Eric Beau­douin, pré­sident d’OasYs Consul­tant*

Le Quotidien du Tourisme - - Stratégie Management -

Cette me­sure va rendre plus trans­pa­rentes des pra­tiques qui existent dé­jà.

Comment per­ce­vez-vous la rup­ture conven­tion­nelle col­lec­tive ? Si les en­tre­prises ont de bonnes pra­tiques, ce­la peut être po­si­tif. Les cir­cu­laires ont ren­for­cé le contrôle de l’ad­mi­nis­tra­tion. C’était d’ailleurs une de­mande du Syn­tec dont je suis membre. Les pre­miers plans de dé­part vont être très sur­veillés, par l’ad­mi­nis­tra­tion, comme les syn­di­cats, no­tam­ment pour vé­ri­fier que les se­niors ne sont pas ci­blés en prio­ri­té. Il faut s’as­su­rer que des pro­jets d’ac­com­pa­gne­ment sont pro­po­sés aux vo­lon­taires dans un contexte de mar­ché de l’em­ploi qui reste dif­fi­cile. Dans les faits, cette me­sure va rendre plus trans­pa­rentes des pra­tiques qui existent dé­jà, avec des rup­tures conven­tion­nelles qui ont ex­plo­sé de­puis leur mise en place. Avec da­van­tage de sui­vi des sa­la­riés désormais. Elle va per­mettre aux en­tre­prises de mettre en place des plans de dé­part vo­lon­taires sans qu’il s’agisse de plans so­ciaux. Elles of­fri­ront une meilleure image à leurs ac­tion­naires et pour­ront rem­bau­cher tout de suite, des pro­fils dif­fé­rents.

Quel peut être l’in­té­rêt d’y re­cou­rir pour les en­tre­prises ? Pour moi, l’in­té­rêt prin­ci­pal est de fa­ci­li­ter la ges­tion pré­vi­sion­nelle des em­plois, qui va res­pon­sa­bi­li­ser l’en­semble des ac­teurs. L’idée est d’iden­ti­fier les mé­tiers sen­sibles à moyen terme, ceux qui ne cor­res­pondent plus à l’évo­lu­tion de l’ac­ti­vi­té et d’of­frir aux sa­la­riés la pos­si­bi­li­té de se re­clas­ser par la for­ma­tion. C’est une ques­tion de res­pon­sa­bi­li­té et de mo­ra­li­té de l’en­tre­prise. Sauf en cas de dé­pôt de bi­lan, ce n’est pas à la so­cié­té de prendre en charge le re­clas­se­ment des sa­la­riés. Les en­tre­prises qui s’oc­cupent conve­na­ble­ment des sa­la­riés sur le dé­part sont celles qui at­tirent les can­di­dats. La marque em­ployeur dé­pend aussi de ce­la. Qu’est-ce que cette me­sure va chan­ger pour les sa­la­riés ? Au­jourd’hui, res­ter im­mo­bile est très dan­ge­reux. La RCC peut per­mettre de prendre son des­tin en main et d’ou­vrir une ré­flexion sur son mé­tier. Cer­taines per­sonnes que j’ac­com­pagne sont très sur­prises d’en­tendre qu’à 45 ou 47 ans, elles se trouvent à mi-car­rière. Lorsque les sa­la­riés sont ten­tés par le dé­part, la pre­mière ques­tion à se po­ser est de sa­voir si l’on est éli­gible, puis de s’as­su­rer de la via­bi­li­té de son pro­jet.

Quel va être l’im­pact du RCC sur le dia­logue social ? Un ac­cord ma­jo­ri­taire est in­dis­pen­sable à la mise en place d’une rup­ture conven­tion­nelle col­lec­tive, avec l’obli­ga­tion de convo­quer les or­ga­ni­sa­tions syn­di­cales. Les em­ployeurs doivent mettre quelque chose sur la table : un es­pace neutre pour que les sa­la­riés ré­flé­chissent en toute confi­den­tia­li­té, avec un bi­lan de com­pé­tence par exemple, une aide à la for­ma­tion fi­nan­cée… Les or­ga­ni­sa­tions syn­di­cales doivent être vi­gi­lantes et jouer leur rôle à plus long terme, sans se li­mi­ter aux com­pen­sa­tions fi­nan­cières.

Propos re­cueillis par CK

* Ca­bi­net spé­cia­li­sé dans l’out­pla­ce­ment et l’ac­com­pa­gne­ment de sa­la­riés en re­clas­se­ment pro­fes­sion­nel.

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