May ti­raillée par sa ma­jo­ri­té

Le Populaire du Centre (Haute-Vienne) - - FRANCE & MONDE -

The­re­sa May s’est en­ga­gée à res­pec­ter le choix du peuple bri­tan­nique. Elle s’est aus­si en­ga­gée à don­ner un droit de re­gard sur le Brexit au Par­le­ment où les proEu­ro­péens sont ma­jo­ri­taires.

The­re­sa May doit te­nir ses pro­messes : les dé­pu­tés pro­eu­ro­péens du Par­ti conser­va­teur ont ré­cla­mé leur dû, hier, après avoir per­mis la veille à la Pre­mière mi­nistre bri­tan­nique d’évi­ter une dan­ge­reuse dé­faite lors de l’exa­men de son pro­jet de loi sur le Brexit. Le texte est des­ti­né à mettre fin à la su­pré­ma­tie du droit eu­ro­péen sur le droit bri­tan­nique et à or­ga­ni­ser la trans­po­si­tion de cer­taines ré­gle­men­ta­tions eu­ro­péennes. PAR­LE­MENT.

de­vrait être adop­té. Mar­di, les élus avaient re­je­té, au grand sou­la­ge­ment de The­re­sa May, un amen­de­ment qui au­rait don­né au Par­le­ment un droit de ve­to sur le ré­sul­tat des né­go­cia­tions avec Bruxelles alors que la ma­jo­ri­té des par­le­men­taires bri­tan­niques re­fusent que leur pays quitte l’Union eu­ro­péenne (UE) sans ac­cord. Pour ar­ri­ver à ce ré­sul­tat, le gou­ver­ne­ment a pro­mis d’of­frir au Par­le­ment un droit de re­gard sur le fu­tur ac­cord de sor­tie. Mais la te­neur exacte des conces­sions res­tait floue aux yeux d’un grand nombre d’ob­ser­va­teurs, per­met­tant à chaque camp – eu­ro­phobes et eu­ro­philes – de cla­mer vic­toire. « Ce qui a été conve­nu, c’est que la Pre­mière mi­nistre a com­pris que le Par­le­ment veut avoir son mot à dire, en toutes cir­cons­tances, sur l’ac­cord fi­nal du Brexit », s’est ain­si ré­jouie la dé­pu­tée conser­va­trice pro­UE Ni­cky Mor­gan. Elle s’est dite convain­cue qu’il y au­rait bien un vote à l’is­sue des né­go­cia­tions entre Londres et Bruxelles. The­re­sa May a fait un pas en di­rec­tion des dé­pu­tés pro­UE, en re­con­nais­sant que le gou­ver­ne­ment avait be­soin du « sou­tien » des par­le­men­taires. Elle a tou­te­fois clai­re­ment si­gni­fié que « les mains du gou­ver­ne­ment ne peuvent pas être liées par le Par­le­ment » dans les né­go­cia­tions sur le Brexit.

« Je ne peux pas ac­cep­ter que le Par­le­ment puisse ren­ver­ser la vo­lon­té du peuple bri­tan­nique » de sor­tir de l’UE, a in­sis­té The­re­sa May. Un gage don­né aux an­ti­UE. Crai­gnant que le pro­jet de loi ne fi­nisse pas dé­li­vrer un Brexit édul­co­ré, les conser­va­teurs eu­ros­cep­tiques l’ont ap­pe­lé à res­ter ferme. Fus­ti­geant les mé­thodes des pro­UE, le dé­pu­té conser­va­teur John Red­wood a es­ti­mé que leurs do­léances ca­chaient en réa­li­té une « in­ten­tion de ren­ver­ser la dé­ci­sion du peuple bri­tan­nique ». Le répit ob­te­nu par The­re­sa May risque d’être de courte du­rée. Une nou­velle ver­sion du texte du gou­ver­ne­ment se­ra pré­sen­tée au­jourd’hui, avant un vote lun­di de­vant la chambre des Lords.

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