Qui re­crute et comment

Les pro­fes­sion­nels du bois, gros de­man­deurs de main­d’oeuvre, peinent à trou­ver du per­son­nel

Le Populaire du Centre (Haute-Vienne) - - La Une - PHO­TO : STÉ­PHANE LE­FÈVRE

LIMOUSIN. La fi­lière bois, im­por­tante dans la ré­gion, peine à trou­ver du per­son­nel, comme le montre l’exemple de l’en­tre­prise Bois et scie­rie du Centre, à Sau­viat­sur­Vige, di­ri­gée par Gil­bert Mor­lon.

RE­CRU­TE­MENT. Zoom sur la ma­nière de re­cru­ter de deux so­cié­tés de la ré­gion, la Li­mou­geaude I.Ce­ram, dont la res­pon­sable des res­sources hu­maines té­moigne et la Cor­ré­zienne Po­ly­tech, qui pour re­cru­ter s’ap­puie sur ses sa­la­riés.

Le bois est un pan ma­jeur de l’éco­no­mie du Limousin. Pour­tant trou­ver des sa­la­riés est un dé­fi pour les chefs d’en­tre­prise. À Sau­viat-sur-Vige, aux confins de la Haute-Vienne et de la Creuse, l’en­tre­prise Bois et scie­rie du Centre va re­cru­ter vingt sa­la­riés d’ici la fin 2018. C’est du moins ce qu’es­père son P-DG…

«A ujourd’hui, nous ne cher­chons plus de gros bras mais plu­tôt des tech­ni­ciens, des élec­tro­mé­ca­ni­ciens no­tam­ment, ou des spé­cia­listes en automatisme. Pour les opé­ra­tions de ma­nu­ten­tion, nous avons des en­gins et des ma­chines. Mais mal­heu­reu­se­ment l’image de mé­tier pé­nible per­dure même s’il est vrai que les scie­ries res­tent as­sez bruyantes… »

1.500 eu­ros pour dé­bu­ter

Ce constat, Gil­bert Mor­lon, le P­DG de Scie­rie et bois du centre, n’est pas le seul à le faire. Tous les scieurs connaissent tous des dif­fi­cul­tés de re­cru­te­ment alors que, pour­tant, les condi­tions sa­la­riales ont été bien re­va­lo­ri­sées. « Un jeune sans au­cune qua­li­fi­ca­tion dé­bute chez moi à 1.500 eu­ros net men­suel pour 40 heures par se­maine. Ils sont for­

més en in­terne et nous leur pro­po­sons une évo­lu­tion de car­rière dès que nous voyons qu’ils sont bien in­té­grés et qu’ils ont ac­quis les com­pé­tences. Je pré­fère re­cru­ter des gens motivés plu­tôt que com­pé­tents, d’au­tant que nous réa­li­sons un vrai tra­vail sur l’in­té­gra­tion. D’ailleurs, je pré­fère em­bau­cher en CDD tout d’abord pour ne pas mettre une pres­sion inu­tile avec la no­tion de pé­riode d’es­sai. On di­mi­nue fi­na­le­ment le risque pour tous ». Gil­bert Mor­lon sou­haite re­cru­ter dé­sor­mais vingt sa­la­riés d’ici la fin de l’an­née pour ré­pondre au dé­ve­lop­pe­ment de sa scie­rie qui dé­bite 140.000 m3 de grume par an, es­sen­tiel­le­ment pour du bois d’em­ bal­lage et de la va­lo­ri­sa­tion de dou­glas. « J’in­ves­tis 20 mil­lions d’eu­ros dans une cen­trale à bio­masse afin de va­lo­ri­ser les 50 % de ma­tière sans ren­de­ment qui sortent de la scie­rie après le sciage. Cette cen­trale va pro­duire de l’élec­tri­ci­té qui va par­tir dans le ré­seau et uti­li­ser la cha­leur pour sé­cher les bois qui se­ront ain­si mieux va­lo­ri­ sés. Mais je dois adap­ter mon or­ga­ni­sa­tion et trou­ver des com­pé­tences en main­te­nance afin d’as­su­rer le fonc­tion­ne­ment de la cen­trale 7 jours sur 7 et 24h/24 ». Gil­bert Mor­lon a d’ores et dé­jà em­bau­ché un in­gé­nieur ther­mi­cien afin de gé­rer celle­ci. « C’est quel­qu’un du sec­teur dont l’épouse exerce une pro­fes­sion li­bé­rale, donc il n’a pas hé­si­té à ve­ nir s’ins­tal­ler ici ». Car le P­DG de Scie­rie et bois du Centre re­con­naît que la dif­fi­cul­té est bien de faire ve­nir les sa­la­riés à 40 mi­nutes de route de Li­moges même si Bour­ga­neuf n’est qu’à un jet de pierre…

S. LEFEVRE

ÉVO­LU­TION. À la Scie­rie et bois du Centre, les évo­lu­tions de car­rière font suite à des for­ma­tions en in­terne.

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