A Cour­be­fy, le pro­jet d’une ré­si­dence d’ar­tistes re­lan­cé

Le fils du pro­prié­taire sud­co­réen ayant ache­té le ha­meau de Cour­be­fy est re­ve­nu sur place. Et af­firme vou­loir conti­nuer le pro­jet de son père. Le ha­meau aban­don­né dans les an­nées 70 va­t­il un jour re­vivre ?

Le Populaire du Centre (Haute-Vienne) - - La Une - Franck La­gier

Une dé­lé­ga­tion de quinze per­sonnes s’est ren­due au ha­meau de Cour­be­fy pour re­lan­cer le pro­jet du pro­prié­taire Ahae.

Le pro­jet de trans­for­mer le ha­meau de Cour­be­fy en une ré­si­dence d’ar­tistes vat­il voir enfin le jour ? De­puis des an­nées, ce pe­tit vil­lage in­ha­bi­té du Li­mou­sin vit au rythme des re­bon­dis­se­ments. Aban­don­né, ache­té, ré­ha­bi­li­té, trans­for­mé en vil­lage va­cances ou en hô­tel­res­tau­rant, le ha­meau semble comme frap­pé par une ma­lé­dic­tion : les pro­jets pour le faire re­vivre n’ont jus­qu’à pré­sent pas abou­ti ou ont ra­pi­de­ment pé­ri­cli­té. De­puis oc­tobre der­nier et la ve­nue sur place, de­puis New York, d’une quin­zaine de per­sonnes, l’ es­poir semble pour­tant re­naître …« Le fils du der­nier ac­qué­reur, Ah ae, ac­com­pa­gné de plu­sieurs em­ployés ont dé­bar­qué avec leurs grosses BMW noires à Cour­be­fy. Il y avait un ar­chi­tecte éga­le­ment. Ils sont ve­nus pour prendre des pho­tos, ef­fec­tuer des re­le­vés. Il m’a as­su­ré qu’il vou­lait conti­nuer le pro­jet de son père, à sa­voir faire de ce vil­lage un

lieu où des ar­tistes se­raient ac­cueillis et pour­raient tra­vailler. Nous avons vé­cu tel­le­ment de désillusions que dé­sor­mais, je ne m’en­flamme pas », souffle le maire Ber­nard Guil­hem, dont le vi­sage est in­dé­fi­ni­ment as­so­cié à Cour­be­fy. Ahae, c’est ce pho­to­graphe ani­ma­lier qui avait ache­té aux en­chères le vil­lage de Cour­be­fy en 2012. Au dé­part, le ha­meau avait été mis en vente pour 300.000 eu­ros. Per­sonne n’en avait alors vou­lu. Fi­na­le­ment, les ar­ticles pu­bliés lo­ca­le­ment, re­pris un peu par­tout par­la presse na­tio­nale, puis par l’Agence France Presse et enfin CNN, de­vaient don­ner à cette his­toire une por­tée in­croyable. Les médias étran­gers avaient par­lé de ce vil­lage pro­po­sé « à un prix plus bas qu’un ap­par­te­ment lon­do­nien » dont per­sonne ne vou­lait… du moins lo­ca­le­ment. Pour les se­condes en­chères, les ac­qué­reurs du monde en­tier s’étaient pres­sés au tri­bu­nal de grande ins­tance de Li­moges. Les pro­jets les plus fous furent évo­qués : une émis­sion de té­lé­réa­li­té pro­po­sée par le groupe En­de­mol, la trans­for­ma­tion du vil­lage en ré­si­dence par une bande d’amis pour leurs va­cances, ou en­core ce pro­jet belge d’ins­tal­ler un centre pour han­di­ca­pés avec une qua­ran­taine d’em­plois à la clé. C’est fi­na­le­ment la so­cié­té Ahae Press Inc, créée par un énig­ma­tique mil­liar­daire sud­co­réen fuyant les médias comme la peste, qui avait rem­por­té la mise pour 520.000 eu­ros.

Saint Tho­mas

À l’époque, on pen­sait le vil­lage enfin sau­vé… Sauf qu’Ahae se ré­vé­lait êtreMrYoo,co fon­da­teur d’ une secte mais aus­si le pro­prié­taire d’une com­pa­gnie ma­ri­time mise en cause dans le nau­frage du Se­wol où 295 per­sonnes per­dirent la vie en avril 2014. Re­cher­ché parles au­to­ri­tés, Ahae fut fi­na­le­ment re­trou­vé mort dans des cir­cons­tances trou­blantes avant même d’avoir pu trans­for­mer le ha­meau. «A l’époque de l’achat, je vou­lais lâ­cher la mai­rie, j’en avais marre mais je me suis dit qu’il fal­lait que je reste pour Cour­be­fy. Alors je me suis re­pré­sen­té, j’ai été élu. Quelques jours après les élec­tions, Ahae est mort ! » se re­mé­more le maire, las de ces ini­tia­tives ayant toutes ex­plo­sé en plein vol. Ber­nard Guil­hem fait dé­sor­mais comme saint Tho­mas. « J’apporte un cer­tain cré­dit à la ve­nue du fils d’Ahae sur place. Mais j’at­tends de voir. »

Ve­nus de New York pour voir le site

PHO­TO STÉ­PHANE LEFEVRE

PIS­CINE. Dans les an­nées 70, cette pis­cine ex­té­rieure était en­core uti­li­sée.

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