Une opé­ra­tion com’ tous azi­muts

Le Populaire du Centre (Haute-Vienne) - - France -

Avec une tren­taine de mi­nistres sur le ter­rain, le gou­ver­ne­ment a lan­cé, hier, une opé­ra­tion com­mu­ni­ca­tion tous azi­muts pour son pre­mier an­ni­ver­saire, ani­mé de la convic­tion « qu’en ma­tière d’ex­pli­ca­tion on n’en fait ja­mais trop ».

Réunions pu­bliques dans toute la France, jour­nal té­lé­vi­sé, tracts : c’est une of­fen­sive mas­sive des membres du gou­ver­ne­ment pour as­su­rer le ser­vice après­vente du « plan de trans­for­ma­tion » ini­tié il y a un an avec l’élec­tion d’Em­ma­nuel Ma­cron. « Au bout d’un an je pense qu’il est très sain d’al­ler au contact, d’al­ler ex­pli­quer, d’al­ler aus­si des­si­ner les pers­pec­tives de la suite, pas sim­ple­ment ex­pli­quer le pas­sé », a ain­si dé­taillé Édouard Phi­lippe, qui a mon­tré la voie en dé­fen­dant la pre­mière an­née de ré­formes de son gou­ver­ne­ment sur France 3. « En ma­tière d’ex­pli­ca­tion, en ma­tière de contact on n’en fait ja­mais trop », a­t­il in­sis­té en re­ve­nant no­tam­ment sur la ré­forme de la SNCF, les me­sures en ma­tière de san­té ou en­core l’aug­men­ta­tion de la PORTE-PA­ROLE. CSG pour les re­trai­tés. Dans un contexte so­cial ten­du, mar­qué par un re­bond en dé­but de se­maine de la mo­bi­li­sa­tion syn­di­cale contre la ré­forme fer­ro­viaire, il s’agit ef­fec­ti­ve­ment de ré­pondre à l’in­las­sable in­jonc­tion de « faire de la pé­da­go­gie », « ex­pli­quer », « don­ner du sens glo­bal », mar­te­lée au som­met de la ma­cro­nie de­puis des mois. « On est tous porte­pa­role du gou­ver­ne­ment », ré­sume Ben­ja­min Gri­veaux, ti­tu­laire ef­fec­tif du por­te­feuille et ins­ti­ga­teur des « Ren­contres du gou­ver­ne­ment » or­ga­ni­sées hier. La qua­si­to­ta­li­té des mi­nistres se rendent en mee­ting, du Mor­bi­han pour Ben­ja­min Gri­veaux au Var pour Ni­co­las Hu­lot, en pas­sant par Vi­chy (Gé­rald Dar­ma­nin), Tou­louse (Éli­sa­beth Borne), Run­gis (Gé­rard Col­lomb) ou en­core Pes­san dans le Gers (Bru­no Le Maire). Des villes pe­tites ou moyennes, pour beau­coup dans des ré­gions ru­rales, ont été ci­blées, afin d’at­teindre un pu­blic ca­jo­lé par l’op­po­si­tion, no­tam­ment de droite, qui ac­cuse l’exé­cu­tif de dé­con­nexion avec ces ter­ri­toires. « Plu­tôt que 20 mi­nistres qui viennent pour nous par­ler, et nous as­sé­ner leurs pon­cifs lé­ni­fiants, j’au­rais pré­fé­ré avoir un pré­sident qui écoute », a dé­non­cé le dé­pu­té LR Fa­bien Di Fi­lip­po. Le for­mat est im­po­sé : quelques mi­nutes d’in­tro­duc­tion puis un jeu de ques­tions­ré­ponses. « L’ac­cès est to­ta­le­ment libre […] On peut avoir toutes sortes de ques­tions, y com­pris de contra­dic­teurs », glisse Fré­dé­rique Vi­dal, mi­nistre de l’En­sei­gne­ment su­pé­rieur. « Les gens ne posent pas for­cé­ment les ques­tions du quo­ti­dien mé­dia­tique. Il y a des in­ter­ro­ga­tions sur la CSG, la taxe d’ha­bi­ta­tion, la SNCF, mais aus­si beau­coup de su­jets […] comme la fin de vie, le han­di­cap, le ser­vice na­tio­nal, les pro­blé­ma­tiques du 4e âge », as­sure Ben­ja­min Gri­veaux. Le lea­der de La France In­sou­mise, Jean-Luc Mé­len­chon, reste de loin le « meilleur op­po­sant » à Em­ma­nuel Ma­cron et au gou­ver­ne­ment, se­lon un son­dage Odoxa-Dent­su Consulting pour fran­cein­fo et Le Fi­ga­ro pu­blié hier. Jean­Luc Mé­len­chon est consi­dé­ré par 42 % des per­sonnes in­ter­ro­gées comme « le meilleur op­po­sant » au pré­sident, loin de­vant Ma­rine Le Pen en deuxième po­si­tion avec 29 %. Viennent en­suite avec 17 % Laurent Wau­quiez, pré­sident des Ré­pu­bli­cains, et avec 9 % Oli­vier Faure, pre­mier se­cré­taire du PS (contre 11 % pour Be­noît Ha­mon en dé­cembre der­nier). In­ter­ro­gés sur la po­pu­la­ri­té des chefs de par­tis, les Fran­çais placent en tête Jean­Luc Mé­len­chon dont 33 % d’entre eux ont une opi­nion « très bonne » ou « as­sez bonne », puis Ma­rine Le Pen 26 %, Ch­ris­tophe Cas­ta­ner 22 %, Laurent Wau­quiez MÉ­LEN­CHON.

17 % et Oli­vier Faure 10 %. Pour le pa­tron des so­cia­listes, 62 % ne peuvent ex­pri­mer d’opi­nion parce qu’ils « ne le connaissent pas suf­fi­sam­ment », ce qui est le cas aus­si pour 46 % de son­dés concer­nant le pa­tron des Marcheurs. L’en­quête a été réa­li­sée au­près d’un échan­tillon de 1.015 Fran­çais sé­lec­tion­nés se­lon la mé­thode des quo­tas et in­ter­ro­gés par in­ter­net du 15 au 16 mai, avec une marge d’er­reur de 2,5 points.

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