L’in­nu­mé­risme, le com­bat de Grains’up

Dans les en­tre­prises, l’in­nu­mé­risme peut avoir de graves consé­quences. A Li­moges, l’en­tre­prise Grains’up pro­pose des so­lu­tions adap­tées à chaque mé­tier.

Le Populaire du Centre (Haute-Vienne) - - La Une - Anne-So­phie Pé­de­gert anne-so­phie.pe­de­gert@cen­tre­france.com

Maî­tri­ser les cal­culs et les rai­son­ne­ments utiles dans mon mé­tier : c’est la vo­ca­tion de « Pro­gramme Pi », une marque dé­ve­lop­pée par Grains’up à Li­moges.

Un su­jet ta­bou

Créée en 2016 par Guillaume Is­nard, la so­cié­té li­mou­geaude réa­lise et met à dis­po­si­tion en ligne des conte­nus pé­da­go­giques : sup­port de for­ma­tion, d’éva­lua­tion, di­dac­ti­ciels, ani­ma­tion vi­déos… « Il est as­sez fa­cile de dé­tec­ter l’illet­trisme beau­coup moins l’in­nu­mé­risme, confie Guillaume Is­nard. Pour­tant, le manque de maî­trise des nombres peut avoir de graves consé­quences pour l’en­tre­prise. Cal­cu­ler un pour­cen­tage, une re­mise, éta­blir un de­vis, gé­rer des stocks… les sources d’er­reurs sont nom­breuses. J’ai vé­cu ces si­tua­tions sans trop m’en sou­cier au dé­but de ma car­rière. C’est un su­jet ta­bou et il n’existe pas vrai­ment de so­lu­tion… » Il y a deux ans, alors qu’il cher­chait à créer ou re­prendre une en­tre­prise, Guillaume Is­nard s’est sou­ve­nu de ces si­tua­tions et il a dé­ci­dé de se lan­cer : étude de mar­ché, en­quête en ligne au­près de plu­sieurs en­tre­prises, ren­contres sur le ter­rain… Les pre­miers re­tours étaient en­cou­ra­geants. Res­tait à trouver une so­lu­tion qui rende l’ap­pren­tis­sage des maths pos­sible chez les adultes. « Car il n’était pas ques­tion, sou­ligne Guillaume Is­nard, de ren­voyer les gens à l’école en­core moins de les prendre pour des ga­mins. Nous avons donc ima­gi­né « Pro­gramme Pi » qui pro­pose un ou­til nu­mé­rique des­ti­né aux for­ma­teurs pro­fes­sion­nels, aux tu­teurs d’en­tre­prise, aux DRH… pour éva­luer, amé­lio­rer et cer­ti­fier les com­pé­tences en cal­culs et les rai­son­ne­ments utiles dans chaque mé­tier. »

Trois mé­tiers en préparation

Grains’up a conçu ses pre­miers parcours mé­tiers en par­tant du ter­rain. « Nous ob­ser­vons, nous po­sons les prin­ci­pales si­tua­tions pour les­quelles il y a de la va­leur ajou­tée pour l’en­tre­prise, ex­plique Guillaume Is­nard. Il faut en­vi­ron trois mois pour éla­bo­rer un parcours mé­tiers. Il y a un gros tra­vail de vi­déo à faire, de scé­na­ri­sa­tion des dif­fé­rentes si­tua­tions pro­fes­sion­nelles… Pour ce­la je me suis ap­puyé sur une jeune équipe com­po­sée de trois per­sonnes, Ra­chel Thie­baud et Aline Bou­quillon, concep­trices réa­li­sa­trices pé­da­go­gique pour adultes et Boa­di­cée Pi­te­let, gra­

Une le­vée de fonds de 400.000 eu­ros pour se dé­ve­lop­per

phiste, com­mu­ni­ty ma­na­ger. » Trois mé­tiers sont presque prêts : com­mer­cial, bou­lan­ger et mé­ca­ni­ciens sor­ti­ront dans quelques se­maines. Grains’up vient par ailleurs de si­gner avec une grande en­seigne fran­çaise, nu­mé­ro 1 du com­merce in­dé­pen­dant de proxi­mi­té pour adap­ter « Pro­gramme Pi » à la­dite en­seigne en 2018. Grains’up, qui bé­né­fi­cie du sou­tien de la ré­gion Nou­velle­Aqui­taine, BPI­France, Ini­tia­tive in­nov Li­mou­sin… pré­voit de dé­ve­lop­per d’autres mé­tiers en nouant des par­te­na­riats. Mais, pour ac­cé­lé­rer le dé­ve­lop­pe­ment, l’en­tre­prise va avoir be­soin de nou­velles res­sources. « Le chiffre d’affaires ne suf­fi­ra pas au dé­part pour mon­ter en puis­sance, confie Guillaume Is­nard. Il fau­dra des fonds d’amor­çage. Je suis en train de pré­pa­rer une le­vée de 400.000 eu­ros à échéance fin 2018. L’idéal, se­rait d’al­ler vers un fi­nan­ce­ment 50­50, pri­vé­pu­blic… »

Une jeune équipe qui a dé­jà adap­té « Pro­gramme Pi » à trois mé­tiers. GRAINS’UP.

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