L’acroyo­ga, le yo­ga ver­sion acro­ba­tique, dé­barque à Li­moges

De­puis 3 mois, des cours de yo­ga plus acro­ba­tique que mé­di­ta­tif existent à Li­moges

Le Populaire du Centre (Haute-Vienne) - - La Une - Ma­rion Bu­zy Twit­ter : @ma­rion­bu­zy

Au sud de Li­moges, chaque jeu­di soir, des mor­dus d’acroyo­ga par­tagent un cours où le yo­ga se mêle à l’acro­ba­tie et au mo­de­lage. Leur but n’est pas de dé­blo­quer les cha­kras mais de tra­vailler la confiance, le don de soi et l’écoute de son corps.

Rue de Tour­coing, l’Ate­lier aé­rien res­pire da­van­tage le gla­mour que le temple ti­bé­tain. Ici, ce sont les cha­mal­lows, les po­la­roïds et les ca­na­pés moel­leux qui in­vitent à « se dé­cou­vrir » et « s’en­vo­ler ». Les hommes se font rares par­mis les clientes rieuses et dé­con­trac­tées, en mi­ni­short ou en leg­gings. Pour­tant, ici, entre deux cours de pole dance et de cer­ceau aé­rien, on pra­tique vi­gou­reu­se­ment le yo­ga. Par­don, l’acroyo­ga. Un mé­lange d’acro­ba­tie, de yo­ga et de mas­sage. Sans ex­pé­rience ni pra­tique spor­tive ré­cente, vê­tue d’un vieux ca­le­çon re­trou­vé au fond du pla­card, « vous al­lez quand même vous amu­ser », pro­met la maî­tresse des lieux, So­phie. C’est par­ti pour une séance d’1 h 30 en com­pa­gnie d’Aude, Cé­cile, So­phie, Kim­ber­ly et Sé­bas­tien, le calme et pa­tient pro­fes­seur en mar­cel gris. Pieds nus, Kim­ber­ly – éga­le­ment pro­fes­seur – lance l’étrange échauf­fe­ment. Sau­te­relle, lé­zard, ours, chan­delle dy­na­mique et ba­nane… Oui, il faut re­pro­duire tout ce­la pour tra­vailler l’asy­mé­trie des mou­ve­ments. C’est drôle. Alam­bi­qué. In­tense. Bien m’en a pris de pré­voir une grande bou­teille d’eau, je chauffe dé­jà. Fi­ni la ri­go­lade, place aux pos­tures (1). So­phie, mor­due d’acroyo­ga de­puis 2016, se­ra ma par­te­naire. Son ex­pé­rience ne se­ra pas un luxe. Tan­tôt por­teuse tan­tôt por­tée, j’ex­pé­ri­mente mes pre­mières sen­sa­tions de ba­lan­ce­ment, de contre­poids… Jus­qu’à perdre l’équi­libre. « Il faut ra­len­tir les mou­ve­ments », me souffle Sé­bas­tien. So­phie, pour­tant épui­sée d’avoir es­sayé de com­pen­ser mes er­reurs, m’en­cou­rage à re­com­men­cer. La len­teur amène ef­fec­ti­ve­ment l’équi­libre. La dou­ceur, aus­si. Mais je suis loin du Nir­va­na. À mon tour de por­ter So­phie. Les ab­dos pas loin d’ex­plo­ser et les muscles in­con­for­ta­ble­ment ten­dus, je m’ac­croche. Après­tout, elle en a fait au­tant pour moi. Je crois qu’on est au point ni­veau confiance et don de soi.

Le plexus so­laire s’ouvre

Les exer­cices se corsent, les pos­tures de­viennent spec­ta­cu­laires. Pour les exé­cu­ter, il faut s’aban­don­ner et guet­ter la moindre ré­ac­tion de son corps. C’est vrai qu’on est pas mal, per­ché sur les pieds de quel­qu’un en qui on a confiance (pho­to). Ar­rive le fi­nal, les duos tentent la po­si­tion de la ba­leine vo­lante, ou « high flying whale ». Cette fois, le por­té a le nez tour­né vers le ciel et il est sou­te­nu par les omo­plates et une che­ville (pho­to en bas à gauche). Là, d’ac­cord, je me ré­gale, même si la di­men­sion pé­tris­sage m’échappe com­plè­te­ment. J’es­saye en­suite d’être à la hau­teur pour por­ter So­phie, qui me bluffe en quit­tant car­ré­ment la po­si­tion avec une ga­li­pette. Lais­sons les ex­perts im­pro­vi­ser. Mon plexus so­laire(*) est dé­jà cu­rieu­se­ment ou­vert et la pleine conscience de mon corps fraî­che­ment ac­quise m’an­nonce que des cour­ba­tures (*) vont long­temps me rap­pe­ler ma belle ex­pé­rience de la rue de Tour­coing… À rai­son.

PHO­TOS STÉ­PHANE LE­FÈVRE

FRONT BIRD. Après quelques ten­ta­tives, je m’en­vole… Ad­mi­rez le gai­nage, que je paie­rai par de te­naces cour­ba­tures les jours sui­vant.

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