• Mar­ti­nique : ba­lade au­then­tique en toute li­ber­té

Le Quotidien du Tourisme - - Sommaire - & My­riam Aber­gel

Dia­mant ue ro­cher du L’em­blé­ma­tiq

Un bout de France sous les Tro­piques, une iden­ti­té créole forte et riche, une des­ti­na­tion fa­cile d’ac­cès et ac­cueillante, , la Mar­ti­nique a tout pour sa­tis­faire les voya­geurs fran­çais en quête de so­leil l’hi­ver. Ou de dé­cou­verte na­ture et culture en toutes sai­sons. Avec une offre aé­rienne plé­tho­rique et de nou­velles adresses pour sé­jour­ner, la des­ti­na­tion se prête à toutes les en­vies, de pa­resse ou de dé­cou­verte. Heu­reu­se­ment pour la Mar­ti­nique, la tra­jec­toire des ou­ra­gans Ir­ma et Ma­ria qui ont se­mé la dé­vas­ta­tion dans les Ca­raïbes en ce mois de septembre a re­la­ti­ve­ment épar­gné l’île an­tillaise…

Les opé­ra­teurs de voyages ont his­to­ri­que­ment in­ves­ti le Sud de la Mar­ti­nique. Plages de sable blanc, larges baies et anses, faible re­lief, carte pos­tale na­tu­relle de la vue sur le ro­cher du Dia­mant, tout y est. En plus, la ré­gion est d’ac­cès fa­cile – de­puis l’aé­ro­port – pour le voya­geur en quête de re­pos et adepte de sé­jours bal­néaires. Le Club Med ne s’y est pas trom­pé qui a ins­tal­lé là en 1971 son vil­lage des Bou­ca­niers. Ra­fraî­chi et agran­di il y a dix ans avec deux nou­veaux bâ­ti­ments quiq rap­pellent la fonc­tion­na­li­té des re­sorts de mon­tagne, le Vil­lage 4 tri­dents garde un par­fum de va­cances d’au­tre­fois. La large pa­lette d’ac­ti­vi­tés nau­tiques pri­sées des ados doit tou­te­fois per­mettre aux pa­rents d’al­ler voir plus loin. Une obli­ga­tion quand on est en Mar­ti­nique!

Un tour à Fort-de-France

L’île fran­çaise se dé­couvre vrai­ment au vo­lant. La cause est en­ten­due, les pas­sa­gers dé­bar­quant de l’aé­ro­port sont nom­breux à at­tendre leur tour au comp­toir des loueurs. Chez Eu­rop­car, en cas d’af­fluence un se­cond bu­reau sur le par­king per­met d’ac­cé­lé­rer l’ad­mi­nis­tra­tif – bien vu quand on connaît l’im­pa­tience des Pa­ri­siens. En­suite, les di­men­sions de l’île (un mil­lier de ki­lo­mètres car­rés sur 70 km de long pour 30 de large) au­to­risent la ba­lade à un rythme beau­coup plus en phase avec le cli­mat. Un tour à Fort-de-France s’im­pose. La ca­pi­tale ré­gio­nale est une belle in­tro­duc­tion à l’his­toire du ter­ri­toire. En centre-ville, l’ar­chi­tec­ture de pe­tites mai­sons à bal­cons en fer for­gé le long d’une des plus belles baies de l’île sur­mon­tée du mas­sif fort Saint-Louis plonge le vi­si­teur dans le temps. De là, la vue sur les col­lines avec la struc­ture désaf­fec­tée du ly­cée Schoel­cher d’un cô­té et les strates de bâ­ti­ments de Dillon jus­qu’à Texa­co de l’autre ra­mènent à notre époque et aux grands noms de la lit­té­ra­ture que sont Cé­saire, Glis­sant et Cha­moi­seau. À l’autre bout, les nou­velles in­fra­struc­tures du port et du centre d’af­faires de la pointe Simon, avec son hô­tel épo­nyme, pro­jettent dans un uni­vers hy­per-mo­derne, presque froid. Au ha­sard de la dé­am­bu­la­tion, on croise les Foya­lais dans leurs ac­ti­vi­tés quo­ti­diennes. Mais as­sez de la ville! On re­prend la route pour tra­ver­ser l’île et dé­cou­vrir la côte Est. Moins cou­rue, elle est aus­si pro­messe de sites cu­rieux et d’ac­ti­vi­tés ori­gi­nales. Près

du Vau­clin, on fi­nit après moult dé­tours – car l’en­droit est bien ca­ché – par trou­ver le Do­maine des Bulles, un hé­ber­ge­ment insolite qui donne l’im­pres­sion d’une nuit à la belle étoile dans une sphère cli­ma­ti­sée. À tes­ter pour échan­ger aus­si avec les pro­prié­taires sur la phi­lo­so­phie de ce pro­jet. Près du Fran­çois, la Fon­da­tion Clé­ment ( voir en­ca­dré) est un in­con­tour­nable quel que soit le par­cours qu’on au­ra dé­ci­dé de suivre.

