Vi­to­ria-Gas­teiz et Bil­bao

Le Quotidien du Tourisme - - La Une -

À moins d’une heure de route de Bil­bao, dé­jà très pri­sée des tou­ristes fran­çais, la ca­pi­tale du Pays basque es­pa­gnol a des atouts ca­chés.

La ré­pu­ta­tion de Bil­bao, des­ti­na­tion très pri­sée des Fran­çais grâce no­tam­ment au mu­sée Gug­gen­heim, n’est plus à faire, même s’il reste tou­jours des tré­sors à y dé­cou­vrir. À moins d’une heure de route, moins connue, Vi­to­ria-Gas­teiz, ca­pi­tale du Pays basque es­pa­gnol, est une heu­reuse sur­prise pour tout ce que la ville et ses alen­tours ré­vèlent d’atouts ca­chés, par­mi les­quels la gas­tro­no­mie dans le cas­co an­ti­guo (la vieille ville) n’est pas des moindres. & Mi­chel Blan­chard

Le centre- ville de Vi­to­riaGas­teiz, que l’on ap­pe­lait il y a peu du seul nom de Vi­to­ria, Gas­teiz étant son nom d’ori­gine, est un conden­sé d’his­toire mé­dié­vale et du siècle der­nier. Mais c’est aus­si une ville verte, la­bé­li­sée, avec une cou­ronne de parcs et des ki­lo­mètres de cou­lées vertes ar­bo­rées, où il fait bon se dé­tendre. Le centre mé­dié­val, pré­ser­vé mal­gré les guerres, per­met de pas­ser d’an­ciens rem­parts du XIe siècle à une place ma­jes­tueuse en­tou­rée d’ar­cades, puis à une autre, en­tou­rée de nom­breux mo­nu­ments, églises ou mu­sées. Ain­si le pa­lais Mon­te­her­mo­so, le pa­lais Vil­la Su­so, ou la ca­sa del Cor­don, an­cienne cor­de­rie conver­tie en pa­lais au XVe siècle et dont la voûte cen­trale à bla­son est une pure mer­veille. Non loin, on peut vi­si­ter aus­si le mu­sée Four­nier, dans un an­cien pa­lais Re­nais­sance, qui abrite un mu­sée des Jeux de cartes an­ciennes, qui se­rait le plus im­por­tant au monde. Plus loin, on aborde ce que l’on ap­pelle ici l’en­sanche, le dé­ve­lop­pe­ment ur­bain de la ville au XIXe s. en couches suc­ces­sives, en forme d’amande. Les mai­sons bour­geoises et pe­tits pa­lais se suc­cèdent, dont cer­tains peuvent être vi­si- tés. C’est le cas du pa­lais Au­gus­tin Zu­lue­ta, qui ren­ferme au­jourd’hui grâce à une ex­ten­sion un très riche mu­sée des BeauxArts abri­tant une in­té­res­sante col­lec­tion de peintres basques re­nom­més. Autre lieu d’in­té­rêt, le Mu­sée d’armes d’Ala­va, dans un an­cien pa­lais éga­le­ment, qui ex­pose entre autres armes et ar­mures du MoyenAge.

La tour­née des bars à pintxos

Mais une des vi­sites in­con­tour­nables se trouve dans le centre mé­dié­val, avec la ca­thé­drale San­ta Ma­ria, à elle seule toute une his­toire. Me­na­çant en ef­fet de s’ef­fon­drer et fer­mée en 1994, elle fait l’ob­jet de­puis 2000 d’une res­tau­ra­tion im­por­tante, bien­tôt ache­vée, à la­quelle le pu­blic est as­so­cié. Sa vi­site gui­dée par l’un ou l’autre de ceux qui par­ti­cipent à cette oeuvre co­los­sale, des fon­da­tions du XIIIe s. en sous-sol au faîte du clo­cher, avec vue im­pre­nable sur la ci­té, pas­sion­ne­ra même les plus bla­sés. C’est aus­si dans le cen­tre­ville que l’on peut par­cou­rir le grand et convi­vial mar­ché ali­men­taire et s’adon­ner à la tour­née des bars à pintxos (ou pin­chos, de pin­char, « pi­quer ») spé­ci­fi­ci­té es­pa­gnole par­ti­cu­liè­re­ment soi­gnée en Pays

basque, riche en so­cié­tés gas­tro­no­miques, et qui donne lieu à des re­mises de prix an­nuels (à ne pas confondre avec les plus ru­di­men­taires ta­pas). Tout ce­ci en dé­gus­tant un vin de la Rio­ja Ala­ve­sa ou un Ttxa­ko­li, l’AOC basque. Cer­tains éta­blis­se­ments jouent une carte plus so­phis­ti­quée, comme le Por­ta­lon ou le Sa­gar­to­ki. Un res­tau­rant, le Zal­dia­ran, étoi­lé du Mi­che­lin, est une ex­pé­rience in­ou­bliable der­rière sa fa­çade plus que dis­crète.

