Par­tiels te­nus à l'uni­ver­si­té

Le Populaire du Centre (Haute-Vienne) - - La Une - Sé­bas­tien Du­bois et Franck La­gier

LI­MOGES. Le dé­rou­le­ment des exa­mens de la fa­cul­té des lettres a dé­bu­té hier à la fa­cul­té de droit dans une am­biance se­reine et peu de stress. EN MÊME TEMPS. Des étu­diants oc­cupent tou­jours la fac des lettres et ont ac­cueilli des ou­vriers de l’usine Ste­va de Bes­sines, d’autres veulent son dé­blo­cage.

Edu­ca­tion

Alors que les blo­cages de par­tiels et les tensions avec la po­lice se sont mul­ti­pliés ces der­nières se­maines, le dé­rou­le­ment des exa­mens de la fac de lettres de Li­moges, qui ont dé­bu­té hier, ont of­fert un par­fait contre-exemple : am­biance se­reine et peu de stress.

«Ils au­raient pu blo­quer, mais ça au­rait été un peu dur. Et puis, ils cour­raient le risque de se faire dé­ga­ger. » « De toutes fa­çons, ils n’avaient pas dit qu’ils al­laient blo­quer les par­tiels. C’est même tout le contraire. Dès le dé­but, l’AG avait vo­té le main­tien des par­tiels. » A l’étage de la fac de droit de Li­moges, de­vant la porte d’en­trée de l’am­phi 400, les conver­sa­tions ne sont pas vrai­ment celles qui oc­cupent d’ha­bi­tude, les es­prits avant un exa­men. L’oc­cu­pa­tion de la fac de lettres et de sciences hu­maines de Van­teaux et le vote par l’as­sem­blée gé­né­rale des étu­diants, la se­maine der­nière, de la « dé­lo­ca­li­sa­tion des par­tiels » ont com­pli­qué l’or­ga­ni­sa­tion, je­tant un doute sur la te­nue nor­male des épreuves. « Les di­plômes ne se­ront pas gal­vau­dés », pré­ve­nait, lun­di, le di­rec­teur ad­joint de la FLSH, Ma­ryan Le­moine. Mais ce­la n’a pas em­pê­ché Eva et Lau­rine de dou­ter. « On était un peu dans l’in­cer­ti­tude, com­mentent­elles. On ne connais­sait pas le lieu exact. Pour être franche, on se de­man­dait même si les par­tiels al­laient avoir lieu. »

« Contre nos va­leurs »

Il est près de 8 h 30, heure du dé­but des épreuves, et la cen­taine d’éléves pa­tiente dans le hall, dans l’at­tente que leur nom soit ci­té à l’ap­pel. Pas de blo­cage, ni de ban­de­role, rap­pe­lant l’Uni­ver­si­té po­pu­laire et le re­jet de la loi Orien­ta­tion et Réu­siste des Etu­diants. Alors que ces der­niè­

res se­maines les par­tiels sous ten­sion ou sous es­corte po­li­cière se sont mul­ti­pliés, Li­moges consti­tue le par­fait contreexemple. Signe du calme ab­so­lu, la pré­sence de membres du Col­lec­tif de pro­tec­tion pour l’Uni­ver­si­té (CPPU) sou­lève à peine un haus­se­ment de sour­cils. En li­cence d’His­toire, An­to­nin fait par­tie des plus vi­ru­lents op­po­sants au plan Etu­diants du gou­ver­ne­ment, mais pas ques­tion de s’en prendre au par­tiel. Ca se­rait à la fois contre­pro­duc­tif et inu­tile, à croire le jeune homme. « Le vote en AG pré­voyait qu’il se tienne d’une ma­nière ou d’une autre, ex­plique­t­il. Ce­la au­rait été à l’en­contre de nos va­leurs de ne pas res­pec­ter ce vote. »

« D’autres ma­nières de se faire en­tendre »

Cet étu­diant juge en re­vanche, comme l’ex­pli­quait un com­mu­ni­qué du CPPU, lun­di, que l’Uni­ver­si­té n’a pas suf­fi­sa­ment « an­ti­ci­pé » la pour­suite du blo­cage. « Ils l’au­raient fait, en pré­voyant dès le dé­but de dé­lo­ca­li­ser, ça au­rait été plus simple », avance­t­il. « On a tou­jours es­pé­ré que ce se­rait dé­blo­qué, ex­plique Da­niel Ruff, le doyen de la FLSH. On vou­lait que les par­tiels se passent dans les meilleurs condi­tions. Et pour les étu­diants, les meilleures condi­tions, c’était que ça se passe à la fac de lettres. » En at­ten­dant, les im­pé­trants font contre mau­vaise for­tune, bon coeur. Tout juste cer­tains contestent­ils la mé­thode du CPPU. « Sur le fond, on peut être d’ac­cord avec eux, avancent Clé­mence et Paul, en deuxième an­née de li­cence. Mais ça nous a em­pê­ché d’ac­cé­der aux cours et du coup, c’était dif­fi­cile de ré­vi­ser. Il y avait d’autres ma­nières de se faire en­tendre. »

PHO­TO : S. LE­FÈVRE

AP­PEL. Les exa­mens de la fac de lettres, dé­lo­ca­li­sés à la fa­cul­té de droit de Li­moges, se sont dé­rou­lées dans le calme.

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