Stu­peur et trem­ble­ments en Es­pagne

Le Populaire du Centre (Haute-Vienne) - - COUPE DU MONDE - FER­NAN­DO HIER­RO. JOA­CHIM LÖW. PAU­LIN­HO. NA­HUEL GUZ­MAN. PE­DRO GALLESE.

À deux jours de ses dé­buts dans le Mon­dial ! L’évic­tion hier du sé­lec­tion­neur de l’Es­pagne Ju­len Lo­pe­te­gui, dont l’an­nonce mar­di du dé­part au Real Ma­drid a ul­cé­ré la Fé­dé­ra­tion, a plon­gé le pays dans la stu­peur.

Dans un pays où le « fut­bol » est roi et la « Ro­ja » son am­bas­sa­drice, la nou­velle a fait l’ef­fet d’une bombe. D’au­tant plus que la sé­lec­tion, éli­mi­née à l’Eu­ro 2016 en hui­tième de fi­nale après son tri­plé his­to­rique Eu­ro 2008/Mon­dial 2010/ Eu­ro 2012, aborde cette Coupe du monde par­mi les fa­vo­ris. Près du stade San­tia­goBer­na­beu, Juan Jo­sé Bor­re­go, tech­ni­cien in­for­ma­tique de 23 ans, n’en re­vient pas : « Ce ne sont pas des fa­çons de faire de la part du Real et de Lo­pe­te­gui, et ce ne sont pas des fa­çons de faire à deux jours du Mon­dial ». CHAN­GE­MENT. sa part Ma­ria An­geles Lo­pez, em­ployée ad­mi­nis­tra­tive à la re­traite de 65 ans. Mais on ne parle pas de la Fé­dé­ra­tion, on parle de l’Es­pagne ! […] Elle au­rait dû faire ce qui était le mieux pour l’Es­pagne et pas tout mettre sens des­sus des­sous ». À la mi­jour­née, l’an­nonce du dé­part de Lo­pe­te­gui par le pré­sident de la Fé­dé­ra­tion es­pa­gnole (RFEF) Luis Ru­biales de­puis la Rus­sie a im­mé­dia­te­ment fait la Une des sites In­ter­ net de la plu­part des quo­ti­diens. « De toutes les mau­vaises solutions » qu’au­rait pu choi­sir la RFEF, « c’est la pire », a ju­gé Al­fre­do Re­laño, di­rec­teur du quo­ti­dien spor­tif « Nous nous fai­sons re­mar­quer par tout le monde », re­grette­t­il. Pour Al­fre­do Re­laño, cette ré­vo­lu­tion à la tête de la Ro­ja en dit aus­si beau­coup sur le dés­équi­libre des forces entre l’équipe na­tio­nale et les clubs comme le Real, équipe à l’au­ra pla­né­taire tout juste au­réo­lée d’une troi­sième Ligue des champions consé­cu­tive. La dé­ci­sion du Real Ma­drid d’an­non­cer juste avant le Mon­dial le re­cru­te­ment de Lo­pe­te­gui, qui ve­nait pour­tant de pro­lon­ger son man­dat à la tête de la Ro­ja, est un « boulet de ca­non en­voyé à la sé­lec­tion ». Le « Real a un sta­tut sym­bo­lique. C’est, en exa­gé­rant un peu, une ins­ti­ tu­tion cen­trale de la na­tion » et « une at­taque du Real contre la sé­lec­tion est très mal ve­nue ». Si c’était le Bar­ça ca­ta­lan qui avait fait ce­la « on au­rait presque pen­sé à un sa­bo­tage na­tio­na­liste », sou­ligne­til. Face à ce coup de ton­nerre, le ca­pi­taine de la Ro­ja, et du Real, Ser­gio Ra­mos a ten­té d’éteindre l’in­cen­die à deux jours du pre­mier match face au Por­tu­gal de Cris­tia­no Ro­nal­do. « C’est un beau dé­fi, pas­sion­nant. Les cir­cons­tances sont ce qu’elles sont et j’ac­cepte cette res­pon­sa­bi­li­té avec cou­rage, en con­si­dé­rant que nous avons un groupe de joueurs qui viennent de pas­ser deux ans à tra­vailler pour ce Mon­dial. J’ai été di­rec­teur spor­tif de­puis plu­sieurs mois et j’en­tends bien que tous les joueurs rêvent de ce­la, donc je ne pou­vais pas les dé­ce­voir. (...) J’avais trois op­tions : dire non, m’en al­ler et j’ai choi­si la troi­sième, être pré­sent. Il y a des joueurs qui sont là, une fé­dé­ra­tion et c’était le moment de ré­pondre pré­sent. C’était clair pour moi dès le dé­part. Je ne pou­vais pas dire non parce que je ne me le se­rais ja­mais par­don­né. » Ça m’a sur­pris, comme tout le monde. Je ne connais pas le contexte de cette dé­ci­sion, mais une telle si­tua­tion deux jours avant un pre­mier match au Mon­dial (contre le Por­tu­gal, ndlr), c’est un coup de mas­sue, et une per­tur­ba­tion dont la Fé­dé­ra­tion et l’équipe se pas­se­raient bien. Mais, si on peut par­ler d’une équipe bien ro­dée, qui pos­sède sa phi­lo­so­phie du foot­ball de­puis « Nous sommes la sé­lec­tion, nous re­pré­sen­tons un écus­son, des cou­leurs, des sup­por­ters, un pays. La res­pon­sa­bi­li­té et l’en­ga­ge­ment sont avec vous et pour vous. Hier, au­jourd’hui et de­main, unis. Al­lez l’Es­pagne », a­t­il écrit sur L’an­cienne ve­dette de la « Ro­ja » (et du Bar­ça…) Xa­vi Her­nan­dez, in­ter­ro­gé par le quo­ti­dien spor­tif a lui ap­prou­vé la dé­ci­sion du pré­sident de la Fé­dé­ra­tion : « Ce­la a été une sur­prise pour tout le monde mais Ru­biales a très bien ré­agi. Il a pen­sé à la Fé­dé­ra­tion qui doit tou­jours être au­des­sus des per­sonnes ». Et main­te­nant ? Avec Fer­nan­do Hier­ro nom­mé dans l’ur­gence à sa tête, quelles sont les chances de la sé­lec­tion ? Les joueurs « peuvent se res­ser­rer au­tour de Hier­ro » et il y a eu aus­si « des cas d’au­to­ges­tion d’équipes qui ont réus­si grâce à la co­hé­sion » entre les membres, veut croire Al­fre­do Re­laño. « Si nous avions de grandes chances, là, elles sont beau­coup plus minces », souffle Juan Jo­sé Bor­re­go. « Nous en avons en­core car nous avons de très bons joueurs […] mais je ne nous vois pas ga­gner le Mon­dial après cet in­con­vé­nient. »

