On vient de loin pour l’as­tro­blème

Le Populaire du Centre (Haute-Vienne) - - Saint-junien -

CONFÉRENCE. un fo­rage de 500 mètres au to­tal a été réa­li­sé, ré­par­ti en une quin­zaine de pré­lè­ve­ments. Ces « ca­rottes » comme on ap­pelle les échan­tillons, pour­raient à l’ave­nir per­mettre d’en ap­prendre plus sur cet as­tro­blème, ma­jeur à l’échelle na­tio­nale. Mais pour­raient éga­le­ment au ni­veau in­ter­na­tio­nal, per­mettre de ré­pondre à de nom­breuses in­ter­ro­ga­tions scien­ti­fiques no­tam­ment sur l’ori­gine et l’évo­lu­tion des pla­nètes. En ef­fet les échan­tillons pré­le­vés, sont dits « frais », c’est­à­dire qu’ils n’ont su­bi aucune al­té­ra­tion mé­téo­ro­lo­gique, entre autres. Ils per­mettent ain­si aux scien­ti­fiques d’ob­te­nir une vi­sion en trois di­men­sions (3D) du cra­tère, et non plus en deux di­men­sions (2D).

L’ob­jec­tif en in­vi­tant profes­ seurs et étu­diants, était de per­mettre à ces der­niers de tra­vailler sur le ter­rain. Pla­né­to­logues, chi­mistes, géo­phy­si­ciens, tous sont ve­nus avec leur propre dis­ci­pline et les mé­thodes as­so­ciées. Ce­la, hor­mis la trans­mis­sion des sa­voirs qui est au coeur des pré­oc­cu­pa­tions du CIRIR, per­met de ras­sem­bler les com­pé­tences pour ain­si ob­te­nir, peut­être, de nom­breuses avan­cées. De plus comme l’ex­ plique Phi­lippe Lam­bert, « l’une des fai­blesses de la science au­jourd’hui, c’est de trop comp­ter sur les ma­chines, et pas as­sez sur l’oeil hu­main ». Au site de Ro­che­chouart­Chas­se­non, une loupe et un mar­teau suf­fisent presque pour étu­dier les mys­tères de la mé­téo­rite.

Au CIRIR, on se veut ras­su­rant quant aux consé­quences sur le site. Pour le prélèvement des échan­tillons, il a fal­lu une au­to­ri­sa­tion de la Ré­serve Na­tu­relle Na­tio­nale. Dans un sou­ci de pré­ser­ver l’en­vi­ron­ne­ment et le pa­tri­moine, les re­cherches n’ont concer­né qu’une par­tie mi­nime de l’as­tro­blème. Dé­sor­mais les équipes, pré­sentes sur place, ont jus­qu’à la fin de l’an­née pour dé­ci­der quelles par­ties du fo­rage elles sou­hai­te­raient uti­li­ser. Car se­lon la pro­fon­deur des pré­lè­ve­ments, toutes les dis­ci­plines ne sont pas in­té­res­sées. En­suite, ce se­ra à la Ré­serve Na­tu­relle de dé­ter­mi­ner ces at­tri­bu­tions. L’ob­jec­tif dans le fu­tur, est donc de dé­cou­vrir, com­prendre com­ment les évé­ne­ments se sont dé­rou­lés, il y a en­vi­ron 200 mil­lions d’an­nées. Évé­ne­ments qui, se­lon les cher­cheurs n’ont du­ré qu’une di­zaine de mi­nutes. A l’ave­nir d’autres pré­lè­ve­ments au­ront cer­tai­ne­ment lieu pour pour­suivre les re­cherches, mais Phi­lippe Lam­bert est in­tran­si­geant : « Il n’y au­ra ici aucune ex­ploi­ta­tion in­dus­trielle ». De quoi ras­su­rer les ha­bi­tants du ter­ri­toire, pour qui l’as­tro­blème est une par­tie im­por­tante du pa­tri­moine.

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