Un compte Twit­ter créé mar­di veut « dé­blo­quer » la fac de lettres

Le Populaire du Centre (Haute-Vienne) - - Le Fait Du Jour -

Créé mar­di, après avoir aler­té plu­sieurs mé­dias et étu­diants, un compte Twit­ter fait en­tendre la voix des op­po­sants au blo­cage de la fac de lettres. Bap­ti­sé « De­blok UNILIM », ce compte ano­nyme a pos­té six mes­sages sur le ré­seau so­cial au pe­tit oi­seau bleu. « Nous sommes nous aus­si un col­lec­tif de pro­tec­tion de l’uni­ver­si­té de #Li­moges, in­dique­t­il dans un pre­mier temps. Au­to­pro­cla­mé, comme les autres. Nous avons vo­té ce nom en AG, à pa­pier le­vé. Vous vou­lez jouer ? Jouons. » Puis, il en­chaîne : « Nous sommes POUR le vote élec­tro­nique. Le contraire, c’est pen­ser que les étu­diants ne peuvent pas ré­flé­chir par eux­mêmes, qu’ils au­raient ab­so­lu­ment be­soin d’être à une AG, où la pa­role y est confis­quée et la dé­fiance règne, pour se faire un avis. » « Les étu­diants sont in­tel­li­gents, conclut­il, au­tant que ceux qui les “convoquent”. Ils dé­battent entre eux, à l’ex­té­rieur, avec des per­sonnes dif­fé­rentes, etc. N’avez­vous donc au­cune confiance en vos ca­ma­rades ? Il faut croire que NON. »

« Une di­zaine d’étu­diants »

Entre ces trois mes­sages, deux autres tweets alertent deux mé­dias (France Bleu et Le Po­pu­laire), deux jour­na­listes, les ser­vices de l’Uni­ver­si­té et la Fé­dé­ra­tion LEA, ain­si que la vice­pré­si­dente étu­diante Aman­dine Pas­se­ron, elle­même membre de la fé­dé­ra­tion LEA. Du cô­té des or­ga­ni­sa­tions op­po­sées au blo­cage, comme l’UNI, on af­firme « ne pas être à l’ori­gine de ce compte », ex­plique sa res­pon­sable, Les­lie Per­rin. « Je ne connais­sais pas ce compte, ex­plique Ch­ris­tophe Ra­gey, membre de la fé­dé­ra­tion LEA. Ce n’est pas nous et je ne sais pas qui c’est. Peut­être juste un étu­diant lamb­da, qui veut faire en­tendre sa voix face au CPPU. » La crainte d’un dé­blo­cage, violent ou non, était dé­jà très pré­sente lors des der­nières as­sem­blées gé­né­rales, où des me­naces di­rectes étaient même évo­quées. Mais ce­la s’est semble­t­ il cal­mé. « Ce nou­veau compte ne nous in­quiète pas, confie un membre du col­lec­tif, joint au té­lé­phone. Dé­jà, ils ne sont pas nom­breux et on a re­çu d’autres me­naces sur Jo­del (un ré­seau so­cial, NDLR) qui n’ont pas été mises à exé­cu­tion. Ça conti­nue en­core au­jourd’hui. »

« Pas vio­lents »

Contac­tés sur le ré­seau so­cial, les créa­teurs du compte Twit­ter se dé­crivent comme « un pe­tit groupe d’une di­zaine d’étu­diants. C’est tout à fait in­for­mel. Nous ne sommes ni syn­di­cat, ni as­so­cia­tion. Même si nous avons cha­cun des en­ga­ge­ments par ailleurs. Ce que nous vou­lons mettre en lu­mière, c’est que n’im­porte qui peut vi­si­ble­ment s’au­to­pro­cla­mer col­lec­tif de l’uni­ver­si­té. Nous sommes sûr(e) s de re­pré­sen­ter une ma­jo­ri­té dont la pa­role est confis­quée ou dif­fi­ci­le­ment ac­ces­sible. » In­ter­ro­gés sur leur par­ti­ci­pa­tion aux AG, ils ajoutent : « nous n’y al­lons plus. Un ca­ma­rade qui s’est ex­pri­mé à su­bi une pres­sion (pas phy­sique) du­rant son in­ter­ven­tion et par la suite. Nous l’avons très mal vé­cu. Pour nous, il n’y a pas de dé­bat pos­sible avec eux. Cer­tains d’entre eux en tout cas. Et que faire quand nos profs sont au coeur du mou­ve­ment ? C’est dif­fi­cile. Nous avons, pour cer­tains, des dos­siers de mas­ter à en­voyer en France et ils ne se­ront pas prêts à temps. On nous a dit que ça ne po­sait pas de pro­blèmes pour les mas­ters de Li­moges, que ce se­rait pris en compte, mais nous ne vou­lons pas tous res­ter à Li­moges… Estce que c’est ça l’éga­li­té des chances dont ils parlent ? » Au­cun dé­blo­cage phy­sique n’est mal­gré tout pré­vu : « nous ne sommes pas vio­lents !! En fait, nous sommes des étu­diants “nor­maux” ! Nous ne sou­hai­tons pas d’in­ter­ven­tion po­li­cière […] Juste re­ve­nir à la rai­son et que le blo­cage s’ar­rête. Qu’ils aillent dor­mir au mi­nis­tère ! Làn ça fe­ra sens ! » Et de conclure : « nous ne sommes pas contre la re­ven­di­ca­tion du mou­ve­ment, mais contre le moyen uti­li­sé. »

PHO­TO STÉ­PHANE LE­FEVRE

BLO­CAGE. L’oc­cu­pa­tion de la fac de lettres sus­cite des en­vies de dé­blo­cage.

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