Une consé­cra­tion lo­gique

Le re­tour du fa­bri­cant de se­mi-conduc­teurs dans le CAC 40 cou­ronne le bon par­cours du titre, ré­sul­tat d’un re­cen­trage por­teur.

Le Revenu - Hebdo Bourse - - La Une - Phi­lippe Ben­ha­mou

Le grand re­tour du fa­bri­cant de se­mi-conduc­teurs dans l’in­dice CAC 40 cou­ronne un re­cen­trage réus­si dans l’au­to­mo­bile et l’In­ter­net des ob­jets.

Son ac­tua­li­té. Une va­leur tech­no­lo­gique chasse l’autre au sein du CAC 40. Le 18 sep­tembre, STMicroelectronics va faire son re­tour dans l’in­dice ve­dette de la Bourse de Pa­ris en lieu et place de No­kia. Iro­nie de l’his­toire, après seize ans de pré­sence dans le CAC 40, le géant fran­co-ita­lien des se­mi-conduc­teurs y avait été rem­pla­cé, fin 2013, par Al­ca­tel- Lucent, qui fut en­suite ra­che­té par No­kia. Autre clin d’oeil, l’équi­pe­men­tier té­lé­coms fin­lan­dais fut long­temps le pre­mier client du fa­bri­cant de puces élec­tro­niques avant de voir ses ventes de té­lé­phones mo­biles chu­ter suite au lan­ce­ment de l’Iphone par Apple il y a dix ans.

Dans un en­tre­tien au Re­ve­nu, en juin der­nier, le fran­çais Jean-Marc Che­ry, nu­mé­ro deux de STMicroelectronics et dau­phin pré­su­mé du PDG Car­lo Bo­zot­ti, qui quit­te­ra ses fonc­tions en 2018, rap­pe­lait que le groupe avait per­du 2,6 mil­liards de dol­lars de chiffre d’af­faires en cu­mu­lé du fait de la qua­si-dis­pa­ri­tion du mar­ché de la té­lé­pho­nie mo­bile d’ac­teurs alors do­mi­nants comme No­kia.

STMicroelectronics a été contraint de se re­struc­tu­rer lour­de­ment – en par­ti­cu­lier en fer­mant sa co­en­tre­prise dé­fi­ci­taire ST-Erics­son – et de cher­cher de nou­veaux dé­bou­chés. Au­jourd’hui, il ré­colte les fruits de son re­po­si­tion­ne­ment sur deux cré­neaux à fort po­ten­tiel : l’au­to­mo­bile et l’In­ter­net des ob­jets. Sa base de clien­tèle est dé­sor­mais bien plus di­ver­si­fiée que par le pas­sé, et in­tègre même Apple pour équi­per ses trois fu­turs smart­phones (Iphone 8, 8 Plus et X) de cap­teurs in­no­vants en trois di­men­sions.

Notre ana­lyse. Comme très sou­vent, l’en­trée dans le CAC 40 cou­ronne un par­cours bour­sier très fa­vo­rable, avec une ac­tion au som­met de­puis dé­but 2006 après un bond de 131% sur un an. Le re­tour en grâce de la va­leur, éga­le­ment membre de l’in­dice FTSE MIB à la Bourse de Mi­lan, ne semble pas ache­vé. La di­rec­tion de STMicroelectronics conti­nue de vi­ser une crois­sance à deux chiffres de l’ac­ti­vi­té et 10% de marge opé­ra­tion­nelle au se­cond se­mestre. Par ailleurs, le titre – qui se des­tine aux plus aver­tis du fait de sa sen­si­bi­li­té à la conjonc­ture et au dol­lar – ac­cuse une dé­cote in­jus­ti­fiée de va­lo­ri­sa­tion de 10% en moyenne sur le grand concur­rent al­le­mand In­fi­neon.

Le PDG Car­lo Bo­zot­ti peut se fé­li­ci­ter du re­tour en grâce de STMicroelectronics, qui fête ses trente ans cette an­née.

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