Trou­ver un em­ploi à l’étran­ger : des pistes pour se lan­cer

Tra­vailler au bout du monde les pieds dans le sable le temps d’une saison tou­ris­tique, exer­cer son an­glais en Ca­li­for­nie dans un parc d’at­trac­tions, ac­cueillir la clien­tèle d’un éco­lodge au bord d’un lac sué­dois, la ma­jo­ri­té des Fran­çais ont rê­vé de se la

Le Quotidien du Tourisme - - La Une -

Lle mi­nis­tère deses plus cha­que­tal­ler­pou­rou les Af­faires da­van­tage.chiffres Fran­çai­sen quel­que­san­née,à plus l’étran­ge­ré­ta­blis étran­gères,sont D’après en­clins,à s’ins- mois parde la çaisde crits com­mu­nau­té­ci­toyens comp­te­sur les listes éta­bli­sentre mi­nis­té­riel­lesdes 1,7à ex­pa­triés l’étran­ge­ret 2,5 mil­lion­set fran- (ins-no­nins­crits) à bou­cler et leur­sils se­raient ba­gages en­vi­ron pour 100 ten­ter 000 l’aven­tu­rePar­mi eux, chaque8 per­son­ne­san­née. sur 10 tra­vaillent sur place. D’après les don­nées du mi­nis­tère, 27 % de ces ac­tifs sont des cadres su­pé­rieurs. Près de la moi­tié des ex­pa­triés in­ter­ro­gés gagnent plus de 30 000 eu­ros par an. Les deux tiers sont en couple et 60 % sont pa­rents, avec des en­fants ma­jo­ri­tai­re­ment très jeunes. 30 % vivent à l’étran­ger pour se rap­pro­cher de leur fa­mille. 6 % ont choi­si d’y pas­ser leur re­traite. Seuls 4 % des son­dés ont quit­té le sol fran­çais pour des études ou un stage et 2,3 % pour de la co­opé­ra­tion ou une ac­tion dans une ONG. Du cô­té des des­ti­na­tions pri­vi­lé­giées, la ma­jo­ri­té a choi­si de s’ins­tal­ler en Eu­rope, no­tam­ment la Suisse, le Royaume- Uni, la Bel­gique, l’Es­pagne, l’Al­le­magne et l’Ita­lie. 18 % d’entre eux s’éta­blissent dans la zone d’Afrique fran­co­phone, 12 % pri­vi­lé­gient les pays d’Amé­rique du Nord et 12 % l’Asie–Océa­nie. Les pro­jets pro­fes­sion­nels à l’étran­ger se pré­parent en amont, ne se­rait- ce que pour s’as­su­rer des condi­tions à res­pec­ter pour tra­vailler lé­ga­le­ment dans le pays d’élection et des op­por­tu­ni­tés à sai­sir. Pour Jean-Ch­ris­tophe Bon­nin, res­pon­sable du dé­par­te­ment mo­bi­li­té et pla­ce­ment in­ter­na­tio­nal de Pôle Em­ploi : « Deux des­ti­na­tions sont évo­quées en prio­ri­té par les can­di­dats au dé­part : le Ca­na­da et le Royau­meU­ni. Pour­tant, la plu­part des offres d’em­plois que nous dif­fu­sons pro­viennent des pays du nord de l’Eu­rope, comme l’Al­le­magne, qui compte près de 450 000 postes va­cants. Les com­pé­tences des ac­tifs fran­çais sont re­cher­chées à l’étran­ger no­tam­ment dans les do­maines du conseil, de l’en­sei­gne­ment et de la res­tau­ra­tion. La mo­bi­li­té in­ter­na­tio­nale est pos­sible pour la ma­jo­ri­té des pro­fils, di­plô­més ou non, sans li­mite d’âge. »