ES­PAGNE

des an­nées, c’est bien l’Es­pagne. Ils se connaissent de­puis des an­nées et ils ne vont perdre ni leur jeu ni leur classe. »

AL­LE­MAGNE BRÉ­SIL

« Le Bré­sil est mieux pré­pa­ré dans plu­sieurs do­maines. Ça fait par­tie du foot. En quatre ans, on ap­prend beau­coup de choses. Nous sommes plus en confiance. »

ARGENTINE

suis fier de par­ta­ger cette ex­pé­rience et d’es­sayer d’ac­com­pa­gner chaque ins­tant avec lui. Et nous es­pé­rons que nous pour­rons cé­lé­brer chaque match à ses cô­tés. On doit tous faire en sorte que Leo (Mes­si, ndlr) brille. » Je

PÉ­ROU

Ça se­ra un match dif­fi­cile, ten­du. Il faut res­ter concen­trés pour les battre. Nous n’avons pas en­core beau­coup par­lé avec l’en­traî­neur sur le match, mais nous sommes tour­nés vers ce­lui-ci. Le Da­ne­mark vou­dra im­po­ser sa taille. Mais nous avons dé­jà joué contre des équipes avec ce phy­sique-là, nous de­vons nous dé­fendre avec la balle et être in­tel­li­gents pour ne pas faire de fautes. »

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