Champ­se­cret, terre de peintres

La com­mune de Champ­se­cret peut être fière de comp­ter par­mi ses en­fants deux ar­tistes peintres ma­jeurs de la Belle Epoque : Gas­ton La­touche (1854-1913) et Charles Léandre (1862-1934). Leurs oeuvres sont connues dans le monde en­tier.

Le Publicateur Libre - - La Une - Na­tha­lie Gué­rin

Le pre­mier, Gas­ton La­touche est né à Saint-Cloud le 29 oc­tobre 1854 d’un père na­tif de Champ­se­cret. Pen­dant la guerre de 1870, Jacques-Fran­çois La Touche éloigne pré­ci­pi­tam­ment sa fa­mille de la ré­gion pa­ri­sienne pour la mettre à l’abri dans la ferme fa­mi­liale de Gros Douet du Ha­mel.

Un tra­vailleur achar­né

Gas­ton dé­couvre Champ­se­cret pen­dant deux ans avec un bon­heur im­mense et y pui­se­ra une par­tie de son ins­pi­ra­tion. Son par­cours pro­fes­sion­nel se­ra dif­fi­cile. Ses pro­po­si­tions aux di­verses ex­po­si­tions of­fi­cielles de 1869 à 1882 ayant été re­fu­sées, il tra­vaille sans re­lâche et n’hé­site pas à s’en­fer­mer dans son ate­lier de 4 h du ma­tin à 23 h. Fi­na­le­ment, son grand ta­lent et son tra­vail achar­né le font ad­mettre du pu­blic et de la cri­tique.

Il brûle ses oeuvres

En 1884, il réa­lise La lé­gende du point d’Ar­gen­tan qui lui vau­dra sa pre­mière ré­com­pense of­fi­cielle. De 1890 à 1900, Gas­ton La­touche ex­pose une cen­taine de ta­bleaux pas­tel, eaux-fortes, pointes sèches. « En 1891, pour mar­quer une nou­velle ère, il en­tasse dans son jar­din un nombre consi­dé­rable d’oeuvres et les brûle », ex­plique Mau­rice De­mes­lay, an­cien conseiller mu­ni­ci­pal qui par­ti­ci­pé à la re­cherche de do­cu­ments pour l’ex­po­si­tion com­mé­mo­rant le cen­te­naire de la mort de l’ar­tiste.

1 000 oeuvres en 13 ans

En 1900, Gas­ton La­touche achète le lo­gis du Gros Douet du Ha­mel. Il n’était pas re­con­nu par les critiques ni les mar­chands de ta­bleaux mais en deux ans, tout change et sa re­nom­mée de­vient mon­diale. Il ob­tient une mé­daille d’or à l’ex­po­si­tion uni­ver­selle de Pa­ris. Plus de 1 000 oeuvres sont réa­li­sées de 1900 à 1913.

Cer­taines se­ront ex­po­sées dans les mu­sées de Syd­ney, du Luxem­bourg, de Phi­la­del­phie, Chi­ca­go, New York, Bar­ce­lone… Et ce­pen­dant, « Il vi­vait beau­coup à Champ­se­cret […]. Il chas­sait et tra­vaillait. Je le sui­vais à la chasse et le re­gar­dais peindre », té­moigne Charles Léandre, de 10 ans son ca­det, qui ad­mire « sa fa­ci­li­té et sa ra­pi­di­té » qui étaient « ex­tra­or­di­naires ».

Lun­di 7 juillet 1913, Gas­ton La­touche aban­donne un ta­bleau, vain­cu par le mal. Il meurt à Pa­ris le 12 juillet à 20 h.

Une ca­ri­ca­ture de la Reine Vic­to­ria

Le se­cond, Charles Léandre est né à Champ­se­cret le 22 juillet 1862 et mort à Pa­ris le 24 mai 1934. Cet ar­tiste peintre, por­trai­tiste et sur­tout ca­ri­ca­tu­riste de jour­naux illus­trés, s’est ren­du cé­lèbre par sa ca­ri­ca­ture de la reine Vic­to­ria qui a failli créer un in­ci­dent di­plo­ma­tique entre la France et l’An­gle­terre. Ses pein­tures sont es­sen­tiel­le­ment des pay­sages aux cou­leurs douces, mar­qués d’un cer­tain ro­man­tisme, ceux de sa Nor­man­die na­tale. Son ate­lier et sa tombe sont tou­jours vi­sibles à Champ­se­cret. Ses oeuvres sont ex­po­sées au mu­sée de Dom­front qui porte son nom et à ce­lui de Con­dé­sur-Noi­reau.

1. Gas­ton La­touche et sa fille So­lange. 2. Au­to­por­trait de Charles Léandre. 3. La mai­son na­tale de Charles Léandre. 4. La tombe de Charles Léandre au ci­me­tière de Champ­se­cret.

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