Quand les Lou­ve­tous tra­vaillaient au rythme du cha­pe­let

Le Réveil du Vivarais - - Vivarais - CÉ­CILE DEYGAS

La fa­bri­ca­tion des cha­pe­lets re­monte à l'ac­crois­se­ment du pè­le­ri­nage. Au dé­cès de Saint­Ré­gis les pè­le­rins n’ont ces­sé de se rendre à Lalouvesc. Leur ve­nue s'est ac­crue en 1716 et no­tam­ment après sa béa­ti­fi­ca­tion et sa ca­no­ni­sa­tion en 1737. C'est une op­por­tu­ni­té pour les pe­tits com­merces. Le pè­le­ri­nage ne dure que quatre mois. C'est donc en hi­ver que l'on fa­brique les cha­pe­lets.

Une place im­por­tante dans la vie éco­no­mique

À Lalouvesc on fa­brique sur­tout des cha­pe­lets or­di­naires, en bois de buis ou de co­co sur fil de fer, de lai­ton ar­gen­té ou non, les fils d'ar­gent ou d'or sont uti­li­sés peu sou­vent. Les perles peuvent être en bois, en noyaux, en cris­tal, en co­rail nacre... À l'époque c'est un sa­voir­faire com­mun aux Lou­ve­tous. Tout le monde dans les fa­milles fa­brique des cha­pe­lets. Cette trans­mis­sion du sa­voir­faire ne né­ces­site pas un long ap­pren­tis­sage. Beau­coup de per­sonnes dans les cam­pagnes en font aus­si, c'est toute une po­pu­la­tion qui vit au son des perles.

La fa­bri­ca­tion et le commerce de cha­pe­lets ont une place im­por­tante dans la vie éco­no­mique du vil­lage. Vers la fin du XIXe siècle, il y a trois mai­ sons fa­bri­quant des cha­pe­lets dans le bourg : Jean Va­len­tin, Jean Celle (puis As­tic Celle) et Ai­mé Cos­tet. Les deux pre­mières vendent elles­mêmes leur pro­duc­tion aux com­mer­çants de Lourdes, d’Ars, du Puy­en­Ve­lay et jus­qu'à l'étran­ger par le biais des mis­sions. La mai­son Ai­mé Cos­tet, quant à elle fa­brique pour des mai­sons de fa­bri­cants comme la mai­son Paillet à Lyon, Cin­trat à Pa­ris... Ces der­nières passent com­mande et four­nissent perles, croix et mé­dailles. Après 1914, Ray­mond As­tic ouvre une usine de fa­bri­ca­tion de perles, qui em­ploie une di­zaine d'ou­vriers. En 1936, l'usine est d'abord ven­due à Hen­ri Seigle no­vice à la fa­bri­ca­tion, mais qui continue la confec­tion des cha­pe­lets. L'en­tre­prise est ra­che­tée à la fin des an­nées trente, par Jacques de Mont­gol­fier. Elle cesse ses ac­ti­vi­tés dans les an­nées cin­quante. Au­jourd'hui la fa­bri­ca­tion des cha­pe­lets n’existe plus, mais on peut en trou­ver dans les trois der­niers ma­ga­sins de sou­ve­nirs re­li­gieux.

Au XIXe siècle la fa­bri­ca­tion de cha­pe­lets est une in­dus­trie ma­nuelle avec ici ses ou­vrières en pleine fa­bri­ca­tion.

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