Iran et Ve­ne­zue­la font grim­per le prix du pé­trole

Le Populaire du Centre (Haute-Vienne) - - Monde -

Le ba­ril de pé­trole Brent a dé­pas­sé, hier, le seuil des 80 dol­lars pour la pre­mière fois de­puis no­vembre 2014, dans un mar­ché ten­du. Pour Jas­per Law­ler, ana­lyste pour Lon­don Ca­pi­tal Group, la pro­gres­sion des cours est « im­pres­sion­nante ». D’au­tant que de ré­cents rap­ports ont fait état d’une hausse des ex­por­ta­tions amé­ri­caines et d’un fu­tur ra­len­tis­se­ment de la de­mande, deux fac­teurs qui de­vraient en théorie pe­ser sur les prix.

In­cer­ti­tudes po­li­tiques

De­puis plu­sieurs se­maines, les cours du pé­trole ont été ti­rés par les in­quié­tudes quant à la pro­duc­tion vé­né­zué­lienne, la­quelle pâ­tit de la crise éco­no­mique et po­li­tique qui se­coue le pays. L’élec­tion pré­si­den­tielle de di­manche, où l’ac­tuel pré­sident Ni­co­las Ma­du­ro est le grand fa­vo­ri, ne ras­sure pas les mar­chés. D’après les ana­lystes, dans l’hy­po­thèse où les États­Unis in­ter­di­raient to­ta­le­ment les im­por­ta­tions de brut vé­né­zué­lien, ce­la se tra­dui­rait, pour le mar­ché, par une dis­pa­ri­tion de plus de 400.000 ba­rils. Alors que les États­Unis, tou­jours eux, ont dé­ci­dé de sor­tir de l’ac­cord sur le nu­cléaire ira­nien et ré­ta­bli les sanc­tions contre Té­hé­ran, l’in­cer­ti­tude sur la pro­duc­tion ira­nienne a éga­le­ment contri­bué à la hausse des cours. Le groupe pé­tro­lier fran­çais To­tal a in­di­qué qu’il ne mè­ne­rait pas à terme un grand pro­jet ga­zier en­ta­mé en juillet 2017, à moins d’ob­te­nir une dé­ro­ga­tion de la part des États­Unis. Dans le même temps, l’Ara­bie saou­dite, pre­mier ex­por­ta­teur mon­dial de pé­trole et grand ri­val de l’Iran, a ré­cem­ment dé­cla­ré qu’elle pren­drait les me­sures né­ces­saires pour em­pê­cher des pé­nu­ries. La hausse des cours est éga­le­ment ali­men­tée par l’an­nonce d’un re­cul des stocks de brut aux ÉtatsU­nis et d’une très forte baisse des ré­serves d’es­sence. Elle pour­rait de­ve­nir un pro­blème pour les éco­no­mies dé­ve­lop­pées, dont l’ac­ti­vi­té avait pro­fi­té de la chute in­ter­ve­nue en 2014. Dans ses der­niers ré­sul­tats, Air France­KLM avait ain­si es­ti­mé que sa fac­ture car­bu­rant de­vrait s’ac­croître de 350 mil­lions d’eu­ros en 2018.

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