Les in­ci­ter à rê­ver : pa­roles de cha­pe­rons

Le Populaire du Centre (Haute-Vienne) - - Grad Angle - PHOTO G. VERGNOL

« La vie m’a sou­vent prou­vé que j’avais rai­son de rê­ver, alors je les in­cite à rê­ver elles aus­si. » Ar­ri­vée par ha­sard dans l’uni­vers Miss France en 2009 en tant qu’or­ga­ni­sa­trice d’une élec­tion, celle de Miss Corrèze, Na­dine Preece, à la tête d’une agence dans l’évé­ne­men­tiel, s’est, comme la plu­part des can­di­dates, elle aus­si ra­pi­de­ment lais­sée prendre au jeu. Jus­qu’à de­ve­nir dé­lé­guée ré­gio­nale Miss Li­mou­sin. « J’ai été prise au piège ! » s’amuse­t­elle. Ce­lui ten­du par l’en­thou­siasme des bé­né­voles de l’époque, et par la mo­ti­va­tion tein­tée de can­deur de la plu­part des can­di­dates, pour ne pas dire toutes. « Ce­la m’at­ten­drit tou­jours. Qu’elles soient ou non pous­sées par leur en­tou­rage, pour toutes c’est un rêve de pe­tite fille. » Alors Na­dine Preece prend son rôle de « deuxième ma­man » très à coeur. « Elles me font des confi­dences qu’elles ne font par­fois pas à leurs pa­rents. » Comme cette jeune femme lit­té­ra­le­ment « ter­ro­ri­sée » à l’idée de fran­chir les étapes vers Miss France, elle qui vou­lait sim­ple­ment faire plaisir à ses proches. « Elle était à mille lieues de s’ima­gi­ner qu’elle se­rait élue Miss Li­mou­sin. Elle ne s’était même pas po­sé la ques­tion. Elle as­pi­rait juste à pas­ser une bonne soi­rée. Alors ça a été un choc… » Dé­fi­ler de­vant un pu­blic, s’ex­pri­mer sans crainte du ri­di­cule… Ces doutes, plus ou moins dé­cla­rés, les jeunes femmes qui s’ins­crivent à Miss Cur­vy (ré­ser­vé à celles qui s’ha­billent en 42­44 ou plus) les connaissent tout au­tant, si­non plus. Jeunes ma­mans dé­si­reuses de « se sen­tir femmes à nou­veau », grandes ti­mides dé­ter­mi­nées à se prou­ver des choses mais aus­si pro­fils plus mi­li­tants « qui ont en­vie de faire pas­ser un mes­sage » : pour Elo­die Merle, du co­mi­té Li­mou­sin, la dé­marche est « po­si­tive ». La suite, tout au­tant. « Chez beau­coup, l’état d’es­prit a évo­lué. Elles vont plus vers les autres. » Qui ont eux aus­si chan­gé. L’in­com­pré­hen­sion, la mo­que­rie voire l’agres­si­vi­té ex­pri­mées lors de la pre­mière édi­tion, en 2014, ont lais­sé la place à une at­ti­tude plus bien­veillante. « La so­cié­té a évo­lué, c’est en­tré dans les moeurs », note celle qui re­ven­dique un concours dé­nué d’un quel­conque es­prit de re­vanche. Na­dine Preece ac­quiesce et voit plu­tôt d’un bon oeil, « à titre per­son­nel », la mul­ti­pli­ca­tion des concours. « Chez Miss France, nous avons un cri­tère de taille, mais pas de poids ! C’est fi­na­le­ment le pu­blic, en vo­tant, qui l’im­pose. Pour­quoi une jeune fille avec quelques ki­los de plus ne re­pré­sen­te­rait­elle pas bien sa ré­gion ? Une Miss, c’est une am­bas­sa­drice avant tout. Et elle n’a pas d’ins­tinct comme mo­ti­va­tion l’en­vie de re­pré­sen­ter sa ré­gion. C’est notre rôle de le leur ex­pli­quer. »

TENDRESSE. « Elles veulent avoir les yeux qui pé­tillent », sou­rit Na­dine Preece, dé­lé­guée Miss Li­mou­sin.

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