce cas je pour­rais re­voir ma po­si­tion. J’es­time que toutes les op­tions sont en­core pos­sibles : par Poi­tiers, par An­gou­lême… Même s’il faut des an­nées.

Quid du POLT (Pa­ris-Or­léans-Li­moges-Tou­louse) ?

Au­jourd’hui, vous pou­vez en­le­ver le « T » de Tou­louse, car dé­sor­mais, pour al­ler à Pa­ris, les Tou­lou­sains misent sur Bor­deaux, et il faut ad­mettre qu’une ligne LGV Tou­louse­Bor­deaux est cer­tai­ne­ment né­ces­saire. On parle donc du POL (Pa­ris­Or­léans­Li­moges). L’État s’est en­ga­gé à in­ves­tir sur cette ligne his­to­rique deux fois 500 mil­lions d’eu­ros. J’ai de­man­dé à nos trois nou­veaux dé­pu­tés qu’ils fassent ac­cé­lé­rer ce nou­veau chan­tier. J’at­tends. Nous de­man­dons aus­si à l’État qu’il mette en place im­mé­dia­te­ment des trains di­rects Li­mo­gesPa­ris sans au­cun ar­rêt. Ce­la ne coûte rien ! Mais à terme, il faut sa­voir qu’il n’y au­ra ja­mais de gain de vi­tesse pos­sible à l’ar­ri­vée à Pa­ris (sou­ve­nez­vous de Bre­ti­gny), et que le POL ne pourra pas sa­tis­faire à lui seul Li­moges et son dé­par­te­ment.

Et l’avion ? Vous de­man­dez éga­le­ment à l’État de par­ti­ci­per au fi­nan­ce­ment du syn­di­cat mixte de l’aé­ro­port…

Ab­so­lu­ment. Bonne nou­velle : hor­mis les dis­cus­sions en cours entre la Ville de Li­moges et l’Ag­glo, la clé de ré­par­ti­tion du fi­nan­ce­ment entre les trois col­lec­ti­vi­tés est bou­clée. Le dé­par­te­ment n’a ja­mais eu l’in­ten­tion de se désen­ga­ger. Main­te­nant, ce que l’on sou­haite, c’est que la CCI, qui est ges­tion­naire, pré­sente un vrai pro­jet. Vers où veut­on al­ler ? Avec quel type d’appareil ? Au­jourd’hui, les vols vers Pa­ris se font dans des condi­tions que per­sonne ne peut ac­cep­ter, ce n’est d’ailleurs pas un ha­sard si la fré­quen­ta­tion baisse ré­gu­liè­re­ment. Et je sou­haite que l’État par­ti­cipe au fi­nan­ce­ment du SMALB (**). Au­jourd’hui les col­lec­ti­vi­tés ap­portent dé­jà 5,2 M€ par an (1,6 M€ pour le dé­par­te­ment), ce qui est consi­dé­rable. Elles sont à leur maxi­mum, elles ne pour­ront pas faire plus. (*) L’ex­ré­gion Li­mou­sin et la Ville de Li­moges avaient éga­le­ment par­ti­ci­pé au fi­nan­ce­ment de Tours­Bor­deaux, pour les mêmes rai­sons. La ques­tion d’un rem­bour­se­ment est d’au­tant plus com­plexe pour le Li­mou­sin que ce­lui­ci n’existe plus : il est dé­sor­mais in­té­gré dans la grande ré­gion Nou­velle­Aqui­taine… et c’est jus­te­ment sur le ter­ri­toire de cette nou­velle ré­gion que se trouve la LGV Tours­Bor­deaux. (**) Syn­di­cat mixte de l’aé­ro­port Li­moges­Bel­le­garde.

PHO­TO BRIGITTE AZZOPARD

JEAN-CLAUDE LEBLOIS. « J’ai dé­jà de­man­dé une conci­lia­tion à l’amiable. Je n’ai eu au­cune ré­ponse ».

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