Au coeur de la na­ture

A la re­cherche de na­ture pré­ser­vée, on pousse jus­qu’à Grand Ri­vière. En pas­sant, un ar­rêt à Sainte- Ma­rie donne l’oc­ca­sion d’ob­ser­ver la ma­rée basse au tom­bo­lo. Une petite ville hy­per­tran­quille et ce phé­no­mène na­tu­rel de bande de sable jus­qu’à l’îlet où l’on croise d’autres voya­geurs éga­le­ment in­tri­gués. En em­prun­tant une route tout en pente et vi­rages on ar­rive à Grand Ri­vière. La petite ville a l’air comme sus­pen­due dans le temps. Le calme règne, pas éton­nant qu’elle soit choi­sie comme point de dé­part pour ran­don­ner aux alen­tours ou jus­qu’au Prê­cheur. Chez Tante Ar­lette, res­tau­rant créole et hô­tel de 9 char­mantes chambres, on a l’oc­ca­sion de goû­ter aux spé­cia­li­tés de fruits de mer et acras de ti­ti­ris des pê­cheurs lo­caux. On ira vi­si­ter la dis­til­le­rie JM, ex­tra­or­di­naire site de tou­risme in­dus­triel. Au bout d’un che­min ca­ho­teux, la grande bâ­tisse rouge se dé­tache dans son en­vi­ron­ne­ment de vert et l’odeur du sucre ma­cé­ré

ar­rive par ef­fluves. Bien pen­sé, bien si­gna­lé, le par­cours est riche d’en­sei­gne­ments. Jus­qu’au tes­teur d’arômes du rhum (va­nille, café…) digne d’une grande mai­son de par­fums. C’est tel­le­ment bien fait qu’on n’a pas l’im­pres­sion –à l’in­verse d’autres dis­til­le­ries en Mar­ti­nique et ailleurs — d’être ame­né jus­qu’à la bou­tique et son es­pace dé­gus­ta­tion. Les en­vi­rons sont re­cou­verts de champs de canne à sucre et de ba­na­ne­raies. On est dans la Mar­ti­nique ru­rale et ver­doyante mais en ar­ri­vant à Basse-Pointe, le contraste sai­sit. La petite ville cô­tière ac­cueille la com­pé­ti­tion in­ter­na­tio­nale Mar­ti­nique Surf Pro. A cô­té des ou­vriers agri­coles en jeans et t-shirts usés ou des ha­bi­tants au pas alan­gui, on croise dans les rues de grands gaillards blonds aux che­veux longs et torse nu. L’am­biance est bon en­fant au­tour des stands de crêpes et de glaces et les spor­tifs im­pres­sion­nants dans les vagues même si on ne com­prend pas grand-chose au des­crip­tif des fi­gures exé­cu­tées dif­fu­sé au mi­cro. Au Ro­bert, Claire Ma­rie pro­pose un ate­lier cui­sine à la fois ori­gi­nal –de la cui­sine créole sans glu­ten aux sa­veurs fines re­haus­sées de dé­gus­ta­tions de rhums– et in­tel­li­gent. Elle pro­pose de com­men­cer par un tour en ba­teau jus­qu’à la ferme pis­ci­cole de l’un de ses four­nis­seurs. En com­pa­gnie du jeune en­tre­pre­neur, on va nour­rir les pois­sons dans leurs im­menses ca­siers tout en pro­fi­tant d’une vue ex­cep­tion­nelle sur la baie du Ro­bert. On peut même lors­qu’on part très tôt al­ler jus­qu’à l’îlet Chan­cel ten­ter de voir les iguanes qui y ré­sident. En­fin le pa­ra­dis se trouve sur la pres­qu’île de la Ca­ra­velle. Une route qui s’en­fonce dans la na­ture, tra­verse de pe­tites com­munes, passe de­vant des plages où les fa­milles pro­fitent du temps le week-end et offre au dé­tour des vi­rages de la route des pa­no­ra­mas à cou­per le souffle. Là, après les mai­sons de Tar­tane, ni­ché dans son jar­din au na­tu­rel tra­vaillé, le French Co­co, membre de Small Luxu­ry Ho­tels, ac­cueille ses hôtes dans un site com­bi­nant créo­li­té et sé­ré­ni­té. Un pur bonheur! ■

Le vil­lage d’El­cie­go

Fresque mu­rale à Grand’Ri­vière. La baie de Fort-de-France Xa­vier d’Aqua XS in­vite les vi­si­teurs à nour­rir les pois­sons de sa ferme pis­ci­cole.

Les jar­dins du French Co­co contri­buent à l’at­mo­sphère pai­sible du luxu­ry ho­tel. Mé­lange de styles à Fort-de-France.

La baie du Ro­bert est consi­dé­rée par cer­tains comme la plus belle de Mar­ti­nique.

Sur la route D10 après avoir quit­té Grand’Ri­vière

Le Do­maine des Bulles pour pas­ser une nuit dans la na­ture, ou presque.

Au mar­ché cou­vert de Fort-de-France

Ba­na­ne­raie du cô­té de Ma­cou­ba.

Claire Ma­rie Du­bois ap­prend à ses hôtes à cui­si­ner sans glu­ten.

Les cuves de rhum à la dis­til­le­rie JM.

Tante Ar­lette, une ins­ti­tu­tion de la gas­tro­no­mie créole.

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