Comment la Ville s’ap­pro­vi­sionne et traite son eau

L’ad­duc­tion en eau po­table de la ville, gé­ré en ré­gie, re­pose sur cinq re­te­nues et une prise d’eau

Le Populaire du Centre (Limoges) - - La Une -

La ville de Li­moges est ali­men­tée par cinq re­te­nues d’eau, d’une ca­pa­ci­té to­tale de 13 mil­lions de m3, avec pour com­plé­ment une prise d’eau sur la Vienne, au Pa­lais.

« De l’eau de pluie », sou­ligne Ré­my Vi­rou­laud, ad­joint au maire en charge de l’eau : « Nous sommes sur un sol gra­ni­tique peu pro­pice à la cons­ti­tu­tion de nappes phréa­tiques ex­ploi­tables, ce que nous uti­li­sons, c’est de l’eau de ruis­sel­le­ment ». Les cinq re­te­nues ont été ache­tées au fil de l’his­toire « grâce à la bonne an­ti­ci­pa­tion des élus suc­ces­sifs de Li­moges », les pre­mières à l’époque de Léon Be­toule entre 1926 et 1929, la der­nière, le Mazeaud, du­rant celle de Louis Lon­ge­queue (en 1979). Une étude à ve­nir sur des mi­cro­tur­bines Ces re­te­nues sont « très bien si­tuées avec des bas­sins ver­sants orien­tés pour cap­ter les pré­ci­pi­ta­tions ve­nues de l’ouest. Et elles sont pla­cées en hau­teur par rap­port à la sta­tion de trai­te­ment, ce qui per­met d’ache­mi­ner l’eau par la gra­vi­té », car­to­gra­phie Ré­my Vi­rou­laud. La pente est telle – 110 m de dé­ni­ve­lé de­puis le Mazeaud – que la Ville doit uti­li­ser pour l’heure des ré­duc­teurs de pres­sion sur les 85 km d’énormes conduites (de 70 à 90 cm de dia­mètre) qui ache­minent l’eau vers la sta­tion de trai­te­ment. Mais ce pour­rait être un atout, car une étude va être lan­cée sur l’ins­tal­la­tion de mi­cro­tur­bines pour pro­duire de l’élec­tri­ci­té. Cette pré­cieuse res­source est sui­vie sous tous les angles par une bat­te­rie de contrôles quo­ti­ di­ens, heb­do­ma­daires, men­suels, an­nuels ou dé­cen­naux. Un pen­dule per­met no­tam­ment de vé­ri­fier si le bar­rage du Mazeaud bouge, ne se­rait­ce que de quelques mil­li­mètres. « Nous contrô­lons aus­si l’eau dès sa sor­tie de la re­te­nue et les in­for­ma­tions ar­rivent à la sta­tion de trai­te­ment. En cas de pro­blème, nous pou­vons im­mé­dia­te­ment fer­mer l’ar­ri­vée », dé­taille Ma­rie Crou­zo­lon, di­rec­trice du ser­vice de l’eau. Par­mi les ana­lyses ef­fec­tuées sur l’eau, celles de la ra­dio­ac­ti­vi­té font ap­pa­raître « des me­sures très en de­çà des seuils pour les sé­di­ments au fond des re­te­nues (entre 300 et 700 bec­que­rels/kg de ma­tière sèche avec un seuil à 3.700) et une ra­dio­ac­ti­vi­té trop faible pour être dé­tec­tée dans l’eau en sor­tie de sta­tion », ras­sure Ré­my Vi­rou­laud. Des pé­ri­mètres de pro­tec­tion Afin d’évi­ter toute éven­tuelle conta­mi­na­tion de l’eau par d’autres pol­lu­tions, un large pé­ri­mètre de pro­tec­tion est en place au­tour de chaque re­te­nue, in­ter­di­sant toute ac­ti­vi­té hu­maine. 25 ha sont ain­si concer­nés pour la re­te­nue de Mazeaud, la plus im­por­tante, qui four­nit en moyenne la moi­tié de l’eau po­table de Li­moges. Tout un pro­gramme de pré­lè­ve­ment de l’eau est éta­bli entre les dif­fé­rents sites, no­tam­ment en fonc­tion de la tem­pé­ra­ture de l’eau. « Le Mazeaud est le plus pro­fond donc, l’été, nous pou­vons pré­le­ver de l’eau plus fraîche, en pro­fon­deur. A l’in­verse, l’hi­ver, quand la tem­pé­ra­ture de l’eau peut tom­ber à 5 de­grés au fond, nous pré­le­vons plus en sur­face et jouons sur les sources d’ap­pro­vi­sion­ne­ment », dé­taille Ma­rie Crou­zo­lon. Zoom sur les six zones d’ap­pro­vi­sion­ne­ment. Les bar­rages de Beaune 1 et 2 (com­mune de Li­moges) sur la ri­vière La Ma­zelle, sont d’une ca­pa­ci­té res­pec­tive de 148.000 et 1.827.000 m3. L’étang de Crou­zille (com­mune de Saint­Syl­vestre), ali­men­té par Le Vin­cou, peut conte­nir jus­qu’à 1.400.000 m3. L’étang de Gouillet (com­mune de Saint­Syl­vestre) offre un ré­ser­voir de 1.070.000 m3 (notre pho­to), grâce au Ri­tord. Le bar­rage du Mazeaud (com­mune de Saint­Léger­la­Mon­tagne), sur La Couze, est le plus im­por­tant ré­ser­voir d’eau pour Li­moges, avec une ca­pa­ci­té de 6.200.000 m3. La prise d’eau sur la Vienne est réa­li­sée via une sta­tion de pom­pa­geet (com­mu­ne­pa­ci­téle bar­rage maxi­male (com­mu­nede du Pa­na­zol).Pas de de du pré­lève­la Pa­lais)La Mule ca­men­telle n’es­test de qu’une 1.800 res­sour­cem3/h, mais de secours. Sauf l’an der­nier, quand elle fut uti­li­sée comme re­cours pour com­pen­ser la vi­dange pour tra­vaux de la re­te­nue du Mazeaud (lire ci­des­sus).

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