Ar­chi­tec­ture et mu­sées

« Bil­bao, Bil­bao » , la chan­son ne le dit pas, mais ce n’est pas, con­trai­re­ment à ce que l’on croit, un port de mer (elle est à 14 km de dis­tance) mais d’es­tuaire. Ce qui per­met d’exis­ter à l’un de ses mo­nu­ments phares, le cé­lé­bris­sime pont trans­bor­deur « Pont de Bis­caye » , da­tant de 1893 et long de 160 mètres. Il a ins­pi­ré son deuxième atout dé­ci­sif, le Gug­gen­heim, qui a sau­vé la ville lors de la crise post­in­dus­trielle. Le pont de Bis­caye, tou­jours en ac­ti­vi­té et au­quel on peut se rendre par le nou­veau mé­tro sur le che­min des plages de la rive droite, peut se tra­ver­ser en na­celle sus­pen­due. La vue de son som­met est, pa­raît-il, im­pre­nable, à moins de pré­fé­rer celle du fu­ni­cu­laire du mont Artxan­da. Très « bri­tish » avec ses bow­win­dows hé­ri­tés du XIVe siècle

et de la pros­pé­ri­té des mines de fer, le centre-ville ac­tuel compte plu­sieurs mo­nu­ments in­té­res­sants comme le Centre Az­ku­na, consa­cré aux loi­sirs, à l’art et à la culture contem­po­raine, an­cien en­tre­pôt de vin, connu grâce à Phi­lippe Starck à qui l’on doit les qua­rante- trois sur­pre­nantes co­lonnes du grand Atrium cen­tral. À no­ter, à proxi­mi­té, une ex­cel­lente table, le « Bas­cook ». Et un peu plus loin, voi­ci l’in­con­tour­nable et ma­gni­fique mu­sée Gug­gen­heim, de Franck Geh­ry, d’une mo­der­ni­té ex­plo­sive, avec ses 11 000 mètres car­rés d’exposition sur trois ni­veaux, do­mi­nant la ri­vière de Bil­bao, un concept co­pié dans le monde en­tier. Il a étof­fé ses col­lec­tions et mé­rite au­jourd’hui une longue vi­site, avec des ac­cro­chages tem­po­raires et l’in­dis­pen­sable tour de l’édi­fice à pied pour en ad­mi­rer les contours et les ef­fets de lu­mière sur sa

Le Gug­gen­heim et le fleuve. ca­ra­pace de ti­tane. Comp­ter près de trois heures, dé­jeu­ner à l’ex­cellent « Bis­tro » non com­pris. Non loin à pied, à tra­vers un jo­li parc, cô­té tour, se trouvent deux in­té­res­sants mu­sées, le mu­sée des Beaux-Arts et le Mu­sée ma­ri­time, le Centre de congrès et le nou­veau stade, qui re­pré­sentent le nou­veau Bil­bao. Un pro­jet dé­jà bien avan­cé pré­voit de dé­ve­lop­per cette par­tie nou­velle sur une pé­nin­sule jus­qu’ici in­dus­trielle au mi­lieu de la ri­vière. Ce se­ra le Bil­bao de de­main. En at­ten­dant, à l’op­po­sé, la vieille ville ren­ferme quelques joyaux. Ar­ri­vant par la Gran Via ( Grand Rue) et tra­ver­sant le pont d’Are­nal, on aper­çoit une très belle an­cienne gare fer­ro­viaire, San­tan­der. À gauche, l’an­cien quar­tier des pê­cheurs aux mai­sons co­lo­rées, et une pe­tite église ro­mane. À droite, le théâtre Ar­ria­ga, da­tant de 1890, de style dit « éclec­tique ». Là, com­mence le « cas­co vie­jo ». À no­ter la ca­thé­drale go­thique des XIVe et XVe s, do­tée sur son flanc droit d’une im­mense halle voû­tée et de­vant sa fa­çade d’une belle fontaine. L’in­té­rieur est ri­che­ment dé­co­ré, avec d’in­té­res­santes sta­tues. Il faut aus­si se perdre par­mi les in­nom­brables pe­tites rues étroites, où l’on trouve en­core des ma­ga­sins tra­di­tion­nels comme on n’en voit plus ailleurs, sans comp­ter les in­nom­brables bars à pintxos. Une pe­tite halte re­com­man­dée de­vant l’an­cienne Bourse, rue de la Pe­lo­ta, en al­lant vers le mar­ché de La Ri­be­ra. Une sculp­ture de la Vierge de Bé­goña en fa­çade est liée à une cou­tume lo­cale des ama­teurs de bars, les chi­qui­te­ros. ■ Cui­sine de La Ri­be­ra.

Sa­me­di soir à La Ri­be­ra, à Bil­bao.

La place prin­ci­pale de Vi­to­ria-Gas­teiz.

San Ni­co­las. L’en­tré du mu­sée Gug­gen­heim. Le parc de la Flo­ri­da à Vi­to­ria. L’hô­tel Sil­ken.

Dans le Cas­co vie­jo.Bar à pintxos de Bil­bao.

L’an­cien quar­tier des pê­cheurs de Bil­bao.

Le pont de Bis­caye.

Fresque mu­rale à Vi­to­ria.

Vue du pont de la Salve.

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