Étapes pré­pa­ra­toires

Pour les sa­la­riés, le dé­sir de mo­bi­li­té à l’in­ter­na­tio­nal peut as­sez ra­pi­de­ment se concré­ti­ser, à condi­tion de res­pec­ter quelques étapes pré­pa­ra­toires. « L’es­sen­tiel est de bien pré­pa­rer son pro­jet pro­fes­sion­nel en amont, en fonc­tion de ses com­pé­tences et du mar­ché de l’em­ploi », ex­plique Jean-Ch­ris­tophe Bon­nin, de Pôle Em­ploi. « On ne dé­cide pas d’une des­ti­na­tion parce qu’on y a pas­sé d’agréables va­cances, mais bien parce que l’on va pou­voir y va­lo­ri­ser ses com­pé­tences. Il est in­dis­pen­sable de bien ré­flé­chir à ses mo­ti­va­tions, à ce que l’on va pou­voir ap­por­ter et à la ma­nière de va­lo­ri­ser cette ex­pé­rience au re­tour. Une fois cette étape va­li­dée, il faut prendre des ren­sei­gne­ments sur les condi­tions de vie sur place, sur le droit du tra­vail, les sa­laires pro­po­sés, le coût de la vie… En bref, il faut étu­dier les dif­fé­rents as­pects du pro­jet avant de se lan­cer. » Les mo­dules de conseil et les res­sources mis à dis­po­si­tion de ces can­di­dats au dé­part ne manquent pas. Pôle Em­ploi pro­pose d’ailleurs une for­ma­tion en ligne sur le site Em­ploi Store ( http:// www. em­ploi- store. fr/) sous forme de se­rious game. Ce der­nier per­met de se glis­ser dans la peau d’un can­di­dat au dé­part et dé­taille les étapes pré­pa­ra­toires du pro­jet. Des cours de langue ( an­glais, al­le­mand et ita­lien) sont éga­le­ment pro­po­sés gra­tui­te­ment en ligne. Concer­nant les offres d’em­ploi à l’étran­ger, plu­sieurs ou­tils sont dis­po­nibles : les sites des ser­vices de l’em­ploi na­tio­naux, comme Pôle Em­ploi pour la France ou le Bun­de­sa­gen­tur für Ar­beit pour l’Al­le­magne par exemple, mais aus­si des or­ga­nismes in­ter­na­tio­naux comme le site de l’Eures, dé­pen­dant de la Com­mis­sion européenne. Ce der­nier est conçu comme un por­tail de la mo­bi­li­té au sein de l’UE, en Suisse, en Is­lande, au Liech­ten­stein et en Nor­vège. Tous ces ser­vices dé­livrent les in­for­ma­tions né­ces­saires à la mise en place des pro­jets pro­fes­sion­nels, no­tam­ment sur les ques­tions pra­tiques comme le mode de co­ti­sa­tion sa­la­riale, les droits ou­verts et les condi­tions de vie sur place.

Des dis­po­si­tifs pour les jeunes

Pour les plus jeunes, des dis­po­si­tifs spé­ci­fiques existent. Ils per­mettent d’ac­qué­rir de l’ex­pé­rience pro­fes­sion­nelle à l’étran­ger tout en dé­ve­lop­pant leurs com­pé­tences lin­guis­tiques. Le pro­gramme Eras­mus, qui fête ses trente ans cette an­née, est sans doute le plus connu. Il fa­vo­rise les échanges entre uni­ver­si­tés et grandes écoles eu­ro­péennes. D’autres for­mules existent, comme le Vo­lon­ta­riat In­ter­na­tio­nal en En­tre­prise (V.I.E.). Ac­ces­sible aux jeunes de moins de 28 ans, il offre la pos­si­bi­li­té de tra­vailler dans des entre-

prises fran­çaises de rang in­ter­na­tio­nal pour des contrats de six à vingt-quatre mois. Le pro­gramme Va­cances-Tra­vail, pour les per­sonnes âgées de 18 à 30 ans, per­met d’ob­te­nir un vi­sa d’une du­rée maxi­male d’un an dans un des treize pays éli­gibles pour voya­ger et se culti­ver. Il laisse la pos­si­bi­li­té aux bé­né­fi­ciaires de tra­vailler sur place. Une ex­pé­rience pro­fes­sion­nelle peut ain­si être en­vi­sa­gée en toute lé­ga­li­té dans des pays hors zone UE, comme le Ja­pon, la Nou­velle-Zé­lande, l’Aus­tra­lie, le Ca­na­da, la Co­rée du Sud, la Rus­sie, l’Ar­gen­tine, Hong­kong, le Chi­li, la Co­lom­bie, Taï­wan, l’Uru­guay et le Mexique.

Trou­ver un stage à l’étran­ger

D’autres pos­si­bi­li­tés de tra­vailler à l’étran­ger existent hors de ces dis­po­si­tifs, no­tam­ment pour les étu­diants en re­cherche de stages en vue de va­li­der ou de va­lo­ri­ser leurs études. Do­mi­nique Gi­rerd a créé le Club Te­li en 1992 avec l’idée de pro­po­ser un sup­port de par­tage d’ex­pé­riences et d’offres à tra­vers le monde, d’abord sous forme de ma­ga­zine, puis de site Web. Au­jourd’hui, le Club compte près de quatre mille adhé­rents, es­sen­tiel­le­ment des jeunes qui cherchent des stages à l’étran­ger pour va­li­der leur cur­sus ou des jobs sai­son­niers afin de pro­gres­ser en langue, et près de cinq cents par­te­naires. Le site est très ré­gu­liè­re­ment fré­quen­té par des étu­diants du sec­teur tou­ris­tique qui cherchent à va­lo­ri­ser leur CV avec une ex­pé­rience à l’étran­ger. « Nous ras­sem­blons toutes les don­nées dis­po­nibles pour fa­ci­li­ter leurs re­cherches : avec des offres d’em­ploi, mais sur­tout des listes d’en­tre­prises à contac­ter de fa­çon spon­ta­née, clas­sées par pays. Charge à cha­cun de pos­tu­ler en­suite » ex­plique le fon­da­teur du site. « Nous sa­vons d’ex­pé­rience que la ma­jo­ri­té des postes dis­po­nibles ne font pas l’ob­jet d’an­nonces. Par exemple, plus de 70 % des em­plois à pour­voir aux Pays-Bas res­tent in­vi­sibles sur les sites d’an­nonces. Notre tra­vail consiste à fa­ci­li­ter les re­cherches et à conseiller les can­di­dats. Ils trouvent sur notre site des té­moi­gnages de per­sonnes qui ont me­né à bien leur pro­jet et qui peuvent leur don­ner des pistes. Nous or­ga­ni­sons éga­le­ment des dis­cus­sions en ligne pour fa­ci­li­ter les échanges. » Le 4 mars, un fo­rum de re­cru­te­ment a été or­ga­ni­sé à Cham­bé­ry pour fa­ci­li­ter les ren­contres entre can­di­dats et re­cru­teurs ita­liens, al­le­mands, grecs ou es­pa­gnols. Quatre cents per­sonnes ont pu pré­sen­ter leur pro­fil. L’équipe du Club pro­pose un ac­com­pa­gne­ment plus per­son­na­li­sé pour ceux qui le sou­haitent, no­tam­ment pour cor­ri­ger les CV ou ré­orien­ter ceux qui peinent à trou­ver un poste. « La plu­part des adhé­rents sont très au­to­nomes. En­vi­ron 20 % d’entre eux ont be­soin d’un sou­tien par­ti­cu­lier. Dans ce cas, nous leur conseillons sou­vent d’élar­gir leurs ob­jec­tifs ini­tiaux et de ne pas cen­trer sur une ville uni­que­ment. S’ils sou­haitent amé­lio­rer leur ni­veau d’an­glais, il faut pros­pec­ter dans l’en­semble des pays an­glo­phones. Le CV, dans la langue du pays ci­blé, peut être cor­ri­gé par notre équipe. Nous leur dé­li­vrons des conseils pour va­lo­ri­ser leur ex­pé­rience, pour ac­com­pa­gner leur CV d’une courte lettre d’in­tro­duc­tion, pour re­lan­cer les en­tre­prises dans un se­cond temps. En Es­pagne, cette der­nière étape est tout sim­ple­ment in­con­tour­nable. Les em­ployeurs ne prennent ja­mais la peine de contac­ter un can­di­dat qui a pos­tu­lé par e-mail. Nous en­cou­ra­geons les jeunes à sor­tir de leur ti­mi­di­té et à faire preuve de cu­lot dans leurs dé­marches. La mo­bi­li­té, c’est d’abord une for­mi­dable école de la vie », pré­cise Do­mi­nique Gi­rerd. L’ar­gu­ment semble bien com­pris par les jeunes fran­çais. Ils se­raient ac­tuel­le­ment près de 160 000, âgés de 18 à 25 ans, à vivre à l’étran­ger. ■

On choi­sit une des­ti­na­tion car on va pou­voir y va­lo­ri­ser ses com­pé­tences.

Deux des­ti­na­tions sont évo­quées en prio­ri­té par les can­di­dats au dé­part : le Ca­na­da (ici Mon­tréal) et le Royaume-Uni